Publié le lundi 05 septembre 2011 à 06H56 - Vu 1498 fois
Pascal Foucher, « l'expert en gourmandises », n'est pas d'une nature à baisser les bras.
REIMS (Marne) Les Rémois le connaissent comme celui qui a repris et développé l'enseigne Fossati, jusqu'à obtenir la reconnaissance suprême du meilleur commerce de France. Loin de tout cela, Pascal Foucher mène aujourd'hui un combat contre le cancer et lance un cri d'alarme. À ce jour, on lui refuse le seul traitement qui pourrait endiguer la maladie.
MAINTENANT, c'est juste « le combat d'un mec ». Il y a d'abord la guerre que Pascal Foucher a déclaré au cancer il y a des années.
Et surtout celle qu'il mène aujourd'hui pour « disposer pleinement de son libre arbitre ».
Le Rémois a beau plaisanter depuis les Sables-d'Olonne - « parce que c'est quand même mieux dans mon état d'être face à la mer que d'admirer le canal » - rien ne dit qu'il l'emportera. Vaccinées par l'affaire Servier, et naturellement frileuses face à ce genre d'initiative, les autorités sanitaires et politiques sont généralement peu enclines à valider une entorse au protocole d'un traitement, fut-ce à la demande d'un patient « sain d'esprit » et conscient des risques qu'il prend.
« Je ferai tout »
Comme Pascal Foucher le dit lui-même, « on est, dans ce cas, un peu dans le même esprit que pour le problème de l'euthanasie ». À la différence près que lui cherche à vaincre sa maladie et à prolonger sa vie, et non l'inverse.
Pascal Foucher le sent bien. Chimio après chimio, rien ne change au myélome, ce cancer du sang dont il est atteint depuis 2006. Si ses traitements freinent quelque peu la maladie, elle ne rebrousse pas chemin pour autant.
Alors quand ses médecins évoquent avec lui la pomalidomide, une molécule prometteuse qui a déjà prouvé son efficacité sur des malades en France et aux États-Unis, Pascal Foucher fonce, tête baissée.
Dans une impasse
Espoir de courte durée pourtant. D'office, il est disqualifié par le protocole qui écarte les patients ayant subi une allogreffe (greffe de cellules souche d'un donneur compatible), comme lui en décembre 2010. Système immunitaire trop faible, estime-t-on.
« Mais je ne suis pas du genre à lâcher, insiste l'opiniâtre Pascal. Je ferai tout pour avoir ce traitement ! »
À ce stade, sa seule issue semble reposer sur une autorisation temporaire que l'on pourrait lui délivrer.
Cet été, l'homme a donc interpellé le ministère de la Santé, ainsi que Nicolas Sarkozy pour l'obtenir.
Seul l'Elysée lui a retourné un courrier pour lui dire que sa demande serait prise en compte, et transmise. Mais le temps presse. Ne serait-ce que pour conjurer ces insupportables douleurs osseuses dues à des micro-fractures.
« Sur le papier, reconnaît-il, je sais que ce que je demande n'est pas faisable. Je comprends la rigueur du système, mais là, mon problème est vital, parce que je sens la maladie évoluer. » D'autant qu'autour de lui, des médecins n'hésitent pas à aller dans son sens.
Pascal Foucher n'a rien d'un agitateur ou d'un homme en croisade « contre le système ». « Si j'agis comme ça, c'est parce que je suis dans une impasse », insiste-t-il. Son SOS, il le crie chaque jour sur un blog, entre deux douleurs, et toujours avec humour. « Là par exemple, c'est comme si je me faisais découper à la tronçonneuse », décrit-il.
Il y a bien la morphine pour se libérer un moment. Trop facile, juge-t-il. Surtout, « je tiens à garder le contrôle, et je veux conserver mon potentiel de nuisance ! » Pour longtemps.
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