Publié le vendredi 14 septembre 2012 à 09H38 - Vu 2365 fois
« Je dois licencier mes 30 salariés et quitter les lieux le 20 octobre », annonce le patron qui faisait tourner
REIMS (Marne). C'est l'histoire d'un propriétaire qui veut changer de locataire mais comme cela concerne la brasserie la plus connue de Reims, cela fait du bruit.
LA Brasserie du Boulingrin a vu naître les halles en 1929. Les halles du Boulingrin vont-elles voir mourir la brasserie dans un mois ? On nous le fait craindre. « Le propriétaire des murs, M. Guyomard a décidé de ne pas renouveler mon bail commercial. Je dois licencier mes 30 salariés et quitter les lieux le 20 octobre », annonce Bernard Victor-Pujebet patron de la brasserie depuis 1989.
Tombée au milieu des festivités de l'inauguration des halles, la nouvelle fait désordre. « Nous avons appris la semaine dernière l'arrêt défavorable de la cour de cassation. C'était notre ultime recours », précise M. Victor-Pujebet.
Six ans de bras de fer
L'affaire dure en réalité depuis six ans et c'est surtout une histoire de gros sous.
En 2006, alors que le bail commercial de la brasserie arrive à expiration, le propriétaire des murs, plus connu comme patron du journal de petites annonces économiques Matot-Braine, décide de changer de restaurateur. Il en a tout à fait le droit et n'a pas à motiver sa décision. L'information circule qu'il a reçu des offres intéressantes de la part de grandes chaînes de brasseries parisiennes qui aimeraient bien reprendre l'enseigne emblématique rémoise.
Erreur de procédure
Le locataire n'a pas d'autre choix que de partir. Il est mis dehors mais peut prétendre à une indemnité d'éviction : « En général elle équivaut à un an de chiffre d'affaires à quoi il faut ajouter les frais de licenciement du personnel et l'argent nécessaire pour racheter du matériel afin de pouvoir se réinstaller », explique Bernard Victor-Pujebet. Dans le cas du Boulingrin, la somme n'a rien de symbolique : « Un expert l'a estimée à environ 2 millions d'euros. Réactualisé, cela donnerait aujourd'hui autour de 3,5 millions ». De quoi faire une croix sur la brasserie sans pleurer trop longtemps. Les négociations s'engagent autour de la somme mais tout s'écroule à cause d'une erreur de procédure. L'avocat de M. Victor-Pujebet oublie d'assigner le tribunal à temps. Il y a prescription ! « Le 24 décembre 2008, j'ai reçu un courrier du propriétaire m'informant que je n'avais plus droit à rien et que je devais m'en aller. » Recours en justice pour faire annuler la prescription. « J'ai gagné en première instance. » Le propriétaire fait appel et gagne. Pourvoi en cassation, le locataire perd. Maintenant il faut partir ou trouver un accord à l'amiable : « M. Guyomard m'a proposé de rester mais à condition de lui verser un droit d'entrée de 2,5 millions d'euros. C'est un peu dur de devoir donner une telle somme pour rester dans mon restaurant ! »
Les affaires sont les affaires, explique Gérard Chemla, avocat du propriétaire : « Mon client ne fait que demander ce qu'il pourrait obtenir d'un autre candidat. De son côté M. Victor-Pujebet réclamait plus de 4 millions d'indemnité d'éviction. Toute cette affaire se résume à une discussion entre deux hommes d'affaires qui d'ailleurs peut encore aboutir. Il n'a jamais été question ni de fermer le restaurant, ni de mettre le personnel dehors ». Michel Guyomard l'assure : « Il faut arrêter le catastrophisme inutile, le Boulingrin est et restera une brasserie ». Sauf qu'elle devra peut-être changer de nom.
Catherine FREY
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Les dernières contributions
MELINA
15/09/2012 à 10h06
Je connais la brasserie depuis des décennies et voudrais ici rendre hommage à Denis Ragot,le maître d'hötel qui faisait en sorte d'accueillir chaque client comme un ami.Denis,l'âme de la maison.J'y suis allée il y a quelques mois,tout avait changé:accueil désinvolte,négligences dans le service ,tout pour vous rappeler que vous n'ëtes qu'un "cochon de payant".Denis avait ,lui,l'oeil à tout.Pour faire "moderne",on a affublé les serveurs d'atroces polos vert pomme.Peut-être vaut-il mieux que tout cela ait une fin...
Commentaires anonymes
14/09/2012 à 20h01
Avocats et autres incompétents !!!
il ne lui reste plus qu'à changer d'avocat et d'ataquer son ancien avocat en justice !
setsot
14/09/2012 à 16h47
La loi c'est la loi ,pourquoi cela devrait etre autrement pour cette homme . Pourquoi faire la une de notre quotidien alors qu'un grand nombre d'entreprises et de commerçant ont du deposer le bilan sans que personne s'en préocupe chacun sa M....
calife51
14/09/2012 à 13h35
Plutôt surprenant au moment où les halles sont réhabilitées...On n' est jamais trahi que par les siens...et pas par ceux que l' on a combattu pour les faire vivre!!! Dommage, triste épilogue du "fric" à tout "prix" au détriment des "résistants" à tout "prix".
gerard cade
14/09/2012 à 13h31
c'est a souhaiter que l'avocat qui a fait la boulette est bien assuré.mdr
madeleine08
14/09/2012 à 13h16
c'est un changement à la tête de la brasserie , mais cela reste une brasserie
Baladin
Ni hérisson, ni paillasson, ni facho.
14/09/2012 à 11h44 | 2
Pourquoi pas classer la brasserie "monument historique Remois" !!!!!
bastogne
14/09/2012 à 11h29
dommage un future kebab
pour quoi détruire le vrais reims et son histoire pour qui
bastogne
14/09/2012 à 11h29
dommage un future kebab
pour quoi détruire le vrais reims et son histoire pour qui
bastogne
14/09/2012 à 11h29
dommage un future kebab
pour quoi détruire le vrais reims et son histoire pour qui