Publié le mercredi 25 janvier 2012 à 08H28 - Vu 2068 fois
Elle avait 22 mois, mesurait à peine 70 centimètres. Il mesure 1,75 mètre et pèse 75 kg. Nicolas Sauvage, 24 ans, a tout simplement brisé le bras de la fillette de sa compagne. Le tribunal l'a condamné à 18 mois de prison ferme.
C'est un beau-père violent qui a brillé par son absence hier à l'audience du tribunal correctionnel de Reims. Il n'était déjà pas présent lors de la première audience qui devait se tenir le 18 octobre dernier. Hier, il a prétexté être malade… Tout au long de la procédure, Nicolas Sauvage, un Rémois déjà connu pour des faits de violence, a fui ses responsabilités. Il a toujours nié les faits, tout au plus a-t-il indiqué que la fillette serait montée sur l'échelle du lit et serait tombée.
Appel anonyme
Un témoin anonyme va pourtant le dénoncer… Nicolas aurait jeté la fillette au sol. Elle en aura le coude brisé, une ITT de 6 semaines.
A la barre, seule la mère de famille est présente. Elle doit répondre de non-dénonciation de mauvais traitements. Elle pleure, jure ne pas savoir ce qu'il s'est passé. « Ma fille était dans sa chambre. Il y a plein de raisons qui expliquent qu'elle se soit fait mal. Il y a un lit superposé, un bureau… Elle avait jeté tous ses jouets. Je lui ai mis de la pommade sur le poignet. Je ne pouvais pas savoir qu'elle avait le coude brisé ». Loetitia, 25 ans, maman de 4 fillettes, dont les deux premières âgées de 4 ans et 5 ans étaient déjà placées au moment des faits pour des motifs de malnutrition, est bien seule face à ses juges. Elle reconnaît que son compagnon, avec qui elle a eu une petite fille, aujourd'hui âgée de 1 an, la battait régulièrement, « mais jamais il n'a touché à mes filles. Si j'avais vu les faits, je l'aurais dénoncé ! ».
C'est une dénonciation anonyme qui a conduit les policiers à mener une enquête. La fillette, alors âgée de 22 mois, ne pouvait pas être montée seule sur l'échelle. Ce n'était pas dans son tempérament. Ce 26 mars 2011, elle a eu le coude brisé. Le médecin qui l'examinera indiquera qu'elle ne peut s'être fracturée le bras toute seule, que seul « un mécanisme de torsion forcée a pu engendrer une telle fracture du coude ».
Pour autant, ce jour-là, Loetitia et Nicolas ne vont pas prendre la mesure de la blessure de leur fille. Ils vont ainsi la laisser plusieurs heures, le coude brisé, l'obligeant à se mettre à table et à poser les mains à plat sur la table. Loetitia attendra la fin de la sieste pour la conduire aux urgences… Depuis, la petite fille est placée, tout comme ses deux grandes sœurs.
Jocelyn Poul, substitut du procureur, va dénoncer « des actes intolérables, d'une certaine cruauté. Il l'a jetée au sol. Il a tenté de minimiser les faits… Ce n'était pas volontaire… Nicolas sauvage est un homme violent. Sa version selon laquelle elle serait montée sur l'échelle ne tient pas la route ». Il n'a pas non plus cru en l'innocence de la mère. « Elle n'a pas su protéger son enfant. Elle est demeurée passive, n'a pas dénoncé les faits. Elle refuse de les reconnaître, elle n'assume pas. Il n'y a aucune clémence à avoir ». Et de requérir deux ans de prison avec mandat d'arrêt à l'encontre du prévenu absent et six mois avec sursis à l'encontre de la maman.
Après en avoir délibéré, le tribunal a déclaré le couple coupable des faits reprochés. Nicolas Sauvage a été condamné à deux ans de prison dont six mois avec sursis, sa compagne à six mois avec sursis.
C.G.
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