Publié le mercredi 18 avril 2012 à 08H35 - Vu 357 fois
REIMS (Marne) La vigne de 300 ans des Jésuites sera désormais soignée par des œnologues. Des recherches scientifiques sur les plants sont aussi au programme.
LA vigne des Jésuites sera désormais soignée par des œnologues professionnels. Sous l'impulsion conjointe de Thierry Gasco, œnologue en chef d'une grande maison de champagne rémoise et de Jacques Cohen, adjoint au maire chargé du patrimoine, ce trésor végétal rémois vieux de plus de trois cents ans va être protégé bien plus étroitement.
Il était temps car, à la fin de la saison dernière, le mauvais état des plants victimes des travaux à l'ancien collège, avait soulevé l'inquiétude de Thierry Gasco.
Champignon à abattre
Il n'attendait que le feu vert de la municipalité pour s'en occuper (notre édition du 29 septembre). « Je suis heureux qu'un accord ait pu être trouvé entre l'union des œnologues et la Ville pour l'entretien de ce patrimoine ». Adeline Hazan s'en félicite également.
Formalisée par la signature d'une convention de partenariat, la collaboration a déjà débuté : « Nous venons de procéder à la taille en collaboration avec le service des espaces verts. Il ne s'agit pas dans cette affaire de remplacer les employés de la Ville mais d'apporter nos connaissances spécifiques. Comme par exemple les inciter à raccourcir un peu plus les branches alors qu'ils n'oseraient pas le faire de leur propre initiative ».
La prochaine étape va consister à débarrasser la vigne d'un champignon malfaisant : « Selon notre diagnostic, elle est atteinte d'oïdium. Nous allons décider du meilleur traitement à utiliser pour l'en débarrasser. Nous choisirons bien sûr un produit respectueux de l'environnement et conciliable avec l'environnement scolaire de Sciences-Po ».
L'attention des œnologues ne se limitera pas à entretenir la vigne : « Nous avons aussi mis en route un volet scientifique pour en savoir un peu plus sur ces plants. Le travail a commencé. Nous avons déjà découvert que, contrairement à ce qui avait été avancé, il ne s'agit pas d'un cépage Marawi », dévoile Thierry Gasco.
« Sur ce sujet, c'est surtout Jacques Cohen qui mène les travaux historico-scientifiques. Nous allons le mettre en contact avec des chercheurs de l'Inra de Montpellier qui ont déjà entrepris les premières analyses ».
Analyses ADN
L'adjoint au maire, également professeur d'Immunologie, dirige un laboratoire au CHU de Reims. D'où une compétence scientifique utile à ce dossier : « Notre objectif est d'identifier avec exactitude cette vigne et de savoir d'où elle vient vraiment. Cela nous permettra ensuite de comprendre ce que cherchaient à faire les gens qui ont choisi de la planter », souligne Jacques Cohen.
Le bouche à oreille rapporte que les plants ont été ramenés par les Jésuites au XVIIe siècle depuis la région d'Askelon en Palestine, devenue Israël : « Il nous reste à le vérifier. Nous avons prévu d'analyser l'ADN de plants provenant d'Israël et de les comparer avec les Rémois ».
Toutes ces analyses n'auront pas pour seul intérêt de faire avancer la connaissance : « Elles seront aussi l'occasion de mettre des boutures à l'abri et sur des
porte-greffes afin que le cépage des Jésuites ne soit jamais perdu et puisse même être étendu, par exemple dans l'autre cour du Collège ».
Dans quelques mois nous devrions connaître l'histoire exacte de la vigne des Jésuites.
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