Publié le vendredi 03 juin 2011 à 09H25 - Vu 169 fois
Philippe Martin, député de la Marne, a obtenu le soutien de Serge Poignant, président de la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale.
MARNE. Le Parlement a pris position : la France, par les voix de ses députés, suit Philippe Martin et vote pour la régulation du potentiel viticole.
«LE vin n'a pas de couleur politique. » Pour preuve, le député marnais UMP Philippe Martin a déposé conjointement avec sa collègue socialiste Catherine Quéré, une proposition de résolution européenne demandant que le régime des droits de plantation soit inscrit comme une règle permanente dans la politique agricole commune après 2013.
Après avoir été adoptée à l'unanimité des députés mardi par la commission européenne de l'Assemblée nationale, (l'union du 1er juin), la résolution européenne a été votée à l'unanimité mercredi en commission économique.
« Le Parlement français a pris position », se félicitait Philippe Martin à son issue. Ce souhait de réguler à nouveau les droits de plantation comme auparavant en fonction du marché, comme avant l'Organisation commune des marchés de 2008 à Bruxelles, sera transmis au ministre d'ici une quinzaine de jours et jusqu'au plus haut sommet de l'Etat.
« La France, ça y est », se réjouit le député marnais.
C'est une première étape franchie, mais la bataille n'est pas gagnée bien que la décision soit souhaitée par 14 états européens sur 27.
« Nous allons, nous les députés français, sensibiliser tous les députés européens français et leur faire part de notre proposition pour qu'ils fassent leur travail. » Pour Philippe Martin, ce travail consiste à influencer les 27 états membres avec l'argumentaire joint à la proposition de résolution européenne.
Avec la réforme de l'OCM en 2008, l'Union européenne a programmé la fin du régime des droits de plantation à compter du 1er janvier 2016, les états membres conservant la possibilité de les maintenir jusqu'en 2018.
Influencer Bruxelles
« Cette suppression mettrait gravement en danger la viticulture française et européenne, en créant le risque de délocalisation des vignobles vers des états ou des zones aux coûts de production plus faibles, de dégradation de la qualité des vins et de détournements de notoriété des appellations d'origine protégée. Elle aurait en outre des conséquences négatives sur l'emploi, l'aménagement du territoire, les paysages et le tourisme liés à la viticulture européenne », brosse le député marnais.
Les conséquences seraient un déséquilibre entre l'offre et la demande. Le détournement de notoriété ferait que l'on pourrait exploiter un vignoble à l'intérieur même d'une appellation. Des délocalisations avec dommages collatéraux, entraînant problèmes d'emploi et même, la disparition des petites exploitations.
« Cette décision de la fin du régime de droits de plantation est calquée sur le modèle du Nouveau monde : Australie, Argentine », regrette Philippe Martin. « Ils sont en crise aujourd'hui, notamment l'Australie : d'où des interrogations sur le bien-fondé de ce système de libéralisation total. »
Et de fédérer : « Il faut que tout le monde y mette du sien, les syndicats des vignobles, la CNAOC*…» Lui-même est leur représentant dans le groupement des AOC pour la France.
C'est pourquoi après Bruxelles la semaine passée, il sera au Parlement de Strasbourg la semaine prochaine.
« Nous souhaitons que le conseil européen revienne sur cette décision. »
Fabienne NOUIRA-HUET
* Confédération nationale des appellations d'origine contrôlée
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