Publié le lundi 31 octobre 2011 à 10H42 - Vu 851 fois
Les étudiants galèrent, ce n'est pas nouveau. Pour d'autres, la vie devient carrément le bagne.
REIMS (Marne). Tout le monde n'a pas le privilège d'être à Sciences Po. La majorité des étudiants de la ville font le dos rond face à la crise. Et se débrouillent pour joindre les deux bouts.
UN petit boulot par-ci, un plat de pâtes à l'eau par-là, le monde des étudiants n'évolue toujours pas dans le bon sens. En effet, il y a encore une dizaine d'années, la galère était là. Mais aujourd'hui, la galère vire au bagne pour des centaines de jeunes qui arpentent, chaque jour, les couloirs du campus Croix-Rouge notamment.
Les soucis des étudiants sont multiples. Avec, pour dénominateur commun, des problèmes de trésorerie.
En France, et la Marne n'échappe à cette statistique, un étudiant doit se débrouiller avec 582 euros en poche chaque mois. Son premier poste de dépenses est bien évidemment le logement. Suivi de très peu par la nourriture. Devant les difficultés croissantes auxquelles doit faire face la gent estudiantine, une banque alimentaire spécialement dédiée aux jeunes a été mise en place, l'Aserca (l'association de solidarité des étudiants de Reims Champagne-Ardenne). Et heureusement qu'elle existe. Rue Ledru-Rollin, les étudiants qui en franchissent la porte sont de plus en plus nombreux.
Pas de pognon : mauvaise nutrition
Comme Mickaël, 19 ans, à peine arrivé dans la cité des sacres. Et qui a un budget très limité. « Mes parents ne roulent pas sur l'or. Et mon loyer me coûte 310 euros. Il me reste entre 150 et 200 euros pour finir le mois. J'avais honte au départ de pousser la porte de cette épicerie pour étudiants. Mais si elle n'était pas là, je pense que je ne mangerais qu'un jour sur deux. Ou bien que je ne paierais mon loyer avec beaucoup de retard. »
Comme lui, ils sont plusieurs dizaines, les vendredis soirs, à faire la queue, un sac plastique à la main, pour se ravitailler. « Sans compter que l'on peut manger autre chose que des pâtes et du riz. Quand on n'a pas de pognon, on met de côté la nutrition. L'équilibre alimentaire, on s'en fout quand on se trouve dans la panade. »
Les cinq fruits et légumes par jour sont donc bien loin.
À l'instar de Mickaël, ils sont des centaines à ne pas avoir droit aux bourses, à cause des revenus de leurs parents. Mais Émilie, en deuxième année au Moulin de la Housse, avoue avoir été « chassée, quasiment reniée » par ses parents, il y a quelques semaines. Elle n'était pas éligible aux bourses. Elle se retrouve aujourd'hui sans soutien de la part de sa famille. Et sans aides du Crous.
Dès la semaine prochaine, elle va partir en quête d'un petit boulot les soirs, dans un fast-food de l'agglomération, par exemple. À Reims, l'Urca représente plus de 20 000 étudiants. De source officieuse, certains estiment que près de trois étudiants sur quatre avouent « mal », voire « très mal », manger ou carrément pas manger du tout, s'ils veulent continuer à payer leur logement.
La réunion des campus (ceux du Moulin de la Housse et de Croix-Rouge) est prévue. Mais comme à chaque fois, il faudra que les constructions de logements destinés aux étudiants suivent.
Thomas DUPRAT
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