Publié le jeudi 03 février 2011 à 09H44 - Vu 1240 fois
REIMS (Marne). Hier, une centaine de responsables d'établissement ont montré leur opposition à la suppression de 351 postes sur les marches du rectorat. Une première dans l'académie.
ET encore, le recteur de l'académie, Alexandre Steyer, aurait pu sentir un peu plus le vent du boulet. Si le verglas n'avait pas semé la pagaille sur la route, les directeurs d'établissement (collèges et lycées) auraient été encore plus nombreux sur les marches du rectorat pour protester contre la suppression annoncée de 351 postes d'enseignants d'ici à la prochaine rentrée. Une première dans l'académie de Reims. A midi, ils étaient tout de même plus d'une centaine à attendre, d'être reçus, en délégation par le recteur en personne. Une mobilisation d'une ampleur très importante des plus symptomatiques, pour Antoine Rivelli, proviseur du lycée Europe et membre du SNPDEN (syndicat national des personnels de direction de l'Éducation nationale). « Nous sommes ici en nombre pour dénoncer les coupes de tout ordre. Avec l'annonce de la suppression des postes, nous constatons tous des problèmes de concentration chez les enseignants, il y a de plus en plus de tension au sein des salles des professeurs. Et bien avant la rentrée prochaine, les élèves subissent cela à travers leurs cours. »
Classes surchargées
Avec la décision du ministère de l'Éducation nationale, charge a été donnée aux directeurs d'établissements de proposer une nouvelle organisation de leur établissement avec l'enveloppe qui leur sera destinée à la rentrée prochaine. L'ensemble des responsables est d'ailleurs en plein remue-méninges pour trouver des solutions viables. Mais dans la plupart des cas, on se prépare à perdre des professeurs et des cours. « On va voir croître les effectifs de certaines classes de façon ahurissante. Prenons le seul exemple des classes de CAP. Par le passé, nous pouvions accueillir au maximum 24 élèves, des effectifs déjà conséquents compte-tenu du suivi que nécessite ce genre d'élèves parfois issus des filières Segpa. Désormais, nous avons ordre d'en accueillir 30. Comment bien enseigner dans ces conditions ? Quelle est la formation que nous voulons dispenser à nos enfants », grince Antoine Rivelli. Philippe Labiausse, délégué académique SNPDEN, soutenu par l'Unsa, a été reçu par la secrétaire générale puis, « brièvement » par le recteur. « Nous en avons profité pour dénoncer deux choses : la non-application des textes portant sur la réforme des lycées de 2010 et la suppression de postes mais aussi des problèmes de communication entre le recteur et les directeurs d'établissements. Il y a une crise de confiance globale. » Prochaine étape, les annonces des fermetures de classes et de suppression de postes. Avec, à n'en pas douter, de nouvelles manifestations auxquelles les parents d'élèves pourraient s'agglomérer.
Thomas DUPRAT
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