Publié le mercredi 15 décembre 2010 à 09H01 - Vu 1129 fois
Claire Lepousé a expliqué la simulation à des professionnels venus de toute la région.
REIMS (Marne). La faculté de médecine de Reims est en avance pour former ses étudiants par la simulation. Grâce à des mannequins high-tech. Étonnant.
IL parle, respire, sue, saigne, cligne des yeux, a des crises d'épilepsie et ses lèvres deviennent violettes quand il manque d'air : ce n'est pas un vrai malade, mais un mannequin hyper réaliste qui permet aux étudiants en médecine de Reims de se former plus rapidement que d'autres, grâce à la simulation, un système mis en place par le professeur Alain Léon, responsable du pôle urgences, réanimation, anesthésie, douleurs.
La base est donnée par Confucius lui-même, auquel se réfère le professeur : « j'entends et j'oublie, je vois et je me souviens, je fais et je comprends ». Du cours magistral donné aux étudiants en médecine à la pratique des internes, il existe à Reims, précurseur en la matière, une étape simulation : en médecine d'urgence, en cardiologie, ou tout simplement pour une consultation.
« Apprendre aux étudiants à se présenter, mais oui, ce n'est pas évident tout de suite, et plus grave, nous simulons des entretiens avec des parents à qui ont doit annoncer la mort d'un proche, ou négocier le prélèvement d'un organe » poursuit le professeur, qui nous guide alors vers son laboratoire.
Dans une petite salle est reconstituée une salle de réanimation d'urgences ou un salle d'opération. Un mannequin est allongé, un peu moins perfectionné que celui décrit au début. Il coûte moins cher (35 000 euros contre 80 000 !).
Un débriefing très important
Cinq caméras permettent à un médecin opérateur de reconstituer une image pour les étudiants présents dans une autre salle, mais aussi pour enregistrer la simulation pour pouvoir ensuite la décrypter. « Tous les étudiants de 6e année passent un examen sur le simulateur, pour un arrêt cardiaque. Le stress de l'examen reproduit presque les conditions de la réalité, de l'urgence » explique Claire Lepousé, pilier de la simulation, de l'unité réanimation Samu.
« La vidéo est très importante pour la gestuelle. Et on peut voir sa propre erreur lors du debriefing obligatoire. Il y a des cas que je n'ai rencontré que sur le simulateur, mais je suis prête à l'affronter dans la réalité ». Ce n'est que du bonus pour les patients soignés par des internes inexpérimentés : ils ont la technique acquise sur le mannequin.
Il y a aussi des incidents pendant la simulation, comme une possible panne de courant. « Nous guidons également l'apprenant (NDLR : Alain Léon préfère ce terme à celui d'étudiant) pour ne pas qu'il oublie un geste ou qu'il le fasse correctement ». Le but est aussi d'apprendre à travailler en équipe, il y a toute une chaîne d'intervention à coordonner, les messages doivent être clairs.
C'est en 2002, sur un projet pédagogique, que la fac de médecine de Reims, avec le CHU, a acquis son premier simulateur. Peu l'ont en France, encore 8 ans après. « Nous avons 15 ans de retard sur les Américains, voir les anglais » note le professeur, qui se réjouit que la faculté l'ait toujours suivi dans ce projet.
« C'est un outil de motivation pour les étudiants, ils sont enthousiastes et en redemandent. » Le seul frein, comme d'habitude, c'est le coût mais aussi le personnel. « Nous avons besoin de 3 à 4 personnes pour ne séance de simulation. Pour les anesthésistes, nous faisons appel à une infirmière diplômée, qui assiste l'étudiant. »
Guillaume FLATET
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