Publié le lundi 06 août 2012 à 10H38 - Vu 536 fois
REIMS (Marne). Le 6 août 1945 une surperforteresse a largué la première bombe atomique sur Hiroshima. Employé de presse au « Stars and stripes » à Paris, le Rémois Jacques Roulance a été l'un des premiers à voir les photos de l'événement.
Il est des journées qui restent définitivement gravées dans les mémoires. Pour le Rémois Jacques Roulance, notre spécialiste de la rubrique Pêche à l'union c'est le jour du 6 août qu'il ne peut oublier depuis 67 ans.
Le 6 août 1945 en effet, il a fait partie des premiers Français à prendre connaissance des dégâts et des horreurs occasionnés par la bombe atomique larguée au dessus d'Hiroshima. Il raconte.
Un petit boulot
Étudiant à l'école des métiers d'art à Paris, Jacques Roulance, demeurant rue de la Vega (Paris XIIe) avait dégoté depuis quelques mois un petit boulot comme grouillot à la rédaction de Stars and stripes, le journal des troupes américaines installé à Paris dans les locaux du New York Herald Tribune, rue de Berry. « Embauché comme copy boy au service de la rédaction, et m'étant familiarisé avec le service photographique de l'armée, j'avais été désigné pour faire la relation avec les journaux français de l'époque afin de faire réaliser des clichés photogravures des documents reçus sur les téléscripteurs et retenus par la rédaction dirigée par le colonel Jack Ulmer, le major Regan et le commandant Tiffani. »
À ce poste, sans y accorder beaucoup d'importance à l'époque, Jacques Roulance se souvient avoir côtoyé les plus grands reporters, des correspondants de guerre, des caricaturistes de l'armée américaine dont il a pourtant retenu les noms : Last David, dessinateur à New's Week, Mc Waid senior, Py Chamberlain, Joseph Cotton, Bob Gordon, Charly Fisher du Calt bulletin de San Francisco et Jack Badiner, le rédacteur en chef de Stars and stripes, son patron direct.
« À cette place où je me plaisais bien et où j'étais apprécié, j'étais aux sources même des informations relatives à tous les événements majeurs de la Seconde guerre mondiale. J'ai vu des photos incroyables, certaines abominables comme des atrocités commises par les Japonais durant la guerre du Pacifique, tant sur des civils que sur des militaires. Et puis est arrivé le 6 août 1945. »
« Tout le monde était médusé »
« Le 6 août 1945, une information et des photos sont tombées sur les téléscripteurs qui ont médusé tous les journalistes qui s'étaient rassemblés autour des appareils » se souvient Jacques Roulance.
Suite à l'ultimatum du président Truman lors de la conférence de Postdam en juillet, la superforteresse Enola Gay pilotée par le commandant Paul Tibbet venait de larguer d'une hauteur de 9 630 m Little boy, la première bombe atomique à uranium 235, soit l'équivalent de 20 000 tonnes d'explosif sur la ville d'Hiroshima.
Trois jours plus tard ce fut le tour de Fat man, une seconde bombe au plutonium qui bien que destinée à Kukura fut larguée sur Nagasaki en raison des mauvaises conditions atmosphériques par la superforteresse Bock Car aux ordres du Major Sweeney.
« La première bombe fit 80 000 morts et 68 000 blessés dont une partie mourut les années suivantes. La seconde bombe fit 35 000 victimes*. »
Simultanément arrivèrent sur les bélinos les photos des sinistres champignons atomiques.
« J'ai sans doute été un des rares Français à avoir la primeur de voir ce désastre presque en direct » poursuit le Rémois. « Mais je dois avouer à ma grande honte aujourd'hui que cette terrible information ne m'a pas particulièrement bouleversé sur l'instant. Il est vrai qu'à 18 ans, l'insouciance et l'euphorie de la fin de la guerre qu'on avait fêtée en France l'emportaient sur l'information. »
La suite militaire, on la connaît.
