Publié le vendredi 27 janvier 2012 à 10H32 - Vu 222 fois
Il avait le profil idéal… L'accusation n'a pas tenu. Thierry a été relaxé.
LOIVRE (Marne) Ils croyaient avoir trouvé l'auteur de l'incendie criminel qui a détruit vingt-deux voitures dans une casse de Loivre le 10 mars 2010… Il avait le profil idéal, car en bisbille avec le gérant pour une histoire de factures impayées. Il avait le véhicule repéré non loin des faits ce soir-là, un 4x4 style pompier de couleur rouge, avec gyrophare sur le toit… Son téléphone portable avait notamment déclenché plusieurs cellules dont une à proximité du relais de Loivre.
Thierry, un Axonais de 50 ans, avait été interpellé 15 mois après les faits… mais avait toujours nié son implication.
L'affaire remonte à la soirée du 10 mars 2010. Vers 20 heures, un incendie s'était déclaré dans le parc automobile du garage Vuiart, près de l'ancienne gare de Loivre, au nord de Reims. Le feu, identifié comme étant d'origine criminelle, avait détruit vingt-deux véhicules - des épaves destinées à la destruction ou à la revente en pièces détachées - et fortement endommagé le hangar attenant.
Les expertises scientifiques avaient alors permis de détecter la trace d'une substance incendiaire. Restait à confondre l'auteur. L'enquête s'était rapidement orientée vers Thierry, un client du garage qui aurait déjà menacé le patron.
« Un témoin sorti du chapeau »
Ses dénégations n'y avaient rien fait. Thierry devait donc répondre de « destruction du bien d'autrui par un moyen dangereux » devant le tribunal correctionnel de Reims. Une fois de plus, il a nié les faits. S'il était bien à Reims ce jour-là, c'était pour faire la tournée des garagistes… Thierry étant collectionneur de voitures anciennes. Mardi, il n'était pas venu seul à la barre, mais accompagné d'un témoin qui a certifié sur l'honneur qu'à l'heure de l'incendie, ils étaient ensemble sur l'autoroute en direction de Saint-Quentin.
« Un témoin sorti du chapeau qui n'apparaît pas à la procédure », selon le substitut du procureur, Jocelyn Poul, qui n'a pas voulu croire aux dénégations du prévenu. « C'est un simulateur. Il a déjà six mentions à son casier… Il fait tout pour échapper à ses responsabilités pénales. La téléphonie ne trompe pas. Son portable a déclenché une cellule à hauteur de Loivre, à l'heure des faits. Son véhicule a été vu sur place… Il s'agit d'un acte de vengeance ». Et de requérir un an de prison ferme à l'encontre du prévenu.
Son avocat, Me Bronquard, a eu vite fait de dénoncer une enquête à charge, « sans confrontation, sans recherche, sur les simples affirmations du gérant… Mon client n'a jamais nié être à Reims. Il a un témoin qui confirme ses dires et aujourd'hui, on est limite à nous parler de faux témoignage ! Vous n'avez rien dans le dossier… ». Et d'avancer une bien surprenante hypothèse : « Deux jours après l'incendie, devait être réalisé un contrôle de la Drire. Est-ce que cet incendie ne se serait pas déclenché, par hasard, pour empêcher cette expertise ? Je pose la question ».
Après en avoir délibéré, le tribunal a prononcé une relaxe.
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