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La fin de l'hélicoptère dans les vignes

Publié le mardi 31 janvier 2012 à 12H00 - Vu 711 fois


Trois ans pour trouver comment s'adapter et s'équiper pour ne plus utiliser d'hélicoptère dans les vignes.

Trois ans pour trouver comment s'adapter et s'équiper pour ne plus utiliser d'hélicoptère dans les vignes.


L'arrêt des traitements par voie aérienne est programmé pour 2014.


Le CIVC a décidé d'arrêter les traitements aériens pour les vignes d'ici 2014. Ces traitements aériens sont une tradition champenoise. « Il y a une dizaine d'années, environ 12 à 13 % du vignoble était traité par hélicoptère » observe Dominique Moncomble, directeur des services techniques du CIVC. Actuellement, à peine 4 % des parcelles sont traitées. Ce qui représente 1 300 hectares sur 200 communes, 12 000 parcelles et 3 000 propriétaires.

 

12 000 parcelles sur 1 300 hectares


Il y a des raisons à ces pratiques, celles-ci sont propres à la Champagne. Déjà des raisons de topographie : « Notre vignoble est composé de pentes et de coteaux. La pente moyenne est orientée à 12 %, mais il y a des exceptions qui vont jusqu'à 60 % de pente. » On aperçoit ces paysages lorsqu'on descend la Vallée de la Marne vers Paris, les pentes sont de plus en plus abruptes. Quand on arrive dans l'Aisne, c'est encore plus pentu. Les traitements classiques par voie terrestre comme ceux réalisés par un tracteur ne peuvent y être employés. « En revanche, les traitements par voie aérienne permettent d'aborder ces zones d'accès difficile. » Ensuite il y a des raisons climatiques : « Nous sommes sous un climat septentrional. Nous avons des épisodes orageux importants. Qui sont souvent la source de contamination type oïdium ou mildiou. C'est là qu'il faut protéger la vigne. Avec une difficulté de taille : après un orage, les sols ne sont pas essuyés, il n'est pas possible de faire entrer des machines terrestres. » Il reste encore une troisième raison, plus importante encore : « C'est simplement la structure des exploitations. Il existe 15 000 exploitants. Plus de la moitié ne possèdent qu'un hectare divisé en petites parcelles souvent dispersées. Ce sont souvent des doubles actifs. Ce ne sont pas des vignerons à temps plein. C'est donc une bonne chose que leurs parcelles soient mises en prestation par voies aériennes. »
En tant que techniciens de la vigne, Dominique Moncomble et ses équipes ont fait une analyse : « On ne fait pas l'apologie de l'hélicoptère, toutefois son utilisation présente de nombreux points favorables. D'un point de vue environnemental, il est intéressant. Il évite le tassement des sols et les problèmes d'érosion comme pourrait le faire un tracteur. Nous avons également une meilleure gestion des effluents et des déchets. Ce sont des sociétés professionnelles qui s'en occupent. Là je parle des fonds de cuves. Un hélico n'a qu'un seul fond de cuve à gérer pour une trentaine d'hectares traités. »
Un hélicoptère est égal à dix tracteurs ou trente chenillards. Par jour, il peut traiter en moyenne entre 80 et 100 hectares, le tracteur fait 5 à 10 ha et le chenillard 3 à 5 ha. Le calcul est rapidement fait par Dominique Momcomble : « Il y a donc économie d'eau, économie d'énergie (-25 %) et économie de produits. Avec le temps, il y a eu beaucoup de progrès techniques. L'hélicoptère est de plus en précis dans son travail avec des buses adaptées anti-dérive. C'est vrai que lorsqu'on met toutes ses qualités bout à bout, cela fait beaucoup de points positifs ». Quant aux points négatifs, Dominique Moncomble reconnaît volontiers : « Ce n'est pas pour tous les traitements et pour tous les terrains. Par exemple pour les soins des grappes souffrant de botrytis. »
Malgré ces conditions très encadrées par la loi française, il est interdit de se servir de l'hélicoptère. « Sauf dérogations. Il s'avère qu'on pourrait les demander. Mais il y existe trop d'incertitudes. » Et c'est bien là que le bât blesse. « Il faut demander une dérogation par département et par an. Imaginons que le préfet de l'Aube dise oui et pas celui de la Marne. C'est franchement ingérable. On a également appris en mai 2011 que tous les produits doivent repasser une homologation spécifique. Vu le petit marché que représente le marché aérien, on a du mal à imaginer que les grandes firmes phytosanitaires vont aller soutenir le dossier. Un dossier très coûteux avec des analyses éco-toxicologiques très poussées pour un micro marché. »
Devant de telles complications, l'interprofession a préféré arrêter les traitements par voie aérienne. « Comme souvent, les Champenois veulent appliquer cette décision dans le bon ordre. Nous avons donc fait un plan sur trois ans avec comme objectif de tout stopper en 2014. » Ces trois ans donnent le temps à ceux qui sont concernés de s'équiper autrement ou de trouver d'autres types de prestations.
« Nous allons quand même nous retrouver avec une centaine de parcelles très complexes à convertir. Cela va demander des équipements peu habituels en Champagne. » A l'instar des vignobles de la Savoie ou de la Suisse, il va falloir utiliser des treuils.

