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Boulingrin / Le béton et le génie au service de l'économie

Publié le lundi 27 août 2012 à 10H18 - Vu 1132 fois


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L'architecte Maigrot.

L'architecte Maigrot.


REIMS (Marne). Elles n'ont pas cent ans mais ont déjà fait couler beaucoup d'encre. Les halles Boulingrin rénovées qui vont être inaugurées les 14 et 15 septembre prochains ont une sacrée histoire, presque une histoire sacrée. La voici.

CLAP de fin sur la Première Guerre mondiale. Dans une ville anéantie par les bombardements, c'est l'heure de la reconstruction. Dans son projet global en 1920, le New-Yorkais Ford prévoit la construction de nouvelles halles, non pas sur la traditionnelle place des Marchés où les Rèmes commerçaient depuis l'ère gallo-romaine, mais sur le Boulingrin, un vaste espace de 6 000 m2 à deux pas des anciens remparts.

34 projets

C'est le maire Charles Roche qui lance un concours d'architectes en 1922 avec un cahier des charges précis. Tout en utilisant des matériaux nouveaux (acier, maçonnerie, béton, verre), il s'agit de construire des halles, un bâtiment regroupant sur un même lieu différents types de commerce : gros, détail, criée, boucherie, poissonnerie, avec aussi l'installation de frigos et de boutiques. Les halles doivent être faciles d'entretien, bien ventilées, bien desservies en eau potable et raccordées à la voie ferrée.
Des 34 projets présentés, c'est finalement celui de l'architecte Emile Maigrot à qui l'on doit notamment le marché couvert de Vichy ou la halle Carpentier à Paris, qui remporte le concours en mai 1923. Les juges, sans doute portés par le courant Moderniste naissant, apprécient l'originalité du grand vaisseau de béton présentant un décor minimal avec des lignes dépouillées et fonctionnelles.
Faute d'argent, la Ville tarde pourtant à lancer le projet. Elle oblige Maigrot à revoir six fois sa copie. C'est en 1926 qu'est finalement lancé le concours pour la réalisation des travaux de maçonnerie et de béton des halles.

5 431 m2 sans pilier

L'entreprise Limousin dont l'ingénieur Eugène Freyssinet, inventeur du béton précontraint, s'est déjà fait remarquer pour ses brevets sur les coques minces en béton armé, obtient le marché (moins disant) pour 2,80 MF.
Commencés en février 1927, les travaux, une simple construction en béton armé sur un arc parabolique doté d'une couverture, seront terminés en octobre 1929. Après de complexes travaux de terrassement, les halles de 109 m de long sur 48,80 m de large sont construites selon des techniques semblables à celles de la fabrication de hangars pour dirigeables à Orly.
Toute l'originalité du bâtiment réside dans son extraordinaire voûte mince parabolique sans nervure (lire par ailleurs), culminant à 18 mètres et réalisée en béton vibré par marteaux pneumatiques ; une voûte d'une épaisseur totale de 7 cm (dont 2 cm de chape).
La construction proprement dite est, elle aussi, très originale pour l'époque, en raison de l'utilisation de coffrages mobiles de bois en cintre léger, montés sur rails, utilisés en dépose repose sans remontage.

Vite fait, bien fait

« A la façon d'un chantier gothique », a dit Henri Deneux, architecte de la reconstruction de la cathédrale, « la construction commençait par les bas-côtés des coursives et des voûtes transversales, suivie par la mise en œuvre de la voûte haute du vaisseau », comme en témoignent les empreintes de reprise de coulage et celle du coffrage. On dit que la grande voûte fut coulée en six tronçons et en six semaines.
Après avoir accueilli l'exposition des meilleures marques dont un aérorama retraçant l'histoire de l'aviation en juin 1928, et alors qu'elles ne sont même pas achevées, les halles du Boulingrin sont officiellement ouvertes au marché le 30 octobre 1929.

Alain MOYAT
Prochain article : 1937-1988, les premiers désordres et la fermeture au public.

boulinagain

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Les dernières contributions


clause

13/09/2012 à 17h18

Pas d'INVITATION pour les Riverains qui ont subi les travaux!

Civilitas

Hic et Nunc

28/08/2012 à 09h39

A quoi sert et servira le Boulingrin ? Telle est la question ! A abriter des marchés, certes, mais dans les courants d'air ! En hiver peu de différence avec les autres marchés de Reims qui se tiennent, eux, dans la rue. Valait-il la peine de dépenser autant d'argent pour cet usage? C'est une autre question. Enfin, tous les petits caprices et les goûts esthétiques (souvent douteux) de M. Lang ne justifient pas que l'on y sacrifie, sans discuter, les maigres ressources des finances publiques !

lucreims

reims

28/08/2012 à 06h39

Sommes nous compétent pour savoir si ce bâtiment devait être classé ou non ?

jeco

28/08/2012 à 06h18

Soyons sérieux! Cette verrue à létat de quasi ruine durant des années, n'avait rien d'exceptionnel sur le plan architectural L'abattre aurait fait gagner du temps et de l'argent! Mais voilà, depuis Lang, on a la folie de la classification!!! Des égouts aux terrils du nord! C'est de la même dynamique que l'art moderne!!!

odettemadeleine

27/08/2012 à 20h18

Ray : ce n'est pas "faute" à J. Lang, c'est "grâce" à...
Qd on voit le résultat on ne peut pas nier que c'est une oeuvre d'art.

Mme Hazan, ds l'opposition, a eu l'intelligence de voter pour le projet de M. Schneiter. Mme Vautrin ferait-elle de même pour un projet de La Maire actuelle ?

Commentaires anonymes

27/08/2012 à 18h37

@ Baladin

FAUX, c'est la faute à Jacques Lang qui a classé le batiment !

Willy51

27/08/2012 à 16h05

Et la réhabilitation, telle que l'on pourra l'admirer le 14 septembre, a été décidée lors d'une commission générale présidée par le maire, Jean-Louis Schneiter... comme le stade Delaune et le tramway ! Mme Hazan qui, certes, avait voté pour alors qu'elle était élue d'opposition, ne fait qu'inaugurer ce qui a été décidé par l'équipe précédente. Ainsi va la vie municipale...

Civilitas

Hic et Nunc

27/08/2012 à 14h49

Restauration et réaménagement des accès redonnent certes un petit coup de jeune au Boulingrin et au quartier. Pour autant, fallait-il restaurer ce bâtiment ou l'abattre ? La question n'est pas définitivement tranchée. Car la réponse future est dans l'usage intensif ou non qui va être fait du bâtiment et dans la qualité de la restauration (étanchéité notamment), donc de la pérennité de l'édifice, en lien avec la hauteur de l'investissement réalisé. Ce pari n'est pas gagné d'avance et il se pourrait même que d'ici quelques années se repose la question de son maintien. Attendons de voir avant d'encenser ou de condamner...

microu

Sans haine ni passion

27/08/2012 à 14h35

@Baladin, petite précision: Les études de conception ont été lancées en Février 2007. Or, si ma mémoire est fiable la municipalité Rémoise a pris un virage à gauche en mars 2008.

Baladin

Ni hérisson, ni paillasson, ni facho.

27/08/2012 à 12h35

Et dire que la droite attendait qu'elles tombent en ruine.....
trente ans d'attentisme, trente ans d'un quartier à l’abandon....
le résultat est magnifique, heureusement qu'il y a du changement !

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