Publié le vendredi 01 avril 2011 à 08H04 - Vu 187 fois
REIMS (Marne). Pas de problème d'effectifs pour les jardins familiaux, confrontés à une demande bien supérieure à leur offre de parcelles. Il faut dire que leurs tarifs sont légers.
CETTE semaine, Ibrahim a mis ses bottes ; et il a sorti sa bêche. Il faisait beau, il en a profité pour jardiner dans sa parcelle qu'il loue depuis peu sur le terrain des Jardins familiaux Pays de France. « Nous vivons en appartement, confie cet artisan maçon, ma femme voulait un jardin pour passer le temps, pour elle et les enfants. Alors j'ai séparé le terrain en deux parties : d'un côté il y aura la pelouse et les fleurs, et de l'autre côté, je fais un peu de culture, des fèves, du persil, des fraises… »
Trois ans d'attente
Ibrahim a eu la chance de voir sa demande acceptée. Pas évident, parce qu'il n'est pas seul à faire la queue au portillon de l'association jardinière ! « Des demandes, nous en avons de plus en plus, affirme son trésorier Jean-Claude Hirault. L'an dernier, nous avions quarante-neuf parcelles, cette année, nous en avons dix-neuf de plus ; elles sont toutes attribuées ! On en aurait trente de plus, on les donnerait sans problème. »
« Il est vrai que c'est agréable pour les gens de faire pousser leurs légumes, et puis ça leur évite de rester enfermés dans leur immeuble », ajoute le président, Michel Herbreteau.
Son de cloche comparable dans une autre association du même genre, celle des Trois-Fontaines, qui, elle, dispose de plus de deux cents parcelles : « Nous avons à peu près cent à cent cinquante demandes par an, indique le président Franck Leroy, on ne peut pas satisfaire tout le monde, il faut compter en moyenne trois ans d'attente ! » Ça en fait des kilos de légumes à acheter sur le marché avant de pouvoir mettre les siens dans son assiette… Et ce n'est pas Evelyne Nkounkou, qui, elle, est à la barre des Jardins de Croix-du-Sud (quatre-vingt-douze parcelles), qui détonnera dans le paysage : « Nous devons avoir une cinquantaine de demandes en attente, j'en reçois tout le temps ; chez nous, les parcelles ne sont jamais en friche, dès qu'il y en a une qui se libère, elle est reprise ! »
Le service des espaces verts de la Ville confirme la tendance : il reçoit en gros quelque deux cents demandes par an émanant de particuliers désireux de jouer eux aussi les mains vertes. On voit donc que, contrairement à d'autres associations qui voient fondre leurs effectifs, les Jardins familiaux, eux, ne connaissent pas cette crise.
Il est vrai que les conditions financières sont plutôt abordables : « Nous demandons 10 centimes du mètre carré, explique le président Herbreteau (même tarif à Croix-du-Sud), cela revient en gros à 45 à 50 euros par an pour les plus grosses parcelles, 30 euros pour les moins chères. » À cela s'ajoute éventuellement la consommation d'eau, cela dépend des associations ; mais malgré ça, on ne peut pas dire que le jardinage urbain soit devenu un luxe. Il faut juste être patient avant de pouvoir imiter Ibrahim. Comme une fois qu'on a planté ses patates et qu'on attend qu'elles poussent.
Antoine PARDESSUS
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