Publié le mercredi 08 février 2012 à 10H25 - Vu 1770 fois
Marie-Thérèse lutte avec ses trois enfants pour garder sa maison.
REIMS (Marne). Marie-Thérèse s'est portée caution pour son fils commerçant. Aujourd'hui, elle risque de perdre sa maison. Le Crédit Mutuel en a demandé la vente.
ELLE a voulu aider son fils et aujourd'hui la banque veut lui prendre sa maison. Marie-Thérèse Lagoutte aura 69 ans au mois de mars. Elle devrait vivre une retraite tranquille dans sa maison à Tinqueux. Au lieu de cela, depuis près de 5 ans, elle se bat pour tenter de garder son bien.
Si elle avait su ce qui l'attendait, Mme Lagoutte ne se serait sans doute jamais portée caution pour son fils quand en 2005 il a eu besoin d'emprunter pour acheter un commerce. Il voulait racheter un dépôt de pain à Saint-Brice Courcelle.
Le Crédit Mutuel était d'accord pour lui prêter les 95 000 euros nécessaires à la condition qu'il trouve une caution. Maman a dit oui. Elle a signé.
Le point chaud en question s'est vite révélé être un mauvais plan.
Le chiffre d'affaires n'était pas à la hauteur de ce qui avait été annoncé et le matériel était défectueux. Le fils de Marie-Thérèse s'est fait avoir. Il a dû fermer et le Crédit Mutuel a réclamé son argent.
Comme le fils ne pouvait pas payer, la banque s'est tournée vers la mère et a demandé la vente de la maison.
« Mon mari m'a fait promettre de la garder »
Cette demeure, Marie-Thérèse l'habite depuis 1974. Avec son mari aujourd'hui décédé, ils ont fait construire et ont mis 20 ans à rembourser leur prêt. « Avant de disparaître, mon mari m'a fait promettre de la garder. Il s'était tellement investi dedans ». Chauffeur routier, l'époux de Marie-Thérèse passait ses week-ends à bricoler dans sa maison.
« C'est lui qui a tout fait dedans. Pendant 20 ans, on s'est privé de vacances pour pouvoir la rénover », se souvient Mme Lagoutte, avec beaucoup d'émotion dans la voix.
Sans doute le plus malheureux dans l'affaire, son fils a fait son possible pour que la banque ne se retourne pas contre sa mère. « J'avais un autre dépôt de pain que j'ai vendu. J'en ai obtenu 50 000 euros. J'ai prévenu le Crédit Mutuel qu'il y avait cet argent mais ils ne l'ont pas pris. D'autres créanciers se sont servis et le reste est parti en frais d'avocat pour essayer de sauver la maison. On a tenté de faire annuler la caution au motif que tous les enfants auraient dû signer aussi puisqu'ils sont héritiers de la maison. On a gagné en première instance mais on a perdu en appel ».
Une somme de 11 000 euros est encore bloquée qui pourrait servir à rembourser la banque. De plus, le fils a trouvé un emploi à mi-temps et peut contribuer dans une moindre mesure au remboursement.
Les deux autres enfants de Marie-Thérèse se sont aussi mobilisés : « On a essayé de monter une SCI à nous trois pour pouvoir emprunter et rembourser le Crédit Mutuel mais pour l'instant on n'a trouvé aucun établissement pour nous prêter l'argent ».
Le 27 février prochain, un notaire doit venir visiter la maison en vue de la vente.
Il ne leur reste pas beaucoup de temps pour trouver un compromis avec la banque.
Catherine FREY
La direction du Crédit Mutuel ne souhaite pas s'exprimer sur le sujet tant que l'affaire est en cours.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez