Publié le dimanche 22 mai 2011 à 10H47 - Vu 131 fois
MOURMELON-LE-GRAND (Marne). Depuis hier matin et jusqu'à cet après-midi 16 heures, la préfecture organise à Mourmelon une session gratuite d'ateliers centrés sur la sécurité des motards, avec les meilleurs instructeurs.
DÉCOMPLEXÉS. Hier matin, les premiers motards venus tester leurs réflexes au cours de ce week-end de prévention se sont volontiers pliés aux exigences des instructeurs.
Il faut dire qu'une même passion anime les gendarmes de l'Escadron départemental de sécurité routière (EDSR) et leurs « élèves » d'un jour.
Tous sont motards dans l'âme. Dans ces conditions, l'uniforme n'est pas un obstacle. Le tutoiement prend même rapidement le dessus dans la conversation, sans que personne n'y trouve à redire.
Les mauvaises statistiques sont à l'origine de ces journées, désormais organisées dans le camp de Mourmelon, avec l'infrastructure du 4e Centre d'instruction élémentaire de conduite (CIEC).
29 motards tués sur les routes du département depuis 2007, dont 9 l'an dernier et 4 depuis le début de l'année, c'est beaucoup trop aux yeux du pôle sécurité routière de la préfecture.
Les motards n'ont pas à réserver, l'entrée est libre.
Ce dispositif gratuit reste rare en France. Chaque pilote est d'abord pris en charge au sein du CIEC pour un briefing théorique avant de passer aux ateliers pratiques avec sa moto. Freinage d'urgence, anticipation des actions, le rôle du regard, les inclinaisons de la moto, les demi-tours serrés, rien n'est laissé au hasard.
Le Moto Club d'Épernay offre également un contrôle des organes de chaque moto.
« Le permis moto impose 21 heures de conduite. Mais en 21 h il est impossible de savoir conduire » rappelle José Marcelli, chargé de mission sécurité routière à la DDT.
« Il s'agit ici de formations post-permis, et nous nous rendons compte que les motards, souvent, ne savent pas freiner » souligne ce spécialiste, lui-même motard inconditionnel. La prise de conscience est immédiate entre ce que chacun estime savoir faire et les résultats concrets sur les distances de freinage.
Or dans les collisions mortelles entre deux roues et voitures, une sur deux est liée à un mauvais freinage.
Et parmi ceux qui freinent, la moitié chute avant de taper contre la voiture, comme l'a rappelé le capitaine Philippe Sibille (EDSR). Les manœuvres d'évitement sont également mal maîtrisées. Un accident mortel sur cinq impliquant une moto et une voiture pourrait ne pas avoir lieu si le bon réflexe était appliqué en temps voulu par le motard.
À 50 km/h, il faut 8,5 m pour s'arrêter. Mais les distances s'allongent en fonction de la vitesse, et de l'effet de surprise lorsque survient l'obstacle.
La moyenne d'âge des motards est désormais plus élevée que celle des automobilistes. « Il est facile d'avoir 20 ans dans sa tête, mais le corps - lui - n'a plus les mêmes réflexes ! » commente, réaliste, José Marcelli. L'apprentissage organisé à Mourmelon est toutefois fortement conseillé pour toutes les tranches d'âge. Au moins 300 motards étaient attendus.
Sébastien LAPORTE
Accès libre (sans réservation) aujourd'hui de 9 à 16 h, salle Louisiane et au 4e CIEC à Mourmelon.
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site
















Les dernières contributions
HAWK51
je veille
22/05/2011 à 18h06
Alors là, c'est loin, et très loin d'être gagné pour certains. Je parle bien sûr en connaissance de cause, mais en étant aussi un amateur de moto, raisonnable, qui les observe agir sur les routes.