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Fagnon (ardennes) / Abbaye des Sept Fontaines Les birdies de Michel Nicolle

Publié le dimanche 29 janvier 2012 à 12H00 - Vu 151 fois


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Avec près de 6 000 mètres de long, le parcours vallonné et technique attire de nombreux golfeurs.

Avec près de 6 000 mètres de long, le parcours vallonné et technique attire de nombreux golfeurs.


A l'abbaye des Sept Fontaines, le temps bonifie le paysage, les murs, le golf et la table. Du club-house aux salles de restaurant, les recettes d'un bon parcours conçu entre fairways et cuisine.

LES aristocratiques chats chartreux chers à la famille d'Yvonne De Gaulle continuent, imperturbables, leurs interminables balades autour du château.
A peine ont-ils un regard vers ces manants, chats de meunier, blanc et noir, venus d'ailleurs avec qui, désormais, ils partagent le pavé. Les poules naines attendent leur grain et dans son enclos l'alezan et son poney de compagnie guettent les visiteurs.
Les sept sources, qui jaillissaient, il y a bien longtemps, depuis la ferme, le potager, la cressonnière, le parc, de la Normandie ou des Quatre-Vents, et qui sont aujourd'hui captées et dirigées, se gonflent toujours au gré des pluies.
Le temps passe et le charme reste à l'abbaye des Sept Fontaines de Fagnon. Mieux, comme le bon vin dans les caves, il se bonifie.
Depuis 1997, date à laquelle Michel Nicolle et son épouse ont pris possession des lieux, le romantisme qui entoure ces lieux magiques s'est encore enrichi.
Le golf de 9 trous qui faisait déjà le bonheur des passionnés de la région s'est agrandi, en 2008, de neuf autres, posés sur le haut de la colline. Désormais, avec près de 6 000 mètres de long, le parcours vallonné et technique (il permet au golfeur de jouer tous les coups), agrémenté de quatre plans d'eau constituant des obstacles naturels de choix, fait figure de joyau, et attire les amateurs installés bien au-delà des limites de la Champagne-Ardenne.
Le parc ancré sur près de 60 ha aux points de vue étonnants, a même été récemment ré-étalonné et a vu son flop passer de 144 des blancs et 136 des jaunes. Ce qui offre quantité de coups rendus.
Un bonus qui ne manquera pas de satisfaire les joueurs soucieux d'améliorer leur handicap. Ici donc, le tourisme golfique se porte bien.
Cuisine raffinée
D'autant qu'il fait bon passer quelques jours blotti au creux des murs de l'abbaye qui ne demande qu'à raconter son histoire d'une richesse infinie, qui se confond souvent avec l'Histoire de France.
Les moines ne sont plus là, mais leurs cellules sont restées. Réaménagées, elles ont donné naissance à 23 chambres somptueusement décorées de meubles et d'objets anciens, qui offrent tous le confort moderne espéré. La cantine est fermée, mais la restauration de haut niveau s'est installée de pied ferme.
Michel Nicolle n'est pas l'homme d'une seule passion. Outre celles déjà évoquées (chats, chevaux), on peut noter son amour des boxers dans la catégorie des animaux.
Mais son moteur à lui, c'est la cuisine.
A l'instar de Marc Veyrat qui avait découvert l'art de la cuisine aux côtés de sa grand-mère, c'est dans les jupons de sa mère que le jeune Michel a découvert les épices de sa vocation, avant de côtoyer, au long de son parcours professionnel, des chefs de grand talent.
Une histoire de 35 ans d'amour qu'il a maintes fois remise sur les fourneaux pour en tirer le meilleur pour ses clients.
Depuis son arrivée à l'abbaye des Sept Fontaines, c'est en compagnie d'Eric Bronner qu'il a imaginé, créé et peaufiné, les mets les plus délicats.
15 ans de collaboration et de fidélité qui ont dû laisser la place à une autre histoire d'amour, celle du chef pour son épouse, qu'il a suivie à Nantes lorsqu'elle y a été mutée en septembre dernier par son administration. Michel est resté seul, mais la tradition gastronomique a été maintenue.
Le raffinement de la cuisine est demeuré le mot d'ordre. La ligne tracée est restée la règle, la qualité des produits variant au rythme des saisons. Ainsi, que ce soit dans les trois salles à manger ou en terrasse, Michel propose une cuisine qui se partage entre l'imagination et la tradition.
Une cuisine que l'on déguste juste parce qu'on en a envie, sans états d'âme, capable de combler les repères et les certitudes de toujours ou le désir de découvrir des horizons gastronomiques nouveaux.
Même le golfeur peut y trouver son compte. Dans une petite carte (qui n'est pas exclusivement réservée aux joueurs), on peut puiser des formules savoureuses à la mesure de son appétit et très accessibles financièrement.
Pour emprunter le langage des golfeurs, on dirait qu'avec son saumon mi-cuit/mi-fumé (maison), sa ravigote de betterave rouge à l'estragon, ses noix de Saint-Jacques dorées dans un velouté crémeux de cèpes au vin jaune, ou son craquant de jambon d'Ardennes, Michel Nicolle réalise birdie sur birdie pour rendre une carte exceptionnelle.
Christian CHARDON

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