Publié le jeudi 14 juillet 2011 à 09H48 - Vu 614 fois
A la rentrée dans les Ardennes et la Marne, les étudiants suivront de nouveau une formation théorique et pratique.
CHAMPAGNE-ARDENNE. C'est dans les vieux pots qu'on fait les meilleures soupes. Confronté à la grogne des étudiants en IUFM, privés de stages de terrain depuis la masterisation de leur diplôme, le ministère de l'Education corrige le tir. Il lancera à la prochaine rentrée des masters par alternance. A charge pour les recteurs de le faire savoir, ce qu'a entrepris le nouveau patron de l'académie, Philippe-Pierre Cabourdin, le 4 juillet dernier. D'abord expérimental, le dispositif sera probablement appelé à être généralisé à la rentrée 2012.
En gros, on revient à l'ancienne formule (théorique et pratique), mais comme il faut bien se conformer aux exigences du master, on l'adapte a minima. « Les étudiants seront replacés devant les élèves une journée par semaine (vraisemblablement le jeudi) et de trois à quatre semaines entre février et mai », explique Gilles Baillat, le directeur de l'IUFM de Reims.
L'intérêt de l'expérience est à double détente. Pédagogique d'abord : « Le master par alternance sera un vrai master. Il sera même plus exigent que les autres puisqu'il s'agira aussi de faire ses preuves sur le terrain. »
Second intérêt, pécuniaire celui-là. Alors que les « anciens » étudiants en IUFM percevaient pendant leur année de stage 1.680 € par mois, leurs successeurs mastérisés se sont vu couper les vivres. Le master par alternance leur octroiera à nouveau près de 800 € mensuels. « Le compte n'y est certes pas mais c'est mieux que rien, alors que beaucoup d'élèves renonçaient à entreprendre une, voire deux années d'études supplémentaires, en cas de redoublement, faute de pouvoir les financer. »
Effondrement
Dans l'académie, seuls deux groupes de stagiaires du 1er degré (2 x 15) seront concernés dans la Marne et les Ardennes. Curieusement, la Haute-Marne n'a pas été retenue bien que le ministre de l'Education, Luc Châtel, en soit pourtant originaire. Le choix des Ardennes, où les difficultés de recrutement des candidats à l'enseignement se font cruellement sentir, est en revanche plus compréhensible.
« Il est clair que le master par alternance doit compenser dans certains départements l'effondrement du nombre de candidats aux concours. En moyenne française, ce nombre a été divisé par deux en un an. A Reims, par exemple, le nombre de candidats au Capes de physique-chimie est passé en deux ans d'une trentaine à huit cette année », note Gilles Baillat. La décrue est telle que certains Capes baisseraient même la note d'admissibilité au concours à 3 sur 20 !
Les candidats au master par alternance dans les deux départements sont appelés à se signaler au plus vite. Une commission paritaire (IUFM, inspections académiques) décidera de leurs affectations fin août. Enfin, le dispositif ne devrait pas coûter cher au ministère puisque les stagiaires IUFM serviront de moyens de remplacements des profs absents. Un déplacement de financement, en quelque sorte, qui donnera sans doute du grain à moudre aux syndicats enseignants.
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