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Ardennes / Les maraîchers en guerre contre les chapardeurs Ras la patate !

Publié le dimanche 15 août 2010 à 11H00 - Vu 130 fois


« Il y a toujours eu des vols dans les cultures, mais avant c'était anecdotique », constate un maraîcher.

« Il y a toujours eu des vols dans les cultures, mais avant c'était anecdotique », constate un maraîcher.


COURGETTES, salades, poireaux, parfois même persil. Et arrivant bon premier au palmarès de la maraude : pommes de terre. Aujourd'hui, les cultivateurs s'alarment.
« Il y a toujours eu des vols dans les cultures, mais avant c'était anecdotique, constate Thierry Bosserelle, dont le GAEC possède près de 140 hectares de légumes et de céréales au Fond de Givonne près de Sedan dans les Ardennes. Mais on remarque une recrudescence. Il y a de plus en plus de vols. »
Même son de cloche chez son voisin Delcampe (8 hectares) : « Ça a toujours un peu volé, ça s'est toujours un peu servi. Mais là, ça prend des grosses proportions. »
La poignée de familles qui cultive le « potager des Ardennes », à cheval sur Sedan, Givonne et Balan, est exaspérée.
La crise a bon dos
« On travaille comme des damnés et les gens viennent se servir », peste Thierry Bosserelle. Qui prend soin de prévenir les chapardeurs : « On va être de plus en plus vigilants et de moins en moins tolérants… »
La perte liée aux vols est difficilement quantifiable. Certains n'hésitent cependant pas à évoquer des « tonnes ». Un chiffre ahurissant, qui s'explique par le fait que les auteurs des rapines détruisent autant, si ce n'est plus, qu'ils ne volent.
« Celui qui remplit son coffre avec 200 ou 300 kilos de pommes de terre, relève Thierry Bosserelle, laisse derrière lui 200 ou 300 kilos de pommes de terre fichues. »
Plusieurs raisons peuvent expliquer l'augmentation des vols. La crise d'une part : les consommateurs combleraient leur perte de pouvoir d'achat en faisant leur « marché » directement chez le producteur…
« Cela m'inquiète d'ailleurs parce qu'avec la sécheresse, il va y avoir moins de pommes de terre sur le marché, et leur prix va sans doute augmenter de 25 % dans les prochaines semaines », indique Thierry Bosserelle. D'où une crainte de nouveaux vols…
Cela dit, la crise n'explique pas tout. Nombreux sont les filous (lire par ailleurs) qui ont largement de quoi remplir leur assiette sans avoir à voler…

Guillaume LÉVY

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