Publié le jeudi 30 août 2012 à 10H02 - Vu 619 fois
Contre l'opinion de nombreux Rémois, les halles deviennent monument historique en janvier 1990. Des idées émergent pour transformer le site, mais la polémique continue.
ON aurait pu penser que le classement des halles allait calmer les esprits en 1990. Il faudra du temps au maire Jean Falala, qui déclarait encore en mai 1992 « ma seule erreur, ne pas avoir détruit les halles plus tôt », pour accepter de redonner aux halles leur destination originelle.
Juin 1992. Adjointe à la culture, Christiane Jubert travaille à un projet de transfert de la bibliothèque municipale, qui a 22 000 inscrits, dans les halles. Elle travaille le dossier avec Marine Bedel, de la Drac (direction régionale des affaires culturelles).
Décembre 1992. La Drac passe dans le Moniteur un appel d'offres à travaux pour les halles. Il est vite retiré faute d'avoir obtenu l'accord de la ville, propriétaire. À l'époque, le devis qui n'incluait que la voûte, les verrières et les grilles (hors honoraires) est de 5,7 millions d'euros.
Architecte en chef des monuments historiques, Pierre Antoine Galtier accepte en 1993 le projet technique de restauration et d'aménagement des halles pour lequel le ministère accepte de dégager 1 million d'euros.
C'est possible. « Aucune fissure ne montre que le bâtiment travaille mal, ce qui prouve la grande justesse des calculs et la très bonne qualité des matériaux. » Pourtant l'homme de l'art le reconnaît, « On a perdu les procédés de fabrication de Freyssinet sur les ciments spéciaux. Il y a des dégradations importantes au niveau de nervures, là où il y a les ferraillages. »
Tandis que Falala demande au nouveau ministre de la Culture Jacques Toubon de revoir le dossier (en vain, ndlr), Pierre Antoine Galtier propose de blanchir l'intérieur des halles comme tous les édifices médiévaux et de rétablir les couleurs où elles étaient (verrières jaunes et socle des halles d'une bande couleur bleu, sic). L'ensemble des travaux devait durer seize mois pour transformer le bâtiment en médiathèque.
L'idée d'un zénith
Mai 1993. Vice-président du conseil régional, Bruno Bourg-Broc propose d'inscrire les halles dans le contrat de plan pour en faire une salle de concert type Zénith, un musée lapidaire ou une médiathèque.
Mars 1994. Enfin le maire Jean Falala propose de redonner aux halles leur vocation première. Il en coûterait de 7,6 à 9,1 millions d'euros. Le journal Le Monde en remet une couche avec l'intervention de Bernard Marrey, historien architecte révolté de voir les halles se dégrader : « Il est choquant que le maire d'une ville martyre, reconstruite en 1919 avec des fonds collectés à l'étranger et dans toute la France, démolisse un des rares chefs-d'œuvre qui y aient été réalisés depuis […] Manifestement Reims est très loin de Lyon, qui se félicite aujourd'hui de la protection de la halle des abattoirs de la Mouche achevée par Tony Garnier en 1928, et réhabilitée par Reichen en 1988. »
Décembre 1995. Le ministre de la Culture Philippe Douste-Blazy annonce que sur un devis global de 8,3 millions d'euros, l'État donnera 1 million par an durant trois ans pour consolider et enjoliver les halles.
Curieusement en 1996, une étude engagée par la Ville et la chambre de commerce dit que le site n'est plus adapté pour faire un marché, et que les commerçants non sédentaires ne sont plus assez importants pour l'occuper.
Août 1997. Les difficultés financières de l'État (déjà, ndlr) plombent un peu plus le dossier. Après avoir déjà indiqué qu'il ne pouvait pas s'engager dans le dossier de construction d'une maison de la Ve République sur le site de l'ancienne caserne Jeanne-d'Arc, l'État annonce qu'il réduit à un peu plus de 2 millions d'euros sa participation dans les travaux des halles. Le maire envisage toujours un établissement public dans les halles, sans dire lequel.
En fait, un groupe privé étudie en 1998 un projet de parking souterrain de 1 000 places avec des salles de cinéma sur le Boulingrin, dont deux dans les halles.
Seul hic, les contraintes techniques sont nombreuses avec l'impossibilité d'isolation phonique et technique du fait que la voûte est classée. Impossible, raisonnablement, de la cacher.
« Le tonneau à pétrole », « le tuyau ovoïde », comme l'appelle la revue En Champagne en juin 1999 dans un article intitulé « Les râles du Boulingrin » n'a pas fini de faire parler de lui. D'autant qu'une association poil à gratter voit le jour quelques mois plus tard : l'Amic'halles.
Alain MOYAT
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Les dernières contributions
lucreims
reims
31/08/2012 à 11h01
Je pense qu'il est important de garder notre patrimoine qu'il soit d'un autre siècle ou d'art déco.
Baladin
Ni hérisson, ni paillasson, ni facho.
30/08/2012 à 18h14 | 1
"l'entretien", comme toute les constructions particulières.....regardez la cathédrale......
les réactions négatives sont surement politique....!!!!!
africain
30/08/2012 à 18h06
chers contribuables
avons nous une personnalité politique remoise ou un technicien qui aurait le courage de vous dire que le beton est "pourri"
que d'ici une dizaine d'annees il faudra recommencer l'entretien du beton
non personne n'osera vous le dire
lucreims
reims
30/08/2012 à 17h00
Dommage que le diaporama ne fonctionne pas