Publié le mardi 23 août 2011 à 09H37 - Vu 2709 fois
SFR a proposé un mois d'abonnement gratuit pour indemniser la plaignante. Insuffisant selon son avocat.
CHALONS-EN-CHAMPAGNE (Marne). Un numéro de téléphone portable attribué à deux personnes. Une mission intérimaire qui lui échappe, faute d'avoir pu être jointe à temps… Une Châlonnaise réclame plus de 200 000 euros à SFR en réparation du préjudice subi.
A 46 ans, cette Châlonnaise, mère de trois enfants, pensait bien être enfin sortie d'affaires. Elle est en attente d'une proposition d'une longue mission auprès de la société Air Liquide, basée à Vatry, pour laquelle elle vient d'enchaîner plusieurs missions intérimaires concluantes. De ce contrat doit déboucher un CDI. Un CDI qu'elle n'aura jamais, tout comme la mission intérimaire d'un an… Son téléphone portable ne sonnera jamais.
« La faute à la société SFR qui a attribué le même numéro de portable à un autre abonné », estime son avocat Me Emmanuel Ludot. De fait, la société Randstad, qui devait lui proposer la mission, n'a jamais pu la joindre.
« Pour moi, le préjudice est énorme. J'étais agent administratif et préparatrice dans une entreprise industrielle. Je venais d'effectuer un contrat d'un an. La société devait me rappeler en janvier 2011. Je n'ai jamais eu l'appel. Entre-temps, j'ai changé d'opérateur téléphonique. J'ai quitté Orange pour SFR qui devait conserver mon numéro initial », explique la plaignante.
« Ils ont fait une erreur et ont attribué mon numéro à une autre personne. Je n'ai pas eu d'appels pendant presque deux mois. J'ai perdu tout mon répertoire. J'étais enregistrée dans plusieurs agences intérimaires qui n'ont pu me joindre. Randstad a finalement proposé la mission à quelqu'un d'autre ! J'ai tout perdu dans cette affaire. »
Une faute contractuelle
La faute, commise par la société SFR, a été reconnue et avouée… Mais pour toute indemnisation, il lui a été proposé un mois d'abonnement gratuit. Insuffisant pour son avocat. « Elle a non seulement perdu une chance d'avoir une mission longue d'une année, mais elle a perdu également une chance d'être définitivement embauchée à l'âge de 46 ans. » Et d'établir une perte de revenus de 1 800 euros nets par mois pendant 12 mois, soit 21 600 euros. Sans compter « la perte de chance d'avoir pu être embauchée définitivement ». Une erreur que Me Ludot analyse en « une perte de pouvoir d'achat entre l'âge de 46 ans et 65 ans », l'âge de la retraite possible pour la plaignante… Soit une somme d'environ 200 000 euros qui sera réclamée.
Dénonçant « une faute contractuelle lourde de conséquences », Me Ludot a donc assigné la société SFR devant le tribunal de commerce de Châlons-en-Champagne, le jeudi 1er septembre à 17 heures.
Caroline GARNIER
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