Publié le mardi 26 juin 2012 à 09H26 - Vu 123 fois
Vincent Steinmetz, directeur de Carinna, agence qui tisse le lien entre les entreprises et la recherche.
REGION. Carinna, c'est l'agence champardennaise qui s'est donnée pour mission de tisser des liens entre le monde des entreprises et celui de la recherche publique.
Elle doit aider les entreprises à innover et conquérir de nouveaux marchés. À l'occasion de son assemblée générale, mardi dernier, son directeur Vincent Steinmetz a fait le point sur les activités de l'agence qui a accueilli sept nouveaux projets en incubation l'an passé.
Les innovations ne sont pas forcément du domaine technologique
Y a-t-il un changement de mentalité des entreprises vis-à-vis du monde de la recherche et des universités souvent taxé d'être inadaptées aux besoins réels ?
Les chocs de 2008 et 2010 ont montré que l'innovation est la clé de la survie d'une entreprise à terme. On voit que celles qui ont le mieux résisté sont celles qui sont entrées dans ces mécanismes. L'évolution de la structuration des entreprises est importante aussi. On a mis en place l'année dernière une action qui vise à renforcer le capital humain dans les entreprises. Cela permet à des stagiaires de masters ou des doctorants d'intégrer plus facilement des entreprises. Si le stage se passe bien, le projet se développe, ils seront recrutés et continueront à travailler de manière naturelle avec leurs laboratoires d'origine.
Quels projets portés par Carinna sont aujourd'hui en train de décoller ?
Deux entreprises se développent de manière intéressante. L'une a été créée par un doctorant de l'Université technologique de Troyes qui a décidé de créer une entreprise à partir du sujet de sa thèse. Il vend aujourd'hui des logiciels qui permettent d'optimiser la sécurité dans les stades ou dans les enceintes de spectacle. Il a décroché un premier contrat à Valenciennes. Autre exemple, celui de Nexxtep qui développe des logiciels pour optimiser le circuit des convoyeurs de fonds en fonction des niveaux de remplissage des distributeurs de billets.
La domomédecine reste un thème fort de votre activité ?
Oui. Nous portons un projet visant à mettre en place en Champagne-Ardenne une expérimentation sur dix mille patients que l'on va accompagner sur diverses pathologies comme le diabète, les maladies cardio-vasculaires ou neurodégénératives comme Alzheimer. Ces personnes seront suivies médicalement à domicile tout en gardant un lien avec le personnel de santé.
En la matière, la période récente a été riche de bonnes nouvelles…
Oui. Un projet, porté par Axon'cable, a été retenu dans le cadre des Investissements d'Avenir. Il vise à accompagner la télémédecine du travail et les dispositifs de suivi du diabète. Il s'agit aussi de voir si ces dispositifs sont viables économiquement.
Un deuxième projet, porté par Altran, en partenariat avec Axon'cable, les universités de Troyes et Reims, vise à développer des systèmes d'information de voix, de données et d'images, liés à l'accompagnement des soins. Enfin, nous allons travailler avec une dizaine de partenaires européens pour savoir comment les différentes régions d'Europe mettent en place localement des dispositifs de domomédecine.
Et quelles seront les priorités de demain ?
Nous avons une démarche de prospective pour identifier des sujets clés pour l'avenir. Elle concerne les nanotechnologies, la sûreté et la sécurité des systèmes, l'énergie-environnement ou encore l'innovation sociale. On va aborder aussi des innovations qui ne sont pas forcément du domaine technologique. On peut faire de l'innovation dans l'attractivité du territoire ou dans la manière dont les entreprises coopèrent entre elles. Dans l'incubation ou la domomédecine, on est sur des projets déjà lancés. Mais là on prépare les projets de demain.
julien bouillé
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