Hervé Morin prêt à jeter l'éponge ?

Hervé Morin prêt à jeter l'éponge ?

Publié le mardi 14 février 2012 à 18H33 - Vu 203 fois

Après Christine Boutin, Hervé Morin ? Le candidat du Nouveau Centre sera-t-il le prochain à annoncer son abandon dans la course à l'Elysée ? Le compte à rebours semble déjà enclenché.

L'agenda de campagne d'Hervé Morin est anormalement vide. Pas l'ombre d'un meeting, d'une réunion publique, ou d'un porte-à-porte à travers la France... Officiellement, Hervé Morin s'est mis au vert toute la semaine pour « travailler au congrès » de son parti qui doit se tenir le 25 février prochain. « C'est plutôt pour préparer son discours de renoncement » raillent ses détracteurs.
Lundi soir sur Europe1, Philippe Vigier, secrétaire général du Nouveau Centre, montait en première ligne pour démentir « ce retrait ». Il ne s'agirait pourtant que d'une question d'heures, voire de jours pour de nombreux acteurs et observateurs politique, notamment au sein de son propre parti. Le Marnais Charles de Courson - membre de la direction politique d'Hervé Morin dans la campagne -  ne veut pas anticiper la décision de son leader : « parfois il est bon de se retirer pour réflêchir. A chaque jour suffit sa peine », philosophe-t-il.

L’ancien ministre de la Défense, qui rêvait d’incarner le centre droit, n’a pas réussi à convaincre. Le Normand plafonne à 1% d’intentions de vote dans les sondages. « Il faut reconnaître que sa candidature n'attire pas les journalistes, que son temps de parole est maigre... Il n'est donc pas audible dans l'opinion », regrette le député marnais.
Les 500 parrainages nécessaires - qui ne devaient « être qu'une formalité » - se révèlent être un obstacle. Confronté au terrain et aux jeux des appareils politiques, la réalité paraît plus complexe. « Nous étions à 300 signatures il y a une quinzaine de jours », chiffre approximativement Charles de Courson qui suit de loin le sujet.

Une campagne de déstabilisation... en interne

La candidature d'Hervé Morin n'a jamais fait l'unanimité dans son propre camp. Certains ténors du Nouveau Centre - François Sauvadet, Jean-Christophe Lagarde, Maurice Leroy et André Santini - n'ont pas hésité à le torpiller, regrettant « que cette candidature emmène le parti droit dans le mur ». «Comme dans toute famille politique, certains jouent leur carte personnelle » relativise l'élu marnais. Cette fronde interne a-t-elle poussé Hervé Morin à revoir sa copie ?
Toujours est-il que le vendredi 20 janvier dernier, Hervé Morin s'est rendu à l'Elysée pour rencontrer Nicolas Sarkozy. Une visite qui aurait été « calée » à l'initiative d'Olivier Biancarelli, conseiller politique du chef de l'Etat, a révélé le nouvelobs.fr. A la sortie de cette entrevue, Hervé Morin a réaffirmé qu'« aucun renoncement n'est à l'ordre du jour ». Et pourtant, l'hypothèse d'un abandon du président du Nouveau centre s'est alors renforcé. En jeu : des négociations en vue des prochaines élections législatives, des tapis rouge déroulés dans certaines circonscriptions sans l'ombre d'un candidat de l'UMP. « Ca n'est pas le débat », abrège Charles de Courson, « Nicolas Sarkozy veut absolument être en tête au premier tour. Pourquoi ? L'important c'est la capacité à rassembler au second tour », revendique le députe marnais.

Barre à droite

Si ce ralliement devrait en toute logique se faire en faveur du futur candidat Nicolas Sarkozy, son entrée en campagne par la droite (dans les colonnes du Figaro magazine ) n'est pas pour rassurer les centristes. « C'est pas notre tasse de thé, reconnaît Charles de Courson, mais en politique on s'allie bien souvent avec celui qui est le moins éloigné de ses convictions ». Mais l'élu marnais espère que les valeurs centristes - « fédéralisme européen ; assouplir du droit du travail ; mettre l'accent sur l'éducation et instaurer une sécurité sociale basée sur la solidarité et la responsabilités des personnes », énumère-t-il - ne seront pas fourvoyées sur le jeu des alliances.
La drague du centre a commencé sur les réseaux sociaux au sein de l'UMP. Sur Twitter, Valérie Rosso-Debord, députée de Meurthe-et-Moselle et déléguée générale adjointe de l'UMP, écrivait que «Le centre s'incarne dans l'UMP ». Mais Yannick Favennec, député de la Mayenne, rétorquait aussitôt «Non, Madame Rosso Debord : le centre ne s'incarne plus au sein de l'UMP».
Après le désistement de Borloo, le retrait éventuel de Morin... Le Nouveau Centre peine à trouver sa place sur cet échiquier de campagne.... François Bayrou – qui s'est dit peu surpris par l'éventuel retrait d'Hervé Morin ce mardi matin sur Europe1 - a affirmé ne pas avoir eu l'intéressé au téléphone avant de préciser :  «Je ne suis pas à essayer de trouver des ralliements. Les hommes et les femmes qui font de la politique sont grands, c'est à eux de faire leurs choix».


Bayrou : "le risque d'un scénario à la grecque" par Europe1fr

 

Alexandre Allard

L'union l'Ardennais