Publié le mercredi 21 décembre 2011 à 10H33 - Vu 716 fois
Mohamed Dongo, un homme massif au passé judiciaire bien rempli, a reconnu les faits, sans vraiment pouvoir les expliquer.
REIMS (Marne) C'est un homme tourmenté par le malin, un sataniste adorateur du diable, un « schizophrène » selon les experts, qui s'est présenté hier à la barre du tribunal correctionnel de Reims. Un homme « malade » selon son avocate qui « ne peut être déclaré responsable pénalement ».
Mohamed Dongo, un Rémois de 27 ans, un homme massif au passé judiciaire bien rempli - six condamnations dont cinq pour vols -, a reconnu les faits, sans vraiment pouvoir les expliquer.
« Mon client est malade »
Le 21 octobre 2010, Mohamed Dongo s'était présenté à la bibliothèque municipale Carnegie de Reims et avait demandé à consulter « le Journal du Diable », un ouvrage imprimé à Paris en 1790. D'une valeur estimée à 3 000 euros, ce livre provient du legs fait à la ville par le sénateur maire Victor Diancourt (1825-1910). Il n'en existe que deux exemplaires dans les bibliothèques de France (l'autre est à Rouen)… Une pulsion incontrôlable va lui ordonner de s'approprier l'ouvrage (de format 20x15). Il va alors le glisser dans son manteau, mais sera rattrapé 200 mètres plus loin par les gardiens. Il dira simplement avoir « besoin » de l'ouvrage.
Hier, l'homme, déjà condamné pour avoir dérobé plusieurs cierges et crucifix à la basilique Saint-Remi en 2010, comparaissait pour ce vol démoniaque, mais également pour le recel d'objets volés issus du cambriolage d'un appartement de la rue Galilée le 25 novembre dernier.
Alors que le substitut du procureur, Romain Du Crocq, demandait à ce que la « justice terrestre » soit appliquée dans son cas et requérait un an de prison dont six mois avec sursis et mandat de dépôt à la barre, son avocate a fustigé une expertise « bâclée ». « On vous présente deux rapports. L'un évoque une irresponsabilité totale, l'autre, un discernement simplement altéré ! Mon client est malade. Il est malade depuis qu'il a 13 ans et on ne prend pas en compte sa pathologie. Il doit se faire soigner… L'infraction ne peut être constituée car il n'est pas responsable de ses actes. »
Après un rapide délibéré, Mohamed Dongo a été reconnu coupable. Retenant l'altération de sa personnalité au moment des faits, le tribunal a écarté la peine plancher le condamnant à 6 mois de prison avec sursis et mise à l'épreuve pendant deux ans, ainsi qu'à une obligation de soins.
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