Publié le samedi 04 février 2012 à 12H00 - Vu 599 fois
Les SDF sont assez peu nombreux à Epernay.
ÉPERNAY (Marne). Des jeunes sans domicile fixe dorment dans des squats cet hiver, malgré les températures extrêmes. Couvertures et réchauds permettent de survivre.
CHRISTOPHE a 35 ans. Ce soir, comme tous les soirs et malgré le froid, il passera la nuit dans un squat rue Jean-Jaurès. Avec un autre compagnon d'infortune, il cherchera de la chaleur autour d'un vieux réchaud à gaz. « Ça va pour nous, on a des couvertures, on n'a pas de vent on est bien. Quelqu'un nous a dépannés en gaz. Il fait peut-être froid dehors mais pour nous, ça va », dit-il. Se plaindre, ce n'est pas vraiment son genre. Ou peut-être n'en a-t-il plus la force. Au moins mange-t-il à sa faim, à l'accueil de jour, le midi, rue Henri-Martin. « Le soir on se débrouille », glisse-t-il.
« Le 115 tous les jours »
La rue, c'est son quotidien depuis quelques années. Depuis combien de temps ? Il ne sait plus vraiment. « J'étais de Montpellier, je suis monté pour faire les vendanges et parce que j'avais de la famille ici ». Et puis la dégringolade. Manque de ressources. Puis de logement. Aujourd'hui sans domicile, impossible de travailler. « Le pire c'est que je pourrais si j'avais quelque part où dormir », assure-t-il. Car Christophe affirme avoir envoyé une demande pour un logement il y a deux mois. « C'est long. C'est l'administration. ». Il a l'impression de ne pas être dans les petits papiers des services sociaux. Il évoque des « problèmes avec son chien ». En attendant pour dormir au chaud c'est « le 115 tous les jours… tous les jours… tous les jours… Mais on nous propose d'aller dormir à Reims et il faut y aller par nos propres moyens », affirme le jeune homme. Alors il préfère « le squat, du coup ».
Pendant que Christophe s'épanche, son camarade de galère mendie quelques pièces. Il refuse en revanche « de parler à la presse ». Pas confiance. Il profite du passage d'une femme pour s'éclipser et mendier une autre pièce. C'est un échec. « Les gens donnent peu », commente Christophe.
Les SDF identifiés
Des cas comme ceux-là sont rares à Epernay. Pour Martine Pesquier du club de prévention, « il y a trois personnes bien identifiées, qui dorment sans abri à Epernay ».
Non pas à cause d'un manque de solutions, mais selon elle « à cause de problèmes comportementaux, parce qu'ils refusent les aides ou refusent les règles ». Le tout sur un fond de forte désocialisation et bien souvent d'addictions.
Les services sociaux savent où trouver ces SDF dans la rue. Alors que le niveau 3 du dispositif hivernal vient d'être activé par le préfet, des maraudes quotidiennes, assurées avec la Croix-Rouge permettent de garder le contact. « Si on ne les voit pas là où ils sont habituellement, on va à leur rencontre », assure Martine Pesquier. Du lien est créé également à l'accueil de jour où les repas chauds sont pris le midi, où les douches sont possibles.
La mission des travailleurs sociaux est aussi de prendre en charge les nouveaux nécessiteux qui peuvent apparaître même en hiver alors que les expulsions sont suspendues. « Il suffit qu'un jeune soit en rupture avec sa famille pour qu'il se retrouve dehors », nous explique-t-on.
Autre cas possible, et même fréquent « ces personnes qui prennent le train, le Paris-Strasbourg, sans billet et qui se font débarquer à Epernay ». Dans ces cas-là, les logements d'urgence, hiver ou pas, permettent de gérer la situation immédiatement.
Fabrice ALVES-TEIXEIRA
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