François Hollande à Châlons en quête d’une nouvelle économie

François Hollande à Châlons en quête d’une nouvelle économie

Publié le mercredi 31 août 2011 à 08H26 - Vu 462 fois

CHÂLONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Laissant Martine Aubry à ses coups d’éclat, François Hollande, qui connaît son Mitterrand sur le bout des doigts, peaufine son enracinement terrien, déroule son analyse économique et plante quelques banderilles…

INVITÉ sur la foire de Châlons-en-Champagne par son allié Jean-Paul Bachy, président néosocialiste de la Région, François Hollande, comme il nous l’expliquait hier, est venu écouter, voire même apprendre des intervenants économiques locaux. Il a donc suivi pieusement les interventions de Jean-Paul Bachy – aux anges –, Dominique Dutartre, vice-président du Pôle de compétitivité « Industries Agro-Ressources », Joseph Puzo, PDG de la Société Axon Câbles, fort disert sur la domotique et la télémédecine en milieu rural, sans oublier Michèle Servers, présidente de la Chambre régionale de l’économie sociale et solidaire…
Prenant la parole en fin d’exposé, François Hollande a remercié Jean-Paul Bachy qui l’avait invité à venir « découvrir un modèle champardennais pour la croissance, à un moment où l’on s’interroge sur le fait de savoir si la France peut être de nouveau un territoire de croissance… ». Une expérience qui lui a paru porteuse d’avenir, car à l’issue de son speech, le prétendant Hollande, inspiré par ce qu’il venait d’entendre, a déclaré : « Il faut aller chercher un autre modèle de croissance, capable d’allier l’économie de demain – les nouvelles technologies –, l’économie des nouvelles formes d’organisation, l’économie qui est capable de mélanger l’agriculture, l’industrie, les services, d’utiliser les leviers de l’écologie… »
Et si le député de Corrèze n’a pas manqué d’ironiser sur les propos d’une personne de sa connaissance, qui déclarait « Il faut aller chercher la croissance avec les dents », c’était pour vendre son approche en la matière : « Il faut aller chercher la croissance avec l’intelligence… »
En campagne de terrain, le prétendant Hollande entend aller au fond des choses et pose la trame de son programme économique, déclinant cinq « mutations » pour un défi : « Il faut relever, créer davantage de richesses, de toutes natures […], donner à la génération qui vient un avenir qui soit meilleur que le nôtre… ». Pour ce faire, M. Hollande part d’un constat catégorique : « C’est la fin de l’économie sectorielle… » qui induit une nécessité. « Il faut créer une nouvelle économie, source de croissance… » Ce qui implique, selon lui, la « fin de l’État centralisé […]. Pour favoriser le développement et l’initiative, l’État n’est plus la forme appropriée […]. Il nous faut un État intelligent, pour libérer les énergies qui sont sur les territoires, avec une règle commune, car nous sommes une nation… »
Il en découle nécessairement, selon le démiurge Hollande, « la fin du tout marché ». Car ces sacrés marchés « ne sont pas capables de gérer le long terme […]. La nouvelle économie pourrait se développer sur le modèle des pôles de compétitivité… »
Corollaire de cette évolution, « la fin du modèle unique d’entreprise […]. Et si nous avons encore besoin de grandes entreprises compétitives à l’international, il ne faut pas qu’elles délocalisent, nous avons besoin aussi des PME sur le territoire. » Pour favoriser l’émergence de ces initiatives locales, François Hollande déclare : « Je suis favorable à un nouvel acte de décentralisation ». Tout comme il prône l’abandon de la réforme territoriale, qui doit intervenir en 2014.
Dernier constat hollandais, « la fin des ressources naturelles illimitées […]. L’écologie ne doit plus être une contrainte, il nous faut préparer l’économie zéro déchet en instaurant des notions de compétitivité mondiale… », notamment dans le domaine de l’agroalimentaire… Se pose enfin le problème du financement. « Il faut faire évoluer les critères et règles de financement, pour que les banques puissent prêter… » D’où l’idée, entre autres, d’un « livret d’épargne pour le développement durable […], pour que l’épargne reste et soit investie sur le territoire, affectée aux PME, à l’industrie… »
A la fin de sa démonstration, le député de Corrèze s’est malicieusement félicité de la jeunesse de la population française, et de sa démographie : « Si nous faisons plus d’enfants qu’ailleurs, c’est que nous avons plus confiance dans nos capacités… Alors raidissons-les ! », déclaration qui a suscité de rares sourires entendus dans la chaleur d’étuve qui régnait sous l’espace Muselet…
Après quoi, François Hollande, aux côtés de Jean-Paul Bachy, a expliqué être venu à Châlons « pour inventer un modèle de croissance avec les territoires […] car la croissance, ça va être le grand enjeu des prochains mois ». Campagne oblige, le challenger socialiste a suscité les bravos d’un auditoire tout acquis à sa cause, en plaçant son destin entre les mains du public : « Je n’ai été aujourd’hui qu’un grand témoin ; j’espère devenir un grand acteur, et cela ne tient qu’à vous… »

 


 

 

 

 

 

 

 

 

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