Publié le samedi 04 août 2012 à 10H54 - Vu 268 fois
Mahiedine au-dessus des obstacles : « C'était une course au train, comme je les aime... ».
REIMS (Marne) Le Rémois a facilement dominé sa série du 3 000 steeple, réalisant le meilleur temps dans un stade comble. Demain, place à la finale.
12 H 50 (13 h 50 heure française) hier au cœur du Parc olympique de la capitale anglaise. Mahiedine Mekhissi-Benabbad fait son apparition sur la piste du stade où brille la flamme. Les travées sont déjà plus que copieusement garnies pour les premières épreuves de la cession d'athlétisme. Le lion est donc en piste dans l'arène avec douze autres concurrents à devancer.
D'entrée de jeu, le protégé de Farouk Madaci se place dans les premières places du peloton avant de se propulser aux avant-postes le premier tour de piste à peine terminé. L'Ougandais Kiplagat décide alors de forcer l'allure (2'44''67 au passage du premier kilomètre). Mekhissi ne s'affole pas.
Une course à sa convenance
« C'était une course au train comme je les aime », reconnaît-il. Rétrogradé, il se replace petit à petit pour finalement dominer l'Américain Evan Jager - qui a réalisé 8'06 à Monaco le 20 juilllet dernier - dans la dernière ligne droite. A-t-il mis un ultime coup de rein pour couper la ligne en premier et prendre un avantage psychologique ? « Non, je n'ai pas cherché à sprinter mais seulement à conserver mon allure, concède-t-il. L'objectif était de terminer dans les quatre premiers. J'ai donc rempli mon contrat. Et tant mieux si j'ai gagné en plus. L'Américain avait l'air costaud. »
Dans la tribune, son coach est soulagé. « Il y avait de l'appréhension car une série d'un grand championnat est toujours quelque chose de particulier, convient ce dernier. Même en abordant cette compétition avec de grandes ambitions, il faut toujours passer le cap des qualifications. C'est ce qu'il a fait avec beaucoup de maîtrise et d'expérience. »
Son chrono de 8'16''23 lui assure en tout cas la pole position alors que ses deux principaux adversaires pour le titre demain, les Kenyans Brimin Kiprop Kipruto, le champion olympique en titre, vainqueur de la deuxième série en 8'28''62, et Ezekiel Kemboi, qui, comme à Daegu aux championnats du monde l'an passé, a terminé sa course au 5e couloir en 8'20''97 mais devancé par l'Éthiopien Roba Gari (8'20''68), n'ont pas non plus grillé toutes leurs cartouches.
« C'est de bon augure, ça me met en confiance pour la suite, abrège le double champion d'Europe. J'ai gagné une bataille, pas encore la guerre. »
« Une bataille pas la guerre »
La guerre des nerfs n'est effectivement annoncée que pour demain en finale (22 h 25 heure française). « Je respecte tout le monde. Ça va se jouer sur la récupération ».
Et peut-être aussi en chambre d'appel où il faut s'y rendre 50 minutes avant l'heure de la course. « C'est la première fois que ça m'arrive, raconte Mahiedine. Il a fallu faire attention à ne pas se refroidir ni s'endormir. On ne pouvait pas vraiment bien s'échauffer. On s'est vraiment ennuyé pendant tout ce temps. »
Les supporters du vice-champion olympique en titre, dont son jeune frère Omar (sa copie conforme) et un de ses amis, ont, eux, déjà hâte d'être à demain soir…
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