Publié le mardi 31 janvier 2012 à 11H31 - Vu 18752 fois
REIMS (Marne). Depuis hier, la cour d'assises de la marne se penche sur le cas d'un SDF dont la compagne est décédée en juin 2007, à la suite de pratiques sexuelles particulièrement violentes. Il encourt 15 ans de réclusion criminelle.
ILS s'étaient retrouvés, comme ils en avaient l'habitude depuis peu, dans le parc d'Horticulture, connu sous le nom du parc des Mariés, en face du commissariat de Reims. Ils s'étaient laissés enfermer par le gardien, comme deux adolescents en quête d'intimité… et avaient eu des relations sexuelles sur un banc. Le 2 juin 2007, au petit matin, elle s'en est allée, lui disant « au revoir mon amour ». Il a regagné sa toile de tente, achetée 3 euros dans une brocante, qu'il avait plantée entre le canal et la voie ferrée. Elle est décédée trois jours plus tard des suites de leurs ébats.
C'est un homme perdu, les cheveux courts et le crâne dégarni, le regard vide, qui s'est présenté hier devant la cour d'assises de la Marne pour répondre de « violence ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
Sans domicile fixe au moment des faits, Gilles Govart, 50 ans aujourd'hui, fréquentait Bernadette Sartinari depuis février 2007. Il l'avait rencontrée au foyer Ozanam. Où ils prenaient tous deux leurs repas. Bernadette, âgée alors de 48 ans, avait perdu son mari au début de l'année 2007, un décès qui l'avait laissée très désemparée. Elle avait souffert d'alcoolisme et vivait dans un certain dénuement. A Reims, elle fréquentait souvent des marginaux, qu'elle rencontrait notamment en prenant ses repas au foyer Ozanam. Ses voisins vont décrire une femme psychologiquement fragile qui ne se plaignait jamais, ne disait jamais non, incapable de se prendre en charge.
Ce 1er juin 2007, c'est tout à fait consciemment qu'elle avait suivi son nouveau compagnon dans le parc des Mariés. Ils avaient d'ailleurs eu plusieurs rapports sexuels tout au long de la journée. Dans le parc, ils avaient ainsi discuté jusqu'à la fermeture, avant d'avoir un dernier rapport sexuel. Elle n'aurait émis aucun refus, même quand son compagnon va la sodomiser avec le poing, alors qu'elle était allongée sur un banc… Une sodomie violente dont elle décédera trois jours plus tard, le 5 juin à 8 h 10, victime d'un choc septique. Cette nuit-là, Gilles Govart lui a déchiré l'anus et le rectum.
A une voisine, elle dira simplement avoir mal au coccyx et au dos. A une infirmière, elle dira être tombée dans l'escalier… Elle sera finalement hospitalisée dans la nuit du 3 au 4 juin 2007 suite à une suspicion d'occlusion intestinale. Orientée en chirurgie digestive, elle ne survivra pas à l'opération.
L'autopsie révélera alors qu'elle est morte des suites d'une septicémie, conséquence de la surinfection d'une perforation rectale. Les médecins évoqueront « un anus en charpie », « un véritable carnage »… Elle n'aurait pourtant eu « aucune réaction » selon son compagnon, « juste un sursaut » qu'il verra comme un « léger obstacle et non un refus ». Pour lui, son long silence valait consentement. Il n'aurait pas eu conscience des souffrances qu'elle pouvait endurer. Il expliquait qu'elle « se montrait toujours passive lors de leurs rapports sexuels ». Les médecins évalueront à 10, sur une échelle de 1 à 10, les souffrances endurées.
L'instruction permettra d'établir que la victime présentait de son vivant une « psychose chronique ou une schizophrénie paranoïde » pour laquelle elle était suivie depuis 2002. Bien qu'elle eût un traitement qui lui permettait de mener une vie normale, elle était qualifiée de « vulnérable » par l'expert. Il expliquera en outre que la maladie dont elle souffrait ait pu l'empêcher d'exprimer sa souffrance…. Il dira surtout qu'une prise en charge plus rapide lui aurait sauvé la vie.
Depuis le début de l'enquête, l'accusé assure qu'il n'y a jamais eu de violence, encore moins de viol. « Elle était consentante », même s'il va reconnaître que « ce n'était pas à faire ». Astreint à un contrôle judiciaire depuis le 8 juin 2007, Gilles Govart, déjà condamné plusieurs fois pour des faits d'attentat à la pudeur et d'agression sexuelle, encourt quinze ans de réclusion criminelle.
Caroline GARNIER
Glissez cette image dans la barre des tâches pour épingler le site








Réagissez