Les Ardennes en mal de crédit

Publié le mardi 09 février 2010

Gérard Rameix, médiateur national du crédit aux entreprises, a remplacé René Ricol le 1er octobre dernier. 	(Maxppp)

Gérard Rameix, médiateur national du crédit aux entreprises, a remplacé René Ricol le 1er octobre dernier. (Maxppp)

Christophe Petit Tesson

Entretien avec Gérard Rameix, médiateur national du crédit aux entreprises.




Quel est l'objet de votre intervention dans les Ardennes ?




« Mon intervention se situe dans le cadre d'un Tour de France des départements. C'est ma douzième ou treizième visite depuis octobre. J'y expliquerai le rôle du médiateur et rencontrerai tous les interlocuteurs locaux pour m'assurer que la coordination est effective. Je présenterai notre bilan, actuellement marqué par une diminution du nombre de dossiers présentés et des urgences de trésorerie. »




Ces diminutions sont-elles l'effet positif de la médiation ou plutôt le corollaire d'une hausse des liquidations ?




« Tous les facteurs jouent. Il y a eu, de mémoire, 60 000 liquidations judiciaires prononcées en 2009 [66 119 liquidations et redressements selon la Coface, N.D.L.R.]. Un deuxième facteur, plus décisif que la médiation, est le retour à l'équilibre budgétaire des entreprises à un niveau de chiffre d'affaires correspondant à l'activité actuelle par la réduction de leurs coûts. Quant à l'outil de médiation, nous estimons qu'il a permis de préserver 170 000 emplois au total. »

Les Ardennes sont en moins bonne posture qu'au niveau national…

« Oui, c'est un département où nous avons beaucoup de dossiers difficiles. Mais il y en a aussi ailleurs. Je vais essayer de comprendre pourquoi le taux de réussite de la médiation n'est que de 46 % [contre 64 % au niveau national, N.D.L.R.] dans les Ardennes. »




Plusieurs dossiers ardennais seraient remontés jusqu'à votre niveau. Vous confirmez ?




« Je vous confirme qu'on a eu pas mal de dossiers industriels. Ils pèsent 31 % du total des médiations, contre 21 % pour les services, 24 % pour le commerce et 20 % pour le BTP.

Les dossiers traités au niveau national concernent des entreprises de plus de cinquante personnes, souvent plus de 200 ou 300 dans les faits. En ce moment, le siège national traite 52 dossiers en tout. Au niveau local, la personne d'influence est le médiateur départemental du crédit, qui dirige la Banque de France. On suit ses directives et celles des banques pour la remontée des dossiers. »




En cas de défaut de gestion préventive, tiendriez-vous davantage pour responsables les banques ou les équipes dirigeantes des entreprises ?




« Toutes les situations existent. Avec des entreprises dont la rentabilité est retrouvée malgré un chiffre d'affaires moindre, on peut redonner confiance aux banques. Je vois aussi des banquiers qui parlent de dossiers horribles, pour lesquels ils ne peuvent rien faire depuis longtemps. Les banques jouent assez bien le jeu. Elles ont des taux de succès proches les unes des autres au niveau national. Mais pas toujours au niveau local. »


 


Dossier Tanguy Pallaver


 


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