Publié le vendredi 27 janvier 2012 à 10H39 - Vu 419 fois
Le pilote de Futurol a démarré en fin d'année dernière, le prototype devrait produire 3,5 millions de litres par an, l'unité industrielle 180 millions à partir de 2016.
Remi WAFFLART
REIMS (Marne) La mauvaise image donnée par la Cour des Comptes aux biocarburants ne va pas arrêter le pôle IAR de Pomacle-Bazancourt, précurseur dans le domaine.
«ON monte en épingle, avec un effet loupe, des chiffres chocs. Le rapport de la Cour des Comptes dit plein de choses intéressantes, il faut le lire en entier. Et là, nous ne sommes pas alarmés plus que cela ». La filière des biocarburants, très importante dans le bassin rémois, garde la tête froide après le rapport très médiatique qui remet en cause ces carburants issus de l'agriculture.
Nicolas Rialland, responsable bioéthanol et bioénergies à la Confédération générale des planteurs de betteraves, est très remonté. « Si on regarde le coût du biocarburant, soit 2,7 milliards d'euros, entre 2005 et 2010, et le volume de carburant consommé, soit 300 milliards, on arrive à un coût d'un centime par litre. Et encore : nous contestons les 2,7 milliards. »
Voilà qui relativise le rapport, surtout que le coût de l'énergie renouvelable (panneaux photovoltaïques) dans les factures d'électricité serait bien supérieur… Pas besoin de cette mise au point pour rassurer le pôle IAR à Pomacle, qui produit du bioéthanol et travaille, avec Futurol, sur les biocarburants 2e génération (lire ci-dessous).
« Ce rapport ne change rien car il faut atteindre l'objectif européen de 20 % d'énergies renouvelables, dont 10 dans les transports », poursuit Nicolas Rialland. Après des simulations, des réunions de travail et tables rondes en 2009, tout le monde, pétroliers compris, ont affirmé que l'objectif de 7 % d'incorporation serait atteint en 2010. « Sauf que les pouvoirs publics ont lancé « en marche arrière » le SP95-E10 (composé à 90 % de sans plomb 95 et à 10 % d'éthanol, NDLR), et qu'au lieu d'avoir 70 % des stations-service équipées en 2010, nous en avons 25 % en 2012… »
Que le carburant E85, pour des voitures qu'il fallait adapter, n'ait pas fonctionné, soit. Mais là, tous les véhicules d'après l'an 2000 acceptent l'E10, ce qui fait, surtout depuis la prime à la casse, un grand nombre d'automobilistes concernés ! D'où le deuxième point de colère des betteraviers, puisque les pétroliers prétendent que la taxe générale sur les activités polluantes est obligatoire, alors qu'elle ne dépend que des objectifs atteints ou non…
Troisième « coup de gueule », sur la défiscalisation. « La Cour reproche des subventions. Mais il faut savoir que la taxe intérieure sur les produits pétroliers comporte une différence de 18 centimes entre l'essence et le diesel. Ce qui fait que ce dernier, entre 2005 et 2010, aura été subventionné à hauteur de 36 milliards d'euros ! » A comparer aux 2,25 milliards d'aide à la filière éthanol dénoncés par la Cour…
Le superéthanol sera le carburant de référence en Europe en 2013. Pas d'inquiétude donc dans la région, qui a fortement investi dans ces biocarburants. « Et l'éthanol est une bonne affaire pour l'Etat : cela lui a rapporté 500 millions d'euros en 6 ans, plus que l'énergie fossile ! Ce qui montre que la fiscalité en la matière n'est pas cohérente », conclut Nicolas Rialland.
A Bazancourt-Pomacle, le rapport (www.ccomptes.fr) a été évidemment lu et relu avec intérêt, mais le travail continue, pour parvenir à une énergie renouvelable incontournable dans les prochaines années.
G.F.
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