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CCI / Dans les coulisses du pouvoir consulaire

Publié le lundi 13 septembre 2010 à 10H25 - Vu 313 fois


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La concentration des moyens après lesquels devront  courir les chambres territoriales, celle de Reims notamment,  se situe désormais au niveau régional.

La concentration des moyens après lesquels devront courir les chambres territoriales, celle de Reims notamment, se situe désormais au niveau régional.


RÉGION. La réorganisation du réseau consulaire induite par la réforme de 2010 donne un nouveau pouvoir à l'échelon régional. Les élections de novembre suscitent donc un intérêt renouvelé. Face à François Cravoisier, président sortant en Champagne-Ardenne, le nom de Bernard Mary, ex-banquier vert, est souvent cité, avec le soutien supposé de Catherine Vautrin.

LA réforme du réseau des chambres de commerce et d'industrie, votée en juillet dernier, crée une nouvelle hiérarchie au sommet de laquelle on trouve les Chambres régionales (CRCI), nouvelles détentrices de compétences stratégiques, la collecte de la ressource fiscale auprès des entreprises et la gestion du personnel. En d'autres termes, la concentration des moyens après lesquels devront courir les chambres territoriales, celle de Reims notamment, se situe désormais au niveau régional et c'est donc là que se trouve le « pouvoir ». Bien évidemment, cette perspective aiguise les ambitions, car l'économie, par nature, est proche de la politique.
Et sur Reims plus qu'ailleurs, le politique est au fait de la réforme, c'est en effet Catherine Vautrin, député de la Marne, qui était rapporteur du projet de loi à l'Assemblée nationale. Décideurs et politiques savent donc très bien que dans le nouveau contexte, le budget des Chambres est désormais discuté et voté à l'échelon régional, de même que leurs stratégies d'action. Quand on dispose d'un tel bras de levier sur le développement économique régional, il va sans dire que l'on détient un réel avantage politique sur le terrain de l'emploi et de la clientèle, au sens latin du terme. S'agissant de la Chambre régionale de commerce et d'industrie (CRCI) de Champagne-Ardenne, l'hypothèse d'une candidature du talentueux Bernard Mary, soutenue par Catherine Vautrin, avec dans le collimateur, à la fin de l'envoi… la mairie de Reims, serait un secret de Polichinelle. Mais encore faut-il effectivement se déclarer, figurer en bonne et due forme sur une liste et… être élu. Si M. Mary a précédemment admis avoir été approché et s'intéresser à la chose, s'il a confessé son ambition dans quelques cénacles initiés aux mystères consulaires, il n'a pas encore procédé à son « outing ». L'éventuelle irruption dans le jeu politique régional et rémois de l'ex-directeur général délégué de Crédit agricole SA, s'inscrirait donc dans une stratégie à trois temps : soutien d'un syndicat patronal, participation à une liste, désignation par ses pairs à l'issue des élections.
Un « banquier » à la tête de la Chambre
S'agissant des soutiens nécessaires, une fraction du Medef lui serait actuellement favorable, mais pas la CGPME ni l'UPA… Nombreux sont ceux qui verraient d'un mauvais œil un « banquier » à la tête de la Chambre. Face à Bernard Mary et son MBA (Master of Business Administration) made in « Chicago Booth School of Business » - ce qui laisse présumer d'un haut niveau en langue anglaise ou américaine, sanctionné par un « test » ad hoc - il y a du beau monde : François Cravoisier, président de la Chambre de Commerce et d'Industrie de Reims et Epernay (CCIRE) et de la CRCI qui pourrait avoir à gérer sur sa propre liste Medef la présence de l'ex-banquier « vert », Géraud Spire, le président de la CCI des Ardennes ; et qui sait, Dominique Lemelle, président de la CCI de Troyes, la Mecque des andouillettes.
Si François Cravoisier peut prétendre à se succéder à lui-même, et dans la pratique postuler à de plus hautes responsabilités encore du fait des compétences nouvelles de l'échelon régional, ses mandants voient d'un mauvais œil son colistier par trop voyant en termes d'ambitions et de dépendances, sans parler du rôle qu'il pourrait jouer dans le jeu de chaises musicales consulaire. Car si M. Cravoisier est élu à la présidence de la CRCI nouvelle formule, il devra laisser la place sur Reims-Epernay, à l'un de ses colistiers…
Dossier Philippe LE CLAIRE
La suite de ce dossier dans l'union-Eco de demain.

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