Publié le lundi 27 juin 2011 à 10H50 - Vu 1227 fois
Me Fanny Quentin, dont on nous a rapporté qu'elle a prononcé une plaidoirie très émouvante, aura eu bien fait de faire rejuger son client, Jacky Davenne, de Francheval, en appel, puisque vendredi soir, la cour d'assises des Ardennes l'a condamné à quatorze ans de réclusion, au lieu des dix-huit, qui lui avaient été infligés à Reims, en première instance, en janvier 2010.
La raison de cette inflexion dans la sentence ? Le fait que, cette fois-ci, les douze jurés (au lieu de neuf) ont examiné, avec une certaine bienveillance, la question subsidiaire qui leur avait été proposée, avant qu'ils n'entrent en délibération, de requalifier en « violences volontaires ayant provoqué la mort sans intention de la donner », l'accusation initiale de « viols aggravés, ayant entraîné la mort de la victime ».
Enfance malheureuse
Jacky Davenne, rappelons-le, était en effet accusé d'avoir profité de l'état de faiblesse de son ex-compagne, sous l'emprise de médicaments, pour s'être livré sur elle à des intromissions sexuelles contre nature, en usant d'objets et de légumes, entraînant des lésions hémorragiques, qui avaient provoqué la mort de la malheureuse, dans la nuit du 3 au 4 novembre 2007, rue Pierre-Brossolette à Reims. Selon lui, il s'agissait de rapports consentis, de « jeux sexuels » qui auraient mal tourné.
Les débats ayant eu lieu à huis-clos, en raison du caractère particulier de cette affaire et par respect pour la famille de la victime, rien n'a filtré des trois jours d'audience, sauf à savoir que les proches ont souvent dû sortir pour pleurer et que sa maman a même été prise d'un malaise, évacuée par les pompiers.
L'avocat général avait requis vingt ans de réclusion. Les jurés semblent avoir tenu compte de l'enfance très malheureuse de Jacky Davenne, qui n'a jamais connu ses parents et a été maltraité dans sa famille d'accueil, pour lui reconnaître quelques circonstances atténuantes, justifiant donc leur verdict. Lequel a été diversement apprécié par les parties civiles.
G.G.-M.
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