Publié le jeudi 30 décembre 2010 à 11H31 - Vu 626 fois
(MARNE). Les chiffres sont tombés hier. Ils sont sévères pour l'académie de Reims, celle du ministre de l'Éducation nationale. Au recteur de couper les têtes dans les semaines à venir. Les syndicats n'ont pas tardé à réagir.
C'EST désormais officiel : 16 000 postes seront supprimés à la rentrée 2011 dans le premier et le second degré. Une mesure inscrite dans le budget de l'année prochaine, qui vient d'être validée par le Conseil constitutionnel. Surtout, on connaît désormais le détail de ces suppressions de postes. C'est l'Est et la région parisienne qui sont les plus touchés. L'académie de Reims va perdre plus de 350 postes d'un coup, à savoir 131 dans le premier degré (écoles maternelles et élémentaires) et 220 pour le second degré (collèges, lycées d'enseignement général et technologique, lycées professionnels).
« Coupe claire et historique »
Et tout cela dans l'académie du ministre de l'Éducation nationale, Luc Châtel. Certes, l'académie de la cité des Sacres n'atteint pas les chiffres annoncés pour les académies de Nancy-Metz (822 postes en moins) ou encore de celle de Lille (806). Mais ces 351 postes supprimés placent l'académie de Reims en huitième position des académies les plus touchées par les coupes ministérielles. Sans parler des douze postes pour les administratifs qui disparaîtront dès la prochaine rentrée.
À la suite de cette annonce, la réaction des syndicats d'enseignants n'aura pas tardé. La section marnaise du syndicat national des instituteurs et professeurs des écoles s'insurge. « Pour la première fois depuis plus de 20 ans, cette coupe claire historique se traduirait par une baisse du nombre d'enseignants devant les élèves. Dans les départements, seule la règle à soustraction fonctionnera. Les postes servant à scolariser les moins de trois ans, ceux affectés aux Rased, au remplacement, à l'enseignement des langues vivantes, aux maîtres-formateurs et conseillers pédagogiques vont être sévèrement rabotés. De nombreux postes-classe devraient être supprimés : le nombre d'élèves par classe augmentera, mécaniquement. Le dispositif d'accompagnement des nouveaux enseignants disparaîtra. » Avant de continuer en dénonçant « l'asphyxie dont est victime l'école. Ses conséquences seront d'autant plus vives en Zep, là où les élèves ont le plus besoin d'école pour lutter contre les inégalités scolaires que Pisa a relevées de manière alarmante. Les élèves en difficulté, trop souvent issus des milieux défavorisés, n'ont pas à payer la facture de cette politique éducative absurde. »
Dans la rue le 22 janvier
Mais il n'y a pas que les syndicats enseignants qui ont tenu à réagir puisque l'Unef (l'Union nationale des étudiants de France) aussi y a été de son commentaire. « On voit bien que la politique d'austérité du gouvernement passe aussi par l'enseignement. Le non-remplacement des fonctionnaires passe par la case éducation, ce qui est grave. Il était déjà dans les tuyaux que les heures supplémentaires des enseignants de l'académie de Reims ne pourraient plus être payées à partir de mars prochain. Le ministre a trouvé une solution. Mais j'ai bien évidemment peur pour la qualité de notre enseignement. Les étudiants comptent bien s'associer à la manifestation qui se tiendra le 22 janvier prochain pour dénoncer ces décisions qui vont contre le bon sens », soutient Damien Laugier, étudiant dans la cité des Sacres.
Autant de suppressions de postes qui font craindre pour les options, les langues vivantes mais surtout pour les effectifs dans les classes. La balle est désormais dans les mains du recteur qui devra désigner les classes à fermer, les postes à sucrer. Et supporter les manifestations des parents d'élèves et des enseignants.
Thomas DUPRAT
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