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Football / Tonnel le buteur made in Champagne

Publié le mercredi 16 mai 2012 à 11H00 - Vu 335 fois



Sedan, Mouzon, Reims, Troyes ; en D1 ou en D2 : difficile de marquer autant une région que Gérard Tonnel…

IL est des carrières dont, le temps passant, on ne mesure plus l'impact. Celle de Gérard Tonnel, par exemple.
Le Marnais de Bétheny est certainement le seul à avoir porté les maillots de Sedan, Troyes et Reims, en D1 ou D2.
Moins « anecdotique », l'attaquant, né dans la Somme, a été désigné joueur n° 1 de D2 en 1972 (avec Mouzon) avant de terminer meilleur buteur (34) de la division (avec Troyes) la saison d'après.

Premier buteur au Parc

L'intéressé restera, par ailleurs, celui qui a inscrit le premier but français de l'histoire du nouveau Parc des Princes.
Le 25 mai 1972, en match de qualification pour les JO de Munich, les Tricolores, version amateurs, s'étaient inclinés 1-3 face aux Russes : « Blokhine avait marqué deux fois ».
Aujourd'hui, à 64 ans, « cassé un peu de partout » et obligé de renoncer à ses autres passions, le tennis (il fut 15/2 à l'Europe Reims) et le golf, Gérard Tonnel évoque plutôt ses blessures de guerre : « On m'a posé une prothèse du genou droit en 2003 ».
Une sélection en équipe de France sous l'ère Stefan Kovacs aurait pu récompenser cette carrière atypique, à une époque où il n'y avait qu'un remplaçant sur le banc (« Avant, c'était pire, encore, il fallait qu'il y ait un blessé ») et où l'on ne mutait pas aussi facilement. Gérard Tonnel est bien placé pour le savoir, lui qui fut victime d'un licenciement économique à Rennes. Où il eut juste le temps de croiser André Betta et Jean-Luc Arribart.
Recruté en octobre par le Stade de Reims après six mois de chômage et une opération au genou, l'ancien du Troyes Aube Football ne put disputer que les matches de D3 et de Coupe en rouge et blanc : « Pierre Flamion m'avait dit : on te reprend mais j'ai signé trop tard et je n'ai pas été qualifié. Pour mon deuxième match en réserve, je dois inscrire 4 ou 5 buts contre Amiens ».
Ces circonstances expliquent pourquoi le nom de Tonnel est moins lié au Stade qu'à Sedan et surtout Troyes, où le goleador de Champagne reste le meilleur buteur du club, en D1, avec Cheik Diallo.

« On monte quand on peut… »

Comme spectateur, celui qui est marié à Dominique, une Ardennaise, a plutôt ses quartiers à Sedan, au stade Louis-Dugauguez, un nom associé à l'époque des footballeurs ouvriers qu'il a connu aux Draperies, « avec un statut particulier », avoue-t-il. Et plus encore à Mouzon, le temps d'une saison en D2 (1971-72) :
« On faisait notre semaine de travail normale, chez Sommer. On avait cinq entraînements par semaine : trois le soir et deux le matin ».
« Je ne veux pas quémander de places. A Sedan, c'est simple. Le président Pascal Urano met une loge à disposition des anciens. Elle est gérée par Gérald Zamojski », reprend Gérard Tonnel.
Perrin, Brény, Tordo, Rolleri, Jean-Pierre Brion, Sinakowski… sont restés des « copains ». Au même titre que l'ancien Stadiste et Troyen, Henri Dumat, beau-fils d'Albert Batteux.
Le métier d'entraîneur, Gérard Tonnel n'y a goûté qu'une saison à Châlons (1981-80) : « J'ai succédé à Robert Jonquet. J'ai accepté d'être entraîneur-joueur en D3. C'était une vraie connerie ». Sa vie professionnelle, l'Albertin l'a terminée comme commercial dans l'entreprise ardennaise de métallurgie (*), Lipka, qui produisait entre autres « des piquets de vignes ».
Difficille de faire plus œcuménique en Champagne que Gérard Tonnel, doublement ravi, du dénouement de la L2 : « J'aurais pu faire le grand chelem si Sedan avait accompagné Reims et Troyes en L1. J'ai connu la période où les trois clubs étaient en D1 et Chaumont en D2. Le Nord-Est se réveille. On n'a rien à envier à Evian-Thonon ou Dijon. Il ne faudra pas se tromper dans le recrutement. De toute façon, on monte quand on peut, pas quand on veut ».

Jean-Pierre PRAULT
(*) Société dirigée par son beau-père.

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