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Ils s'appellent François Fillon, Jean Lefèbvre, Claude François...

Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 11H42 - Vu 93 fois



Ils portent des noms de vedettes, d'hommes politiques, de sportifs ou de psychopathes. Ils ont appris à vivre avec. Certains en rigolent ou n'y prêtent pas attention, mais d'autres en souffrent. Sous couvert d'homonymat, quinze célébrités anonymes racontent leur vie au quotidien.

DANS le film « Le Nom des gens », couronné de deux Césars en 2011, le personnage principal s'appelle Arthur Martin. La première image le montre en train de s'apitoyer sur son sort. « Arthur Martin… comme les cuisinières ? » Voici la question qu'on lui pose toujours. Alors il se console comme il peut : « J'aurais pu m'appeler Jacques… »
Sur le site internet des Pages blanches, on ne trouve pas d'Arthur Martin dans les Ardennes (un comble !). Mais des Jacques Martin, oui. Et une poignée de Daniel Gilbert (au masculin), de Jean Lefèvre sans « b » et de Jean Lefèvre avec un « b » (comme l'acteur), sans oublier des Claude François, des Alain Bernard, des Gérard Lambert ou des Michel Simon.
La plupart de ces Ardennais au nom célèbre vivent plutôt bien leur homonymie. Conscients qu'il vaut mieux porter le nom d'une vedette qu'un patronyme « difficile » comme, au hasard, Dominique Nique ou Jean Kulpa.
« C'est plutôt sympa, confie le maire de Monthermé Alain Bernard. Les gens qui m'interpellent là-dessus le font souvent avec gentillesse, sans moquerie. » Idem pour l'un des Claude François ardennais, qui vit en Argonne : « On me fait souvent l'allusion, d'autant que ma femme, qui est ma seule Claudette, s'appelle Claudine. Chaque fois que j'ai une réunion ou un repas en famille, on me demande de chanter une chanson de Cloclo… Comme c'était une personnalité populaire, je n'en ai jamais souffert. »

Le revers de la médaille

Jean Lefèvre, ancien patron de café à Neuflize, et Jean Lefèbvre, métallo vivant à Avançon, n'y font pas plus attention. Tout juste si, de temps en temps, un voisin ou un collègue leur lancent : « T'as vu, y a un film avec toi ce soir à la télé ! » Jean-Noël Dujardin, de Lonny, a choisi de répondre par l'humour. « Pas mal de gens m'appellent Jean Dujardin. Je réponds que j'ai Noël'en plus, et le salaire en moins ! »
Mais il y a le revers de la médaille. Beaucoup des homonymes rencontrés évoquent la perplexité des facteurs au moment de distribuer le courrier. Surtout lorsque, dans une rue sedanaise, vous comptez pas moins de trois Françoise Hardy…
Il y a aussi les confusions téléphoniques. Christian Poncelet, menuisier à Villers-Semeuse, ancien voisin du Christian Poncelet ex-champion de boxe, et par ailleurs homonyme du Christian Poncelet homme politique (natif du Vouzinois), ne compte plus « les appels de gens qui cherchent à parler au boxeur ».
Même chose pour Christophe Léonard, qui a longtemps reçu les appels destinés à son homonyme conseiller général (et futur député ?). Et pour Gérard Lambert, qui partage son nom avec le célèbre loulou chanté par Renaud, et qui recevait des appels malveillants la nuit…
Et que dire des deux Claudine Ledoux de Charleville, dont les professionnels de santé ou de la restauration échangent, sans le vouloir, les réservations au resto et les rendez-vous médicaux !
Des petits tracas dont témoigne la Sedanaise Françoise Hardy : « C'est parfois dur à porter, glisse-t-elle. Les gens ont parfois des plaisanteries tellement lourdes… Je suis fière de porter le nom de mon mari, mais il y a des fois où je préférerais m'appeler Tartempion ! »
Mais il y a pire. Ce sont tous ces noms devenus repoussoirs. Le meurtrier de l'Est parisien, Guy Georges, compte ainsi quelques homonymes dans le département. Le frère de Michel Fourniret, André Fournier, de Vrigne-aux-Bois, a quant à lui changé de patronyme.
Ala différence de Michel Fourniret le Marnais. Le 8 juin 2009, celui-ci expliquait : « Je l'ai pris avec philosophie, mais cela a tout de même été dur, surtout en 2004. Certains me voyaient arriver en disant : Salut Michel, alors ils t'ont relâché ?'»

Des noms prédestinés

Si certains Ardennais portent des noms de vedettes par le plus grand des hasards, d'autres semblent avoir des noms prédestinés. Ainsi de Fodil Zidane, un footeux de la Pointe, responsable de l'école de foot du FC Chooz et sacré meilleur arbitre ardennais en 2007. « Je suis né dans la même région algérienne que Zizou, mais bien avant lui ! », plaisante le quinquagénaire, dont le fils, Yannick Zidane, a repris le flambeau et le sifflet.
D'autres ont pourtant trouvé un avantage à l'homonymie. Le salon de coiffure « Carla B. » fait de Mme Sarkozy un atout commercial.
Frédéric François, patron de l'entreprise d'emballage Isopak à Givet, a beau ne pas être fan des chansons du chanteur à minettes, il reconnaît qu'« au niveau commercial et professionnel, c'est un atout : quand je me présente, au moins tout le monde se souvient de mon nom ! »

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