Publié le mardi 07 juin 2011 à 08H39 - Vu 657 fois
SAINTE-MENEHOULD (Marne). Trois hommes sont jugés depuis hier par la cour d'assises de la Marne pour le braquage commis en 2009 à la bijouterie Bochniak de Sainte-Ménehould. Le commerçant avait été frappé, ligoté et bâillonné.
«J'AI fait vraiment n'importe quoi », admet Mickaël Bastien. « On a fait une très grosse erreur », ajoute Aïssa Amiche. « Je ne sais pas quoi dire. Je ne suis jamais passé devant un tribunal. Je suis impressionné. »
Bien moins sans doute que leur victime, le soir où elle s'est retrouvée face à eux dans sa bijouterie du centre-ville de Sainte-Ménehould, rue Chanzy. Jean-Pierre Bochniak, 61 ans, avait été frappé, ligoté et bâillonné par deux individus repartis avec un butin de 30 000 €.
Ruban adhésif
Depuis hier, et jusqu'à demain, la cour d'assises de la Marne juge les auteurs présumés du braquage, Mickaël Bastien, 21 ans, et Aïssa Amiche, 24 ans, mais aussi Rachid Amitchi, 23 ans, accusé d'avoir fait le guet au volant de la voiture.
Les deux premiers sont en prison depuis le 23 avril 2009, le troisième a été remis en liberté sous contrôle judiciaire après dix-huit mois de détention provisoire.
Les faits remontent au 9 janvier 2009.
Ce soir-là, vers 18 h 55, Jean-Pierre Bochniak s'apprête à fermer sa bijouterie qu'il exploite depuis 1972 rue Chanzy.
Il est occupé dans l'arrière-boutique lorsqu'il entend la porte s'ouvrir. A peine le temps de réagir qu'un individu portant capuche et foulard surgit devant lui, suivi d'un deuxième homme masqué.
M.Bochniak tente de s'enfuir. Il prend un premier coup à l'arrière du crâne, puis un second qui le projette à terre. Les malfaiteurs utilisent du ruban adhésif pour lui ligoter les mains, les pieds et le bâillonner.
Ils entassent des montres et plusieurs dizaines de bijoux dans des sacs à dos avant de rejoindre une voiture stationnée rue du Puits.
Deux mois plus tard, une dénonciation sous X. oriente les gendarmes de la section de recherches de Reims sur la piste des trois accusés qui ont leurs habitudes à Sainte-Ménehould. Rachid Amitchi y a vécu plusieurs années avant de s'installer à Reims. Aissa Amiche habite juste à côté, à Elise-Daucourt. Troisième copain de la bande, Mickaël Bastien est Châlonnais.
Interpellé le 21 avril 2009, le trio a reconnu les faits.
Revente dans le 9-3
D'après ses déclarations de l'époque, Mickaël Bastien, entré le premier, avait frappé le bijoutier à la tête avec un pistolet électrique Taser mais aucune décharge ne s'était produite, d'où le coup de poing pour le faire tomber.
Rachid Amitchi attendait au volant car lui seul avait le permis. Le butin fut ensuite écoulé dans une cité de la Courneuve (Seine-Saint-Denis). Ils affirment que le produit de la vente ne leur aurait rapporté que 350 € chacun.
Si les trois accusés sont toujours dans une logique d'aveux aujourd'hui, un désaccord existe quant à la circonstance aggravante du vol commis « en bande organisée » qui leur est reprochée.
Elle fait passer la peine maximale de 20 à 30 ans de réclusion.
Au travers de certaines questions posées hier, on devine que la défense va la contester en plaidant un « acte guère prémédité », « peu préparé », avec « un repérage très sommaire », suffisant cependant pour que les braqueurs prennent la fuite par une impasse donnant à l'arrière de la bijouterie. Elle porte un nom prédestiné : ruelle de la Souricière.
Les deux détenus repasseront dans celle du palais de justice de Reims, ce matin, pour la poursuite du procès.
Fabrice CURLIER
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