Publié le vendredi 25 novembre 2011 à 12H00 - Vu 117 fois
Peu de retraités, de salariés du privé et du public ont manifesté hier matin pour « défendre l'accès égalitaire à la santé ». Des boîtes de médicaments ont été jetées devant la sous-préfecture.
VINGT-CINQ personnes seulement se sont rassemblées hier matin sur la place d'Armes pour défendre la protection sociale. L'intersyndicale vitryate - CGT, FSU, Union Syndicale Solidaires, CFDT, CAS - avait lancé un appel. « Beaucoup de camarades sont en négociation dans les entreprises. Ils sont très pris, a déclaré Jean-Jacques Poignant, porte-parole de l'intersyndicale vitryate pour expliquer la faible mobilisation. Mais le cœur y est ! »
Retraités, salariés du public et du privé ont manifesté ensemble pour « défendre l'accès égalitaire à la santé ». Parmi eux, Jean, un ancien résistant de 87 ans, membre de l'Unrpa (Union nationale des retraités personnes âgées). « J'ai été arrêté le 8 avril 1944 par la Gestapo. Les membres du gouvernement, qui se réclament du gaullisme, trahissent l'esprit de la résistance ! », a-t-il clamé haut et fort. Il faisait référence au volet social du programme du Conseil national de la Résistance (CNT) signé le 15 mars 1944. Ce plan visait à « assurer à tous les citoyens des moyens d'existence, dans tous les cas où ils sont incapables de se le procurer par le travail ».
« Je ne pourrai plus payer la mutuelle »
Une protection sociale mise à mal aujourd'hui, selon les manifestants, avec notamment l'instauration des forfaits et des franchises sur l'hospitalisation, les consultations médicales et les médicaments, la multiplication des déremboursements, et la taxation aggravée des mutuelles.
« Au 1er janvier, je vais me retrouver à la retraite avec 608 euros par mois. J'ai travaillé 42 ans. Mais comme j'ai toujours été payé au Smic, je percevrai le minimum, s'insurge Anna, une Vitryate de 60 ans. Je dois payer le loyer, l'eau, l'électricité et le gaz. C'est obligatoire. Du coup, je ne pourrai plus payer ma mutuelle. »
Le cortège a traversé la rue Aristide-Briand, avant d'emprunter la rue Maître-Edmé. Devant la sous-préfecture, les manifestants ont jeté plusieurs sacs de boîtes vides de médicaments, formant un tas. De sa fenêtre, Suzanne, 87 ans, donne l'une de ses boîtes de médicaments. Elle est atteinte d'un glaucome.
« Pour me soigner, je dois prendre 3 comprimés par jour. J'utilise une boîte et demi par mois », raconte cette retraitée qui a arrêté de travailler à l'âge de 21 ans pour élever ses 5 enfants. Oui mais voilà, son médicament n'est pas remboursé par la Sécurité sociale. « Une boîte coûte 20 euros. Ce n'est pas donné, s'insurge-t-elle. Mais je n'ai pas le choix parce qu'il n'existe pas de générique. C'est révoltant ! »
Hier matin, les représentants syndicaux ont remis à la sous-préfète de l'arrondissement vitryat la pétition lancée par la Mutualité française pour obtenir du gouvernement le retrait de la taxe sur les contrats santé solidaires et responsables. Au total, 180 signatures ont été recueillies sur le secteur. « Ce que l'on fait n'est pas inutile, a rappelé le porte-parole de l'intersyndicale vitryate, Jean-Jacques Poignant. Le 4e jour de carence pour les salariés du privé a été abandonné ! »
Prochaine manifestation le 13 décembre dans le cadre de la journée nationale de mobilisation contre les plans d'austérité.
S.G.
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