Publié le mercredi 02 février 2011 à 09H20 - Vu 1645 fois
Pour Me Chemla, l'avocat de Patricia, la jeune fille n'était qu'une « adolescente amoureuse et non la complice de Patrick Barnault ».
REIMS (Marne). Hier, les experts psychiatres ont présenté Patrick Barnault comme un pervers sexuel, capable de récidiver. Et de tuer…
HIER soir, « l'énigme » Barnault n'avait pas encore livré tous ses secrets. Pourtant, une partie du voile a été levée, au second jour de son procès pour viol. En 2007, deux adolescentes de 13 et 15 ans avaient été enlevées sur le chemin de l'école dans le quartier des Châtillons à Reims, avant d'être violées et séquestrées durant plusieurs heures. (voir l'union de mardi). Si les victimes n'avaient pas pu identifier leur agresseur, les indications précises fournies à la police avaient abouti à l'interpellation de Patrick Barnault.
Mythomane et psychopathe
Après avoir nié les faits qui lui étaient reprochés, l'homme avait fini par reconnaître l'enlèvement, le viol et la séquestration des deux jeunes filles. Finalement, le Rémois était revenu sur ses aveux. À l'époque, il n'avait pas hésité à mettre en cause, sa petite amie, âgée tout juste de 16 ans. Cette dernière doit d'ailleurs répondre de complicité devant la cour d'assises des mineurs où tous les deux sont jugés depuis lundi au cours d'un procès public.
« Ce n'est pas moi ! Je n'y étais pas ! » Deux jours d'audience et pourtant, Patrick Barnault n'en dira pas plus. L'accusé clame son innocence.
Pourtant, le témoignage des psychiatres a révélé, mardi une partie de la personnalité de Patrick Barnault peu recommandable.
« Patrick Barnault est clairement ce que l'on nomme un pervers sexuel », considérait hier, le docteur Ploye qui a mené une expertise sur l'accusé alors que celui-ci se trouvait en détention provisoire. Lors de cet entretien, Barnault confiera au psychiatre avoir croisé Michel Fourniret à la prison de Châlons-en-Champagne.
L'expert admet à la barre, « avoir rarement rencontré quelqu'un d'aussi structuré dans sa perversion sexuelle chez un homme si jeune ».
« Mythomane et psychopathe ». Le psychologue qualifiera ainsi l'accusé. Alors quand on le questionne sur le risque de récidive, l'expert semble catégorique. « Il a déjà récidivé avec ce second viol. Mais bien sûr qu'il est capable de récidiver ».
L'expertise psychologique réalisée par le docteur Ploye met en évidence chez Patrick Barnault, une tendance à la manipulation de l'autre.
Dans le box des accusés, Patrick Barnault semble sortir de sa léthargie dont il fait preuve depuis deux jours.
À plusieurs reprises, il s'adresse à son avocat, Me Miravete.
« Monsieur Barnault sortira un jour de prison, l'injonction de soin semble plus qu'indispensable », conclut le docteur Ploye.
Place aux questions. L'avocate générale interpelle l'expert : « Aurait-il pu tuer ses deux victimes ? »
Il n'a pas agi sur une pulsion
Sur le banc de la partie civile, la maman de l'une des deux adolescentes verse quelques larmes.
« Un violeur n'est pas forcément un tueur », expose le docteur Ploye. « Il ne tue que dans un contexte utilitaire. Les deux victimes n'ont pas eu un comportement qui lui a donné envie de tuer. Pourtant, on ne peut pas l'exclure… »
La représentante du ministère public pousse plus loin la réflexion. « Patrick Barnault enlève ses victimes sur la voie publique. Dans ce cas-là, peut-on parler de prédateur ? ».
Lors du premier enlèvement, le violeur avait caché une poubelle pour y transporter sa victime.
Le scotch qui a servi à lui coller la bouche, le fil de fer qui entravait ses pieds et ses mains avaient été soigneusement préparés par le ravisseur. « Il est évident que dans ce cas précis, il est impossible d'évoquer une pulsion de la part du violeur ».
Pour un autre expert, « Patrick Barnault est accessible à une sanction pénale, mais est difficilement curable et réadaptable ».
Ce matin, Patrick Barnault sera interrogé une dernière fois sur les faits par le président de la cour d'assises. L'accusé saura t-il saisir l'occasion de s'expliquer enfin sur les faits pour lesquels il encourt 30 ans de réclusion criminelle.
Corinne LANGE
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