Publié le vendredi 26 novembre 2010 à 08H42 - Vu 2643 fois
Une surveillance resserrée est assurée sur le campus de Croix-Rouge par les forces de police de proximité et la sûreté départementale.
REIMS (Marne). Le Mouvement des étudiants s'inquiète de l'augmentation des vols et violences sur le site universitaire et attend désormais un signe fort des instances. Les étudiants, eux, ne cachent plus leur peur d'aller en cours.
Les étudiants ont peur. Depuis le début de l'année, le sentiment d'insécurité ne faiblit pas dans l'enceinte du campus universitaire Croix-Rouge. Il n'est plus une semaine, en effet, sans qu'un vol n'y soit commis, sans qu'une agression n'y soit perpétrée, sans compter le nombre considérable d'incivilités (scooters roulant à vive allure sur le site, dégradations et autres violences verbales) qui ne manquent pas d'empoisonner sa population. Le phénomène est d'autant plus inquiétant qu'il perdure depuis plusieurs années sans réelle amélioration et qu'il touche plus particulièrement des victimes de sexe féminin.
Des rondes jugées peu efficaces
La situation est telle que face à l'augmentation du nombre de plaintes ces derniers mois, le Mouvement des étudiants (MET) n'hésite pas à faire état, dans un communiqué de presse, d'un vent de « panique au campus » et « d'étudiants effrayés » : depuis le mois de janvier, « une quinzaine de vols ou de violences envers les étudiants » ont ainsi été comptabilisées, générant de plus en plus chez eux la « peur d'aller en cours ».
Le MET en veut d'ailleurs pour preuve une nouvelle agression survenue mercredi sur la personne d'une étudiante. Mardi, aux alentours de 17 h 30, c'est une autre jeune femme de 21 ans qui a été victime d'un vol plutôt culotté alors qu'elle venait de quitter la bibliothèque en compagnie de deux copines : « Nous avons rejoint ma voiture et j'ai mis mon ordinateur portable dans le coffre, raconte-t-elle. Nous sommes montées à bord, + mais quand j'ai voulu faire marche arrière, j'ai vu deux jeunes de 15-16 ans dans le rétroviseur qui étaient en train de me le voler. J'ai bien essayé de les rattraper… » Et d'ajouter avec amertume : « Il y avait un monsieur pas loin mais il n'a rien fait ». Bilan : un préjudice de 649 euros et la crainte de voir les choses aller crescendo : « Un jour, c'est un ordinateur, demain ce sera mon sac et peut-être qu'ensuite, ils me taperont dessus. J'en ai marre ! »
Pour cette étudiante obligée de travailler en 3/8 pour payer ses impôts et financer son matériel informatique, le traumatisme est d'autant plus important qu'elle n'est pas un cas isolé : « Je sais que je ne suis pas une exception… » dit-elle.
Des mesures ont pourtant été prises après que le MET a alerté les parlementaires et madame le maire de Reims, au mois d'avril dernier, mais elles sont jugées peu efficaces par les étudiants eux-mêmes. Depuis, une surveillance resserrée est pourtant assurée sur le secteur par les forces de police de proximité et de la sûreté départementale. « Mais il serait préférable de faire des rondes à pied à l'intérieur du campus » estime le responsable de l'association, Claude-Edouard Crochet. Même écho du côté d'une étudiante qui, pour sa part, n'a « pas vu un véhicule de police à la fac depuis trois ans » : « Il faut vraiment qu'ils fassent quelque chose » insiste-t-elle. Quant à la présence de trois vigiles, le soir, à l'extérieur de l'enceinte, « elle ne dissuade pas » regrette-t-on.
« Une plainte de plus sur le tas »
C'est pourquoi, outre de condamner « ces actes commis par des personnes extérieures au campus », le MET a décidé de monter une fois de plus au créneau pour interpeller les autorités, en particulier le président de l'Université, afin que soit augmentée la sécurité sur le site. Claude-Edouard Crochet estime notamment qu'autoriser la police à patrouiller à l'intérieur du campus pourrait y contribuer. Le MET attend donc dans cette perspective « un signe fort pour que les étudiants puissent aller en cours sans se soucier de leur sécurité ». Car pour le moment, beaucoup de victimes ont le sentiment d'être confrontées à une certaine impuissance de la part des instances universitaires. Et au bout du compte, « c'est une plainte de plus sur le tas » résume l'une d'elle. La police rappelle néanmoins que l'auteur d'un vol d'ordinateur portable avec violence sur une étudiante a été interpellé le 22 octobre. Une satisfaction qui pourrait en appeler d'autres si les victimes, indique-t-on du côté de la Direction départementale de la Sûreté publique, alertaient plus souvent les forces de l'ordre dans les plus brefs délais.
Franck BRENNER
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