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Cinq ans avec sursis pour viols et violence sur sa femme

Publié le samedi 01 octobre 2011 à 10H23 - Vu 523 fois



CORMONTREUIL (Marne). « J'aimais trop ma femme, je ne me serais pas permis de la toucher. Je l'aime toujours. » En dépit de ses dénégations, Gérard Laprun, 60 ans, a été reconnu coupable de violences et de viol sur sa femme et condamné à cinq ans d'emprisonnement avec sursis.

Hier, tout au long de cette deuxième journée d'audience, l'accusé n'a eu de cesse de nier les faits, tous les faits. Il n'a jamais touché sa femme, n'a jamais porté la main sur elle… Il l'aimait « bien trop pour ça ». Il a bien vu les bleus, les ecchymoses sur son corps, mais « il ne comprend pas ».

Devoir conjugal

S'il reconnaît que les sodomies, fellations et usage d'objets n'avaient pas cours avant sa retraite, il assure « qu'elle était d'accord. Ma femme était consentante. Elle ne s'est jamais rebellée… Je ne l'ai jamais giflée pour avoir des relations sexuelles. Je ne lui ai jamais tiré les cheveux… ». L'usage du concombre ? « C'était une blague, une mauvaise blague. » Une autre blague que de vouloir la prostituer…
Pour autant, alors que son conseil Me Chemla tente de connaître la véritable position de Brigitte Laprun - était-elle résignée ou vraiment violentée -, elle réaffirme son refus de telles pratiques. Elle le répète : « Je ne vais pas nier les violences, puisqu'elles sont vraies ! »
Était-elle consentante ? Y a-t-il eu viol ? C'était là tout l'enjeu du débat… Pour Me Patrice Brassens, l'avocat de Mme Laprun, la résignation de sa cliente s'explique tout logiquement. « Elle est d'une autre génération. Elle s'est mariée par amour et pour la vie. Elle a vécu ses violences, ses agressions sexuelles en se disant, 'moi je suis mariée pour le meilleur et pour le pire'. C'est une femme sous l'emprise totale de son mari. Elle était dans la totale incapacité à se rebeller, l'expert psychologue l'a indiqué… L'esprit du devoir conjugal est bien inscrit.
« Ce qui a bouleversé l'équilibre du couple, c'est la retraite de monsieur. Sa sexualité va se libérer, se lâcher… Il va lui imposer des fellations, des sodomies avec des objets. Elle ne voulait pas, elle disait non… C'est ce qu'on qualifie de viol. » Et d'évoquer « une violence au quotidien banalisée. L'élément déclencheur, la goutte d'eau, c'est cette soirée du 8 septembre où il lui a dit, je vais te mettre sur le trottoir ».
Sur le départ de Madame, Me Brassens rappelle les nombreuses versions avancées par l'accusé, « preuve qu'il ne faut pas s'y fier ». Il présente le certificat médical attestant des coups… Coups qu'il n'aurait jamais portés ?
« Monsieur Laprun est un menteur et il nie les évidences. Il répond à côté des questions. Il varie sans cesse dans ses dépositions, sur les faits, sur les circonstances… Ses déclarations ne tiennent pas la route… Il voulait tenir et humilier sa femme jusqu'au bout. Elle a vécu un calvaire, un enfer. ».
Un dossier difficile
Pour le ministère public, il s'agit d'un « dossier difficile à appréhender », mais de « façon objective », l'avocat général Laurent De Caigny « ne croit pas à la théorie du complot ». Il a la « certitude qu'il y a eu des violences conjugales », même si le dossier d'enquête s'est révélé « incomplet. Il y a un moment où les violences morales, physiques, psychologiques, ça commence à bien faire ». Il a également la certitude qu'il y a eu viol. « La contrainte, la violence est caractérisée… mais il ne la torturait pas. Le viol et la violence sont acquis. Ça, ça ne rentre pas dans ce qu'on appelle aimer l'autre pour le meilleur et pour le pire. » Et de requérir cinq ans d'emprisonnement avec sursis.
À l'heure de plaider pour son client, Me Gérard Chemla déclare « avoir, depuis deux jours, un peu honte de la justice criminelle. Depuis deux jours, vous êtes saisis du divorce des Laprun. On vous a déversé trente-quatre ans de vie de couple en vous transformant en juges d'un divorce… Je prétends que nous ne sommes pas ici devant un problème criminel. Est-ce devant une cour d'assises qu'on doit juger du fonctionnement sexuel d'un couple, aussi lamentable soit ce fonctionnement ? »
Les violences, tout comme le viol, ne sont pour lui pas avérés. « On a un couple qui fonctionne sous un rapport sadomasochiste. Nous n'avons pas la preuve de l'absence de consentement. Dans cette affaire, on ne peut pas se contenter de la parole de l'un contre celle de l'autre… et tout le reste, ça ne nous regarde pas. » Et de plaider l'acquittement de son client
Hier, en toute fin d'après-midi, après un court délibéré, les jurés ont reconnu Gérard Laprun coupable des faits de viol et de violences, non coupable des faits de tortures et d'actes de barbarie. Ils ont suivi les réquisitions de l'avocat général en le condamnant à cinq ans de prison avec sursis, trois ans sous le régime de la mise à l'épreuve, ainsi qu'une obligation de soins.
Caroline GARNIER

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jeanmich14

01/10/2011 à 13h14

5 ans de prison avec sursis ,comme ça il pourra recommençait avec une autre dans 1 an ou 2

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