 

Sophie Claeys-Pergament
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Les dernières contributions


Marsu08fr

05/02/2012 à 10h20 | 1

A tous les détracteurs de la profession agricole,Il y a un siècle, la plupart les gens passaient de 50 à 75% de leur temps pour se payer de la nourriture, qui était à cette époque garantie sans aucun traitement et la moyenne d'age était 50 ans ! Maintenant, on ne mange sois disant que du poison, et on y consacre moins de 20% de son temps gagner cette nourriture !!! Et la moyenne d'age est de plus de 80 ans !!! Serait-ce internet ou les téléphones portables qui prolongeraient la vie ??? Sans doute la médecine et l’hygiène, mais la nourriture disponible en permanence est la raison principale

batracien

02/02/2012 à 18h13 | 3

Erictesa : il n y a pas que des "gros" viticulteurs qui ne savent que se pavaner au volant de leur gros 4x4. Il y a majoritairement tous les autres qui sont tous les jours dans les vignes a travailler. Ne dites donc pas de betises et de generalites. Quand on travaille dans les vignes on a pas envie de s empoisonner.
Effectivement il est ridicule de maintenir les traitements sur des surfaces plates, mais pour les pentes il n y a pas beaucoup d autres solutions.

ericetisa

Il faut se méfier des comiques, parce que quelquefois ils disent des choses pour plaisanter. ( Coluche )

02/02/2012 à 16h09

Les viticulteurs se foutent complètement des conséquences pour les hommes et la nature, la seule chose qui compte c'est leur porte-monnaie et pouvoir changer de 4x4 tous les 6 mois !

labéquille

01/02/2012 à 22h32

Ah ces galippes! il y aura toujours ceux qui ne veulent pas comprendre car trop proche des viticulteurs, ceux qui travaillent comme salariers ou tâcherons le savent très bien que les hélicos n'ont pas de scrupule quand ils traitent, qu'il y ait du vent ou pas ils traitent alors que la loi est contraire. Et si vous bossez dans les vignes au même moment, vous avez de fortes chances d'être arrosé, je l'ai déjà vécu à plusieurs reprises. Il y a des pilotes qui s'en amusent. La pollution atmosphérique est un argument trop facile. Je travaille également dans la vallée de la Marne et les vents nous apportent souvent des odeurs de traitement dues aux pratiques des hélicos en lisière de forêt. Alors vous qui prônez la bonne parole, allez-donc bosser dehors quand ils traitent et que vous retrouvez votre fourgon tout bleu.
Au diable les hélicoptères.

BARIS Dominique

CHÂLONS-en-CHAMPAGNE

01/02/2012 à 11h31

Les vignerons champenois utilisent depuis des décennies des hélicoptères pour traiter leurs vignes,mais il est malheureusement interdit,sauf dérogation préfectorale, d'utiliser les hélicoptères pourtant beaucoup plus économiques que les tracteurs......
Question de pollutions atmosphériques?

cookie51500

01/02/2012 à 11h14 | 1

Je comprends parfaitement que la vigne dans notre région c'est le point central de l'économie du secteur et qu'elle fait vivre beaucoup de monde. Je pense simplement que les milliards brassés par cette activité pourraient servir aussi à la recherche pour des traitements plus propre. Ces produits nous EMPOISONNENT et empoisonnent nos enfants. C'est çà le prix à payer ? @chambouvart : bien sûr que l'on trouve des polluants en ville est-ce une raison pour polluer également nos campagnes sans vergogne. Je ne suis pas défenseur du BIO (le bio qui vient du Chili ou d'ailleurs me fait bien rire) je ne crois pas non plus à ce label cependant une prise de conscience sur l'exagération des traitements est indispensable. Les grandes entreprises de phyto ont pris le pouvoir sur votre conscience et sur votre porte monnaie.

merove

01/02/2012 à 00h16 | 1

Il est vrai que les viticulteurs CHAMPENOIS ont une tendance à faire partager les nuisances qu'ils provoquent sans assumer réellement les dégâts induits à l'exercice de leur activité qu'ils mutualisent pour la collectivité.Si le principe de Pollueur-Payeur était retenu,il est probable que le vignoble changerait de physionomie .

