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Jean-Marc Santin n'est plus

Publié le lundi 13 février 2012 à 10H47 - Vu 132 fois


Un homme au grand cœur et au parcours admirable.

Un homme au grand cœur et au parcours admirable.


Jean-Marc Santin, maire honoraire du Meix-Tiercelin, a récemment été inhumé. C'est avec une grande tristesse, mais aussi une grande fierté, que sa famille lui a rendu un dernier hommage lors de ses obsèques.
Né le 26 juillet 1925 au Meix-Tiercelin où habitent alors ses grands-parents maternels, Jean Marc Santin passe son enfance au Chesnay, à proximité du lycée Hoche de Versailles où son père jean Auguste Alexandre enseigne la physique-chimie. Jean Marc Santin y fera ses études et obtiendra un prix de thème latin. Pour les vacances et au gré des circonstances dramatiques de la guerre de 40, sa famille retourne souvent au Meix où sa maman Antoinette Rigault a hérité de la maison et de la ferme.

Reprise de la ferme et mariage


Au cours de ses nombreux séjours au Meix, Jean-Marc Santin s'attache à ce village. Il prend goût à la vie rurale et aux travaux des champs, à tel point qu'à la fin de ses études secondaires, il s'inscrit dans une école d'agriculture. Après 2 années passées à Beauvais, et quelques stages, il décide en 1948 de reprendre la ferme du Meix, à moitié en friche. Les premières récoltes sont médiocres.
C'est à cette époque qu'il rencontre une fille d'agriculteur de Marcilly-sur-Seine, Françoise Mugard qui accepte de le suivre au Meix. Le 20 avril 1949 ils se marient. En 1950 naît un premier garçon, Jean-François, qui décédera quelques jours après sa naissance. Heureusement, un an plus tard arrive une fille, Marie-Véronique. Cinq autres enfants suivront.

Audace et responsabilités

Mais conscient de ses responsabilités, il mobilise toute son énergie à la ferme. Il sera l'un des premiers à monter dans le train de la « révolution verte » qui se met en marche à cette époque. Avec beaucoup d'audace, il sera aussi l'un des premiers à adopter la mécanisation, les nouvelles cultures comme la betterave, et les nouvelles techniques de fertilisation qui feront de la Champagne pouilleuse une des régions les plus productives du monde.
Quelques décennies plus tard, la ferme est devenue une belle exploitation structurée. Il a participé à la création de la sucrerie d'Arcis-sur-Aube en servant d'intermédiaire entre son fondateur (un camarade promotion) et le représentant de la société Say. Il a été également cofondateur et président du CETA de Champagne, cofondateur et vice-président de l'usine de déshydratation de Saint-Ouen, cofondateur et administrateur de l'usine de déshydratation de Orme, cofondateur et administrateur du centre d'économie rurale. Il a en outre été longtemps administrateur de la Providence qui deviendra « Champagne Céréales », la plus grosse coopérative de France, aujourd'hui.

Convictions et actions

Sensibilisé par la situation de ses parents qui doivent élever, seuls, son frère Pierre, trisomique, et motivé par ses convictions chrétiennes, il s'investit aussi avec son épouse pour que les enfants souffrant de handicaps mentaux soient éduqués dans des structures adaptées. Pendant de nombreuses années et avec une constance qui force l'admiration, ils ont œuvré à cette tâche à l'IMP de Blacy.
Plus tard, il s'activera aussi pour l'installation du CAT au Meix où naturellement il s'engage.
En 1953, il est élu le plus jeune maire du département. Dans cette fonction, il s'attache notamment à entretenir l'église.
En 1993, à 68 ans, alors que les enfants ont quitté le cocon familial, il cède la ferme et se détache doucement de ses différents mandats.
C'est une période paisible et plutôt heureuse qui s'ouvre au couple qui profite de ce « temps retrouvé » pour voyager et surtout s'occuper des 14 petits-enfants.
 

À la Villa de Loisy

Pourtant au milieu de cette période bénie, le couple est confronté à une épreuve tragique. Christine, leur fille, décède le 5 janvier 2002, à l'âge de 49 ans, des suites d'une longue maladie. C'est un déchirement pour toute la famille.
En 2010, la santé de Jean-Marc se dégrade. Son épouse souhaite aller en maison de retraite, Jean-Marc non : très attaché à ton clocher, il résiste longtemps. Mais il finit par se rendre à l'évidence et le 12 août dernier le couple s'installe à la « Villa BeauSoleil » de Loisy-sur-Marne
Dans cette maison de retraite, malgré la qualité des infrastructures et des soins, il ne s'adapte pas à la vie en collectivité. Alors que son esprit est toujours aussi vif, il souffre d'une perte d'autonomie. Cette situation, malgré l'affection de ses proches le plonge dans une profonde tristesse. À un tel point que la vie exceptionnelle qu'il a menée, s'achève fin janvier.

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