Les Japonais ont accepté de signer leur capitulation le 2 septembre à bord du cuirassé Missouri en présence du général Mac Arthur, commandant en chef inter-alliés et des représentants de la grande Bretagne, l'Union soviétique, la Chine, le Canada, l'Australie, la Nouvelle- Zélande et la France représentée par le général Leclerc.
Pour Jacques Roulance, l'aventure s'achève quelques semaines plus tard quand le Stars and stripes part au plus près des troupes en Allemagne. Il quitte le journal le 11 février 1946 « with the highest recommendations » de son employeur.
« Je n'avais pas encore fait mon service militaire et je fus donc envoyé au 8e Régiment des chasseurs dans le quartier Marguerite à Épernay. »
Après avoir fait l'école des sous officiers, il termina sergent avant de retrouver la vie civile.
Alain MOYAT
* Le nombre des victimes n'a jamais été connu avec certitude.
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Les dernières contributions
CathyG
24/08/2012 à 17h39 | 1
Il doit rester peu de survivants de cette époque, ne serait ce qu'à cause deq conséquences indirectes jamais vraiment reconnues...
thunderboolt
08/08/2012 à 19h44
Un triste souvenir historique ces deux bombes atomiques qui pulvérisent toute vie, transformant les individus en chaleur et lumière, en brulant d'autres, sans compter les irradiations qui déclenchant leucémies et cancers sur des décennies. Cela est valable également pour tous les essais pratiqués par toutes les nations, faisant ainsi une épidémie mondiale de maladies du sang et de la peau. Celui qui donne le feu vert est responsable devant l'humanité toute entière.
themisblind
07/08/2012 à 13h35
Si c'est être "en première ligne" que de réceptionner des photos par téléscripteur, que dire des vrais correspondants de guerre ?
BARIS Dominique
CHÂLONS-en-CHAMPAGNE
06/08/2012 à 23h22
Monsieur Jacques ROULANCE se retrouve employé par la presse militaire américaine ce qui le 6 Août 1945 le place avec les journalistes aux premières loges pour l'explosion de la Bombe H sur Hiroshima dont il découvre l'horreur!
Ensuite,il fait son service militaire à Epernay au Quartier Magueritte,effectivement non pas avec un "t" comme la vache du film de Fernandel "La Vache et le Prisonnier",mais avec 2 "t",comme le relève à 13 h 16 @dac51 qui oublie de conter non pas fleurettes,mais de conter que le Quartier Margueritte est dédié au Général Français MARGUERITTE qui est mort pour la France en 1870 et était le père des écrivains pacifistes français Paul(1860-1918)et Victore MARGUERITTE(1866-1942)!
Disons quand même que phonétiquement parlant,le patronyme Margueritte,à un "t" près,est plus poëtique que le dramatique évènement du 6 Août 1945 alors vécu par Monsieur Jacques ROULANCE,et à présent,la plaquette annuelle dénommée "Le Guide de Châlons-en-Champagne et son agglomération" signale que la Fédération de la Marne pour la Pêche et pour la Protection du Milieu Aquatique est présidée par.......Monsieur Jacques ROULANCE,ce qui en fait incontestablement un défenseur de la nature et de la vie!
lucreims
reims
06/08/2012 à 19h41
goliath08
Bien sur pas les américains mais je voulais élargir le débat avec le nucléaire qui va nous anéantin
goliath08
ARDENNAIS et Fier de l'être
06/08/2012 à 18h40
lucreims, catastrophe voulue par les décideurs américains !
goliath08
ARDENNAIS et Fier de l'être
06/08/2012 à 18h39
lucreims, catastrophe voulue et sut par les décideurs américains !
dac51
06/08/2012 à 13h16
Quartier Margueritte, avec deux T, car on n'y était pas pour compter fleurette...
politinco
06/08/2012 à 13h12
depuis ce champignon, le nucléaire est devenue une énergie vénéneuse.
lucreims
reims
06/08/2012 à 11h37
Une des plus grandes catastrophes du nucléaire