Publié le vendredi 03 février 2012 à 10H56 - Vu 584 fois
Thierry Prieur n'a pas… grillé tous ses atouts. Il espère remettre Arden Metal sur la bonne voie.
RETHEL et REIMS. La Sarl Arden Metal a été placée en redressement judiciaire. Son patron, qui a déjà connu pareil moment, ne désespère pas de redresser la barre.
POUR la deuxième fois en l'espace de quinze ans, la société Arden Metal a déposé son bilan.
Ce qui a amené le tribunal de commerce de Sedan à ouvrir une procédure de redressement judiciaire envers cette PME, spécialisée dans la ferronnerie et la fonderie d'art, la menuiserie en bronze et la serrurerie.
La mesure prise par la juridiction consulaire résulte d'une situation délicate connue par cette PME en fin d'année 2011 et ayant amené son dirigeant à déclarer la société en cessation de paiement.
Réputée pour les produits de luxe qu'elle conçoit et vend à travers le monde (95 % du chiffre d'affaires réalisé à l'export), l'entreprise emploie treize salariés sur deux sites.
A Rethel (cinq personnes), sur la zone de Pargny-Resson, dans un atelier plus spécialement axé sur la bronzerie d'art et à Reims (huit employés) qui accueille le département ferronnerie.
« On va s'en sortir »
Thierry Prieur, ancien compagnon qui dirige Arden Métal depuis sa création en 1990, nous explique les facteurs qui ont mis son entreprise en péril.
« On traverse une période difficile directement liée à une activité particulière qui n'est pas sans quelques risques quand on travaille majoritairement à l'export. Il faut savoir que pour vendre nos ouvrages de qualité, il faut beaucoup prospecter à l'étranger et que cet effort a un coût onéreux. Nous avons donc eu des frais importants au moment même où nous étions handicapés par des irrégularités de paiements avec certains clients. Du coup, nous nous sommes retrouvés avec beaucoup d'argent dehors et ce décalage important a été difficile à gérer. A certaines périodes, on peut avoir des écarts de paiement équivalents à 50 % de notre chiffre d'affaires… ».
Bien qu'en difficulté, le Pdg d'Arden Metal au caractère en fer forgé reste néanmoins résolument optimiste et ose afficher des objectifs ambitieux.
Il n'est pas homme à se démonter en pleine zone de turbulences. Bien au contraire. « Je fais un beau métier et je vais aller chercher encore plus de travail et dénicher plus de prospects pour que la boîte s'en sorte. En 1996, après notre premier dépôt de bilan, nous étions parvenus à redresser la barre et à sortir du rouge. J'espère bien récidiver et refaire le même coup. J'ai en tout cas bon espoir car nous ne manquons pas de commandes ».
Labellisé « entreprise du patrimoine vivant », Arden Metal qui n'a que cinq à dix concurrents majeurs en France sur son créneau fabrique des rampes d'escalier, portails, menuiseries et ornements en bronze souvent exportés jusque dans les palais de certains émirs du Qatar et d'Arabie Saoudite, pour la restauration de monuments historiques ou pour des chantiers de prestige notamment en Russie et au Etats-Unis.
Souhaitons à Arden Metal de se sortir de cette mauvaise passe. Pour ainsi maintenir dans les Ardennes un savoir-faire reconnu, singulier et haut de gamme.
« Il y a toujours de la demande pour ceux qui possèdent un savoir » prétend Thierry Prieur, lequel compte profiter de la période d'observation qui lui a été attribuée (jusqu'au 15 mars) pour redonner un élan salvateur à son outil de travail.
Pascal REMY
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