Publié le dimanche 26 août 2012 à 11H00 - Vu 123 fois
Ci-contre : Jean-Baptiste Sauce n'ayant pas encore la certitude de l'identité des voyageurs, souhaitait temporiser la situation. Prétextant la nuit et l'insécurité, il les a hébergés chez lui.
Son nom a fait la couverture du numéro 41 d'Horizons d'Argonne. Et a été l'objet d'une publication dans la revue Terres d'Argonne, sous la plume d'Yves George. Il est l'un des acteurs principaux de la nuit de Varennes.
LE 21 juin 1791, à 23 heures, l'épicier-chandelier Jean-Baptiste Sauce est tiré de son sommeil. Il ne sait pas encore que son intervention va le faire entrer dans l'Histoire.
Ce Varennois d'origine, très attaché à sa ville natale, est alors âgé de 36 ans, et père de cinq enfants. On lui attribue une belle calvitie, un visage long et maigre, un air grave, l'aspect d'un homme prématurément vieilli, d'après Monseigneur Aimond.
Réveil en pleine nuit
A l'heure où va se dérouler la fameuse nuit, il est procureur syndic, fonction de la magistrature apparue sous la Révolution, en faisant un représentant de l'exécutif local, parfois maire en même temps de sa commune.
Celui-là, apprécié de ses concitoyens, est adjoint et sympathisant des révolutionnaires mais reste, comme beaucoup d'autres, très attaché à la personne royale.
A cette même heure, Louis XVI et sa famille ont quitté les Tuileries depuis la veille, progressant dans leur tentative de gagner Montmédy, où ils comptent rejoindre Bouillé et ses troupes. La route est émaillée d'incidents, les relais ont été levés depuis Pont de Somme-Vesle en plus de retards importants sur l'horaire prévu. Le roi a également été reconnu à Sainte-Menehould.
Guillaume et Drouet l'ont précédé à l'entrée de Varennes, où le relais se trouve à l'hôtel proche du Grand Monarque. Sauce est réveillé et informé des doutes qui planent sur le véhicule arrêté et ses occupants.
Il prend avec lui Pultier, marchand-tanneur, premier adjoint, dépêche Régnier, un homme de loi chargé de rameuter les officiers municipaux, envoie ses enfants donner l'alerte et sonner le tocsin aux deux églises du village.
Il n'a pas encore la certitude de l'identité des voyageurs et décide de temporiser.
Il prétexte la nuit et l'insécurité pour offrir aux voyageurs de les héberger chez lui.
La boutique devient résidence royale
La maison est une bonne vieille baraque en bois, étroite, toute en bois et en torchis. Au rez-de-chaussée, l'atelier avec au fonds un escalier de bois, étroit obscur qui mène à l'étage. La chambre du fond recueille les voyageurs. Elle est meublée d'un lit où s'endorment les enfants royaux et d'une table sur laquelle les Sauce servent un repas frugal arrosé d'un petit vin de pays.
Sauce est embarrassé. Il a suivi les instructions de Drouet mais il craint l'erreur. Il fait appel au juge Destez, ancien négociant versaillais, marié à une Versaillaise dont le père est chef de fourrière de la reine.
Il les reconnaît tous les deux sans hésiter. Le roi, à son tour, décline sa véritable identité.
Dans la nuit se succèdent alors les entrées des hussards, les tentatives d'enlèvement, le soutien de paysans argonnais, l'arrivée des envoyés de l'Assemblée nationale et de La Fayette.
A 2 heures du matin, le procureur Sauce ne maîtrise plus la situation, la maison est assiégée par des manifestants qui réclament le retour du Roi à Paris. Un incident se produit : la mère de Sauce, une octogénaire venue présenter ses hommages au couple royal, tombe à genoux devant le lit où dorment les enfants royaux.
Sauce est devenu l'arbitre ballotté entre le roi et le peuple. Lequel finit par l'emporter au petit matin, la famille royale devant rentrer à Paris.
Avant son départ, Louis XVI récupère, par l'entremise de Sauce, une cassette restée dans la berline. Il demande à rester seul avec sa famille un moment au cours duquel il détruira les documents récupérés. Sauce prend ensuite la décision de raccompagner le cortège au retour.
Un peu après le départ, un faux bruit relatif à des exactions commises sur la population de Varennes par des hussards de Bouillé lui fait faire demi-tour.
Obligé de partir
La suite des événements le voit d'abord encensé, puis violemment critiqué, soupçonné d'avoir perçu des sommes d'argent, haï à la fois par les royalistes et les patriotes. Lorsque l'Assemblée lui octroie 20 000 livres de gratification, la haine s'accroît, il comparait devant une assemblée populaire.
On épluche ses comptes. Il sera destitué de ses fonctions de procureur syndic. Il quitte Varennes et s'installe à Saint-Mihiel. Il se sauve à l'arrivée des Prussiens en Argonne. Ce sera sa femme qui subira les représailles, tentera de se sauver, se blessera dans sa fuite pour mourir un peu plus tard.
Lui décède dans sa maison de Saint-Mihiel en 1825.
Les historiens déploreront que cet homme honnête et respecté de tous soit devenu en quelques heures un homme cupide, un traître, destiné à affronter la défiance et la jalousie de ses propres concitoyens, un paria obligé de quitter sa ville natale.
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Les dernières contributions
royco
05/03/2013 à 01h55
Merci a vous Mr Sauce. Votre bonté mérite mon respect ! Un homme qui mérite le souvenir!