Publié le vendredi 08 juin 2012 à 08H06 - Vu 237 fois
SEZANNE (Marne). Le cours du sucre est au plus bas en ce moment. Une situation qui ne devrait pas avoir de conséquences sur la valeur des betteraves cultivées par les agriculteurs.
TRES doux le prix du sucre en ce moment. Son cours est actuellement au creux de la vague. Son prix à la tonne (côté à Londres) a baissé de 20 % en un an. Il était à près de 900 dollars la tonne en juillet dernier et le sucre dépasse faiblement les 500 dollars la tonne actuellement.
Pas d'impact sur les betteraviers
Une baisse qui ne doit pas susciter l'inquiétude, selon les spécialistes de cette matière première qui concerne au premier chef de très nombreux agriculteurs dans le Sud-Ouest marnais.
« Seulement 20 % du sucre mondial est négocié au prix des cours mondiaux, tempère Bertrand du Cray, directeur général du centre d'étude et de documentation du sucre (Cedus), c'est une histoire d'offre et de demande, actuellement dans le monde, on produit davantage qu'on ne consomme, mais ce n'est pas une tendance qui devrait durer. La population mondiale augmente et la demande en sucre va aller en croissant. » Selon le directeur du Cedus, « il n'y a aucun impact sur le prix de la betterave payé aux agriculteurs ».
Le cours du sucre subit de rapides variations de prix, à l'instar des autres matières premières agricoles. « Le cours du sucre subit des cycles, nous sommes dans un cycle bas actuellement, analyse Bruno Hot, président du Syndicat national des fabricants de sucre, nous avons une baisse marquée par l'annonce de bonnes récoltes dans les principaux pays producteurs, comme la Thaïlande ou le Brésil. » Il y a quelques années, les périodes de baisse et de hausse étaient plus longues qu'actuellement. « La volatilité du sucre a été accentuée ces dernières années, constate Bruno Hot, mais il n'y a pas d'inquiétude à avoir, les prix se tiennent en Europe, l'impact à long terme sera limité. »
« Baisse technique »
Pas d'impact sur les betteraviers pour le moment, selon Alain Jeanroy, directeur de la confédération des planteurs de betteraves.
« La baisse actuelle est une baisse technique du cours du sucre qui intervient tous les ans à la même époque, avant le démarrage de la récolte au Brésil et après les récoltes en Inde et en Thaïlande, indique-t-il, cette baisse du cours du sucre est un effet de la conjoncture actuelle plus qu'une tendance lourde. Il n'y a pas de conséquence sur les planteurs de betteraves qui ont des contrats. »
Une baisse qui n'aura probablement pas d'incidence sur le prix des sodas, chocolat et autres produits sucrés.
« Lorsque le prix du sucre augmente, la hausse est répercutée sur les produits, mais lorsqu'il baisse, le consommateur ne le remarque pas », remarque Alain Jeanroy. De quoi devenir amer…
Guillaume TALLON
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