Publié le samedi 04 février 2012 à 12H00 - Vu 381 fois
Un Rémois a pris seize mois ferme pour avoir frappé son enfant et sa compagne. Cette dernière se désole pourtant de le voir partir en prison. « Bisous ! Je t'aime ! » ont-ils dit en se quittant.
LA psychologie des femmes battues n'obéit pas toujours à des mécanismes rationnels. Malgré les coups, certaines restent attachées à leur conjoint, au point de retirer les plaintes déposées la veille et d'être désemparées quand elles le voient partir en prison.
Un mode de relation « Je t'aime, moi non plus ! » qu'entretient Ali* avec la mère de ses trois enfants conçus entre deux incarcérations. Agé de 31 ans, l'homme accuse dix condamnations pour des vols, des stups et des violences, la dernière en octobre 2011 : six mois de prison, dont quatre avec sursis et mise à l'épreuve, pour de multiples menaces de mort sur sa compagne. La mise à l'épreuve lui interdisait tout contact avec elle.
Coups et « claque »
Courant décembre, à peine sorti de prison, Ali revient s'installer chez elle à Orgeval. « Elle m'a dit qu'elle avait besoin de moi. Elle venait me voir en pleurant. »
La demoiselle confirme qu'il était le bienvenu (durant la détention, elle avait même tenté de le voir en déposant un permis de visite). C'était pour lui permettre de garder le contact avec ses enfants, a-t-elle expliqué.
Deux jours avant Noël, la police doit intervenir pour une violente dispute. Aucun coup porté, aucune plainte déposée. Lundi dernier, nouvelle scène de ménage. Ali s'énerve de voir son aîné de 6 ans jouer dans sa chambre alors qu'il a des devoirs à faire.
La maman prend sa défense. Cris et hurlements. Apeuré, l'enfant veut la défendre. Ali l'éjecte d'une violente claque puis s'occupe de la mère. « J'ai reçu une claque dans la chambre du petit, un coup de poing dans le couloir et un coup de pied dans la cuisine. » Ce dernier coup, Ali l'a décoché après avoir vu dans l'évier la vaisselle qui n'était pas faite.
Accro au cannabis
Sur le moment, la compagne ne dit rien. Ce n'est que le lendemain qu'elle se présente au commissariat pour déposer plainte. La police se rend tout de suite au domicile pour interpeller Ali. Il conteste être un gros fumeur de cannabis mais d'après la jeune femme, l'addiction à la drogue est responsable de ses accès de colère : « C'est quand il n'a pas fumé qu'il est violent ».
En raison de ses multiples antécédents, l'homme se retrouve en comparution immédiate devant le tribunal correctionnel. Il pleure beaucoup, sans attendrir les juges qui le condamnent à un an de prison, plus quatre mois de sursis révoqués, soit seize mois ferme à purger.
Au moment de partir pour la maison d'arrêt, il se retourne et crie « Bisous ! Je t'aime ! » à la jeune femme assise dans la salle. Elle répond par des bises et s'inquiète de savoir s'il peut faire appel pour diminuer la peine.
F.C.
* Nous ne publierons pas son nom pour protéger son fils mineur victime des violences.
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