Publié le mardi 22 novembre 2011 à 10H50 - Vu 1138 fois
Arrivée des frères Klatt à l'audience correctionnelle de Reims hier après-midi.
REIMS (Marne). Ils avaient été interpellés en possession de 848 bouteilles dérobées à la distillerie Guillon en octobre dernier. Les frères Klatt ont écopé de prison ferme, la « non-concubine » de l'un d'eux s'en sort avec du sursis.
TÊTES basses, mains croisées dans le dos, Jimmy et Marcel Klatt sont bien embarrassés. Ils doivent s'expliquer sur le recel de 848 bouteilles de single malt de la Montagne de Reims, des bouteilles dérobées à la distillerie Guillon le 18 octobre dernier à Louvois à l'occasion d'un vol par effraction et avec violence, mais dont ils assurent ne pas connaître la provenance.
Les propos sont confus, les versions divergent… Les deux frères, qui n'auront pas un regard l'un pour l'autre, sont d'autant plus embarrassés qu'ils comparaissent en état de récidive légale et encourent une peine plancher de deux ans.
Alors, lorsque Marine, 19 ans, la compagne de Marcel, avoue reconnaître qu'elle savait que les bouteilles étaient volées, que son beau-frère, Jimmy, lui a demandé - deux jours avant que le vol ne soit commis - de bien vouloir lui prêter sa cave… un sentiment de malaise s'installe entre les prévenus.
Marcel, 31 ans, va alors nier être le compagnon de la jeune femme, avec qui il a eu un enfant. Il indiquera qu'elle n'est plus « son amie, que son frère ne lui a jamais demandé de stocker les bouteilles dans la cave de celle-ci »… Il sait pertinemment qu'il ne peut être accusé de recel si ce n'est pas sa cave. Au regard de son casier - 18 mentions - on comprend mieux son intérêt à n'être impliqué en rien dans cette affaire.
Achetées 8 euros, revendues 15 euros
Hier, à la barre du tribunal correctionnel de Reims, Marine, une jeune femme au visage poupon, au regard perdu, dont c'était la première comparution, a assumé seule ses responsabilités. Elle sait qu'elle a hébergé des bouteilles provenant d'un vol… Elle voulait juste « rendre service ».
Son beau-frère, Jimmy, 25 ans, va également reconnaître sa part des responsabilités. Il va, de façon évasive, sans dire comment il est entré en possession des bouteilles, ni à qui il voulait les revendre, reconnaître qu'il a demandé à Marine de lui prêter sa cave, qu'il voulait revendre - à l'unité - 15 euros des bouteilles qu'il avait achetées 8 euros… Des bouteilles dont la valeur moyenne sur le marché est de 47 euros. On ne connaîtra pas en revanche le nombre d'unités ainsi écoulées.
Dans cette affaire, on ne sait d'ailleurs toujours pas ce que sont devenues les 2 000 autres bouteilles manquantes. Seulement 848 exemplaires sur les 3 000 volées dans la nuit du 17 au 18 octobre ont en effet été retrouvés dans la cave de la jeune femme… L'équivalent d'une tonne de marchandises. Laurent De-Caigny, procureur-adjoint, a assuré que l'enquête se poursuivait et que les noms des auteurs de ce vol seraient prochainement connus.
En attendant de retrouver les voleurs, il a requis de lourdes peines pour les trois receleurs : dix-huit mois avec sursis pour Marine, deux ans dont neuf mois avec sursis pour Jimmy et deux ans dont dix-huit mois avec sursis pour Marcel… avec interdiction de séjour dans la Marne pendant deux ans pour les deux frères. Le tribunal s'est montré moins clément à leur encontre : deux ans de prison ferme pour les deux frères avant maintien en détention, dix-huit mois avec sursis pour la concubine.
Caroline GARNIER
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