Publié le mardi 09 février 2010
Les suggestions des salariés ayant suivi le stage seront reprises dans un guide.
Connaissez-vous votre empreinte écologique ? Pour une partie des salariés de l'usine BBGR à Sézanne, la réponse est oui. Selon leurs modes de vie et de consommation, les volontaires soumis à