Publié le jeudi 17 novembre 2011 à 10H57 - Vu 198 fois
Juste le temps de faire une « photo de famille » devant la préfecture, avant que les membres
CHAMPAGNE-ARDENNE. Une délégation du conseil syndical académique du SNPDEN devait être reçue en préfecture hier matin afin de déposer une lettre ouverte au préfet. Sauf que les chefs ont été vertement… chassés. La classe, l'Etat.
EST-IL autorisé de se regrouper et de parler devant les grilles de la préfecture à Châlons sur un trottoir public ? Visiblement non. Des « Sarko boys » ont sommé la délégation de déguerpir. Non mais.
Les chefs d'établissements et adjoints, représentants de l'Etat dans leurs lycées et collèges de l'Académie seraient-ils considérés comme du menu fretin devant les bâtiments classieux de… l'Etat dans la Marne et la Région ? Visiblement oui. Un comble dans une région d'où provient l'ancien DRH de L'Oréal, parce qu'il le vaut bien, devenu ministre de l'Éducation nationale, Sieur Luc Chatel.
Comme dans toutes les régions de France, une délégation du conseil syndical académique du SNPDEN (Syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale) devait agir dans le cadre d'une action nationale.
100 000 emplois supprimés
Hier donc, les membres dudit conseil, d'abord réunis afin de parfaire un courrier, s'étaient donné rendez-vous devant la préfecture à Châlons, afin de déposer une missive qui aurait dû être réceptionnée par le préfet ou l'un de ses représentants, c'est ce qui était prévu. Le recteur d'académie eut d'ailleurs copie de la missive par internet en direct live. Sauf que de rencontre avec le préfet ou l'un de ses sbires, il n'y eut pas : l'Éducation nationale se résumant aujourd'hui à tout va très bien Madame la marquise malgré ses suppressions de postes.
Hier, Philippe Labiausse, n° 1 académique du SNPDEN et ses collègues, ils étaient une bonne quinzaine, souhaitait déposer un courrier au préfet. Courrier dans lequel, les proviseurs, principaux et adjoints souhaitaient faire part de leur courroux, c'est peu dire : 100 000 emplois supprimés depuis dix ans sans aucune réforme structurelle, dégradation de 20 ans d'indécision aujourd'hui radicalisée et amplifiée par la politique de suppression de postes à tout va.
Préserver le minimum
Rien ne va plus dans les lycées et collèges de la Marne et d'ailleurs, les établissements se battent aujourd'hui « pour préserver leur minimum », concrétiser leurs ambitions pour les élèves mais sans personnel et avec des projets sans financements. Les chefs d'établissements du SNPDEN souhaitaient faire part de leur vécu, de leur crainte, de leur quotidien bousculé par les calculatrices gouvernementales demandant toujours plus avec toujours moins de moyens. Mais de l'efficacité, de la justice, de l'espérance et du bien vivre des élèves dont ils sont les garants dans leurs bahuts, ces chefs d'établissements n'ont pu s'entretenir avec un ou plusieurs représentants de l'Etat. Hier, c'est un comble, ce fut « Circulez » ! Tout était prévu mais pas le dépôt dudit courrier se fit à un planton. « Vous ne restez pas ici ! » Tels des bandits de grand chemin, les membres du conseil syndical académique du SNPDEN ont dû déguerpir sans pouvoir évoquer budget, moyens, avenir… Bel accueil de l'Etat en cette année 2011. Comment vas-tu ? Comme la République. Très mal.
David ZANGA
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