Publié le vendredi 21 janvier 2011 à 08H30 - Vu 491 fois
Organisées au siège de l'université, les conférences sont ouvertes à tous mais exclusivement orchestrées par l'association France-Palestine.
REIMS (Marne). Pour expliquer le conflit au Proche-Orient, l'université propose une série de conférences animées par des pro-palestiniens. La Licra réagit.
L'UNIVERSITÉ de Reims serait-elle pro-palestinienne ? Certains se le demandent. L'Urca, à l'invitation de son président Richard Vistelle, propose actuellement un cycle de conférences intitulé : «Pour comprendre le conflit au Proche-Orient». Les rendez-vous étalés de décembre à avril se déroulent à la Villa Douce, siège même de l'université.
Louable initiative que d'éclairer les étudiants sur ce sujet ô combien complexe… sauf que l'université n'a pas pris soin d'équilibrer les débats. Tous les intervenants viennent sur recommandation de l'association France-Palestine-Solidarité (AFPS). Tous sont engagés, de près ou de loin, en faveur de la cause palestinienne. Où sont les Israéliens et leur point de vue ? C'est une question que s'est notamment posée Claude Secroun, président de la Licra* : « J'ai écrit au président de l'université le 8 décembre dernier. Dans ce courrier, je le félicite de chercher à informer les Rémois sur le devenir de cette région du monde mais je regrette l'absence d'objectivité. Il ne peut pas y avoir de débat avec un seul interlocuteur ». Richard Vistelle n'a pas pris la peine de répondre à ce courrier : « Cela aurait pourtant été la moindre des choses ».
« Une volonté de censure »
L'association France-Palestine et le collectif d'artistes MusiSeine qui orchestrent le cycle se défendent de vouloir rallier les foules à leur cause et arguent que seuls des universitaires renommés animent les conférences. Il n'en reste pas moins que dans un conflit il y a au moins deux parties. Ces conférences ne donnent la parole qu'à l'une des deux parties : « Nous souhaitions faire connaître la situation réelle au Proche-Orient dans le but de chercher une solution de paix. Cette réaction illustre une volonté de censure de la part des Israéliens », estime Patrick Pipet, président local de AFPS. Quant à Françoise Toullec de l'association MusiSeine, elle assure ne pas avoir voulu mener une campagne de propagande par le biais de l'université : « Le but n'est pas du tout de tirer sur l'autre. Je trouverais même très intéressant que les pro-Israéliens participent à nos conférences ». Encore aurait-il fallu les inviter.
Catherine FREY
(*) Ligue internationale contre le racisme et l'antisémitisme.
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