chambouvart

triangle Reims/Chalons/Epernay

31/01/2012 à 23h28

@cookie51500 : Si un viticulteur fait traiter ses parcelles plates par un hélico, je suis d'accord avec vous c'est stupide ! Mais culture bio ou pas, terrain plat ou en pente, il y aura des traitements ! Quand aux pesticides dans l'air... A part le folpel que l'on retrouve dans les zone de culture à la période des traitements... Paradoxalement c'est dans le centre ville de Reims qu'on retrouve tout les autres en plus grande quantité... Ils viennent, des matériaux de constructions, des peintures, des bombes insecticides, des nettoyants ménagers...

actarus51

31/01/2012 à 22h28

Cookie51500,tous les avis sont bons mais il faut quand même maîtriser son sujet :il n'y a pas de produits pulvérisés plusieurs semaines avant les vendanges.Au moment où les raisins son bons à manger,il n'y a plus grand chose,surtout si vous les essuyez un minimum.A moins que vous ne poussiez votre raisonnement jusqu'au bout, et là vous ne pouvez plus manger,car je pense que vous ne mangez plus de pommes,de poires,ou pire de fraises,qui eux sont pulvérisés juste avant la vente.Et c'est prouvé également que les pires fruits ou légumes sont ceux récoltés par les jardiniers du dimanche dans 3m carré de terre dans leur lotissement.
Si vous avez encore un doute,attendez octobre(avant la premère gelée) , les raisins restants sont excellents et lavés de tout produit

sprinkleur

31/01/2012 à 19h44 | 1

L'excuse des côteaux à forte pente est typiquement champenoise, messieurs les propriétaires, prenez votre courrage à deux mains, suivez l'exemple (parmi d'autres), de la vallée du Rio Duro (Portugal) plantez les vignes en espalier et vous n'aurez plus de problème de traitement, ainsi que les boues envahissant notre campagne et nos villages à chaque pluie, d'orages!!!!

cookie51500

31/01/2012 à 17h59

B R A V O @labéquille je suis tout à fait en accord avec vos propos. Je vie près des vignes et je ne suis pas obligée de sortir de chez moi pour savoir si un traitement à l'hélico est en route. Je suis prise de crise d'asthme terrible. C'est une belle cochonnerie cette vaporisation.
@ chambouvart Je suis en terrain plat alors le spitch sur les coteaux difficilement accessible je trouve cela amusant. Le mieux c'est d'utiliser le poison avec modération pour les riverains et surtout pour les viti. Beaucoup de viti décèdent bien avant l'âge. Il faut peut être se poser quelque questions sur la toxicité des produits. La rentabilité mérite t elle d'y laisser sa vie ? Le médecin du travail m'a confirmé les symptômes des salariés du secteur. Donc je dis enfin une bonne chose de faite et j'espère que la prochaine se sera l'utilisation avec modération de tous ces traitements phytosanitaires. J'interdis à ma fille de manger du raisin sur pied au vu des litres et des litres de produit versé par an. Y a rien de naturel la dedans. Quelque gouttes de phyto sur les vétements et vous avez un trou et çà je l'ai vu alors...

jean-jean 02850

jaulgonne

31/01/2012 à 14h17

enfin les abeilles en sont les victimes la polution qui traine partout pas a l abri d une chute d helico et tout ca pour en laisser des hectares non recoltes au prix ou on vend le champagne alors arretez rapidement ce desastre laissez pousser l herbe les copaux qui font monter lesrivieresETC......

chambouvart

triangle Reims/Chalons/Epernay

31/01/2012 à 13h43

@ labéquille: Les produits seront toujours appliqués mais par des engins au sols ou pire en plein soleil par des hommes en tenue NBC et portant un atomiseur dans le dos ! Cette interdiction est une fausse bonne idée

chambouvart

triangle Reims/Chalons/Epernay

31/01/2012 à 13h11

Qui prendra la responsabilité d'envoyer un engin et un homme, traiter des vignes en fortes pentes ! N'oublions pas qu'il y a eu des morts avec les engins qui se retournent

cdu51

31/01/2012 à 12h50

et comme celà il y aura encore plus de traitements par chenillard, qui font plus de bruit qu'un helico quoi qu'on en dise ;

labéquille

31/01/2012 à 12h30 | 1

Enfin une bonne chose que l'arrêt programmé des traitements avec des hélico.
contrairement aux propos du directeur des services techniques du CIVC, la population riveraine du vignoble champenois va pouvoir enfin respirer autre chose que des particules nocives pour la santé humaine et se reposer tranquillement sans être perturbé par des bruits de pales. A ce jour, le directeur met en avant des avantages qui ne correspondent qu'à des solutions de facilité, quant au tassement des sols, laissez-moi rire, ces arguments sont ridicules. En cette période de l'année, la taille et la lierie se font à la main et peu importe les dévers, les tacherons ou les salariers du vignoble font leur travail avec toutes les difficultés du terrain, les pentes à 60% énoncées se vendange sans problème alors! pourquoi tant de démagogie sur les traitements par hélico, pourquoi ne pas dire simplement que c'est uniquement par facilité. Evitez de planter n'importe où et cela ira mieux.
bien amicalement

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