Publié le jeudi 18 novembre 2010 à 11H37 - Vu 114 fois
Des forages ont été réalisés dans la cour de récréation et sous les bâtiments afin de mesurer les pollutions du sol.
MARNE. Cinq mois après l'annonce de ce plan national de recherche d'éventuelles pollutions, les diagnostics viennent de débuter dans une dizaine des trente écoles et établissements scolaires listés dans la Marne.
FRANCHEMENT, on ne comprend toujours pas ce qui a incité le gouvernement à alerter et mettre en émoi les familles d'enfants en juin dernier ! Indiquer, à l'aube des vacances estivales (l'union du 22 juin), que plus de 1 500 établissements scolaires seront scrutés (dont 30 dans la Marne) pour rechercher d'éventuelles pollutions avant de fermer toute communication tient de l'acte pyromane.
Enfin, après des semaines de silence, voilà les premières analyses sur le terrain qui s'enclenchent. Ainsi, hier matin, les médias étaient conviés à assister à une deuxième phase de diagnostics au groupe scolaire Clovis-Jacquiert à Châlons.
Installée à côté d'une ancienne entreprise de groupes électrogènes, la cour de l'école s'est fait percer sous l'œil des objectifs alors que les micros tentaient de capter les souffles des matériels de captage de l'air. Un long processus qui peut s'étaler sur quatre mois pour le même lieu…
• Pour détecter quoi ?
Les établissements scolaires et les lieux recevant des enfants telles que les crèches sont parfois situés sur des emplacements dont l'historique n'est pas connu.
Dans le cadre du Grenelle de l'environnement, il a été acté de recenser ces écoles situées sur d'anciens sites industriels et de chercher la présence éventuelle de pollutions (hydrocarbures, solvants, produits chimiques…) dans ses sols et l'air de ses bâtiments. « C'est uniquement une anticipation gouvernementale », martèle Marie Lecuit-Proust, chef su service risques et sécurités à la DREAL de Champagne-Ardenne. Le principe de précaution joue à fond !
• Pourquoi ces établissements-là ?
Le BRGM (Bureau de recherches géologiques et minières) a décidé de commencer, selon une liste établie en amont d'après un inventaire sur documents (dévoilée en juin dernier), par les établissements accueillant les plus petits.
Néanmoins, lorsque cette école maternelle fait partie d'une cité scolaire comme hier à Clovis-Jacquiert, toutes les entités sont contrôlées.
De plus, les diagnostics sont réalisés lorsque les élèves ou enfants sont absents (vacances ou mercredi).
• Une recherche à l'aveugle ?
L'opération comporte trois phases qui s'étalent sur 17 semaines en cas de diagnostic complet.
Cela débute par un examen des archives, en croisant deux bases de données, et une visite du lieu. Ensuite, la deuxième phase, à laquelle les médias étaient conviés hier, est l'analyse de l'air dans le sol et les vides sanitaires. Des forages sont donc réalisés dans la cour de récréation et sous les bâtiments afin de mesurer les pollutions du sol. De l'air de ce forage est envoyé dans des tubes de charbons actifs qui seront ensuite analysés en laboratoire. Si aucun polluant n'est détecté, l'analyse s'arrête là. A l'inverse, une troisième phase est enclenchée, c'est l'analyse de l'air dans les classes.
Dans la Marne, les diagnostics se trouvent en phase 2 au maximum, dans l'attente des résultats des laboratoires.
• Et si de la pollution est présente ?
« Pollution ne signifie pas évacuation », a expliqué François Blanchard, responsable de l'unité sites et sols pollués au BRGM. En fait, trois niveaux de situation peuvent se présenter à l'issue du processus de diagnostics. Le plus simple, la catégorie A, les sols de l'établissement ne posent aucun problème. Fin du processus.
Ensuite, on va retrouver les écoles classées en catégorie B, celles pour qui les aménagements et les usages actuels permettent de protéger les personnes des expositions aux pollutions, que les pollutions soient potentielles ou avérées.
Enfin, les lieux figurant en catégorie C seront ceux où les diagnostics ont montré la présence de pollutions qui nécessitent la mise en œuvre de mesures techniques de gestion comme recouvrir ou remplacer les terres polluées, mettre en place une aération et/ou une ventilation des locaux, voire le traitement des pollutions ou la remise en état des bâtiments. Cela peut aussi aller, le cas échéant, jusqu'à la mise en œuvre de mesures sanitaires lourdes.
• Qui fait quoi ?
Le BRGM, qui agit pour le ministère de l'Ecologie, mandate un bureau d'étude chargé d'effectuer les prélèvements qui seront ensuite analysés par un laboratoire. Pour sa part, la DREAL, coordonne les opérations en région pour le préfet.
F.G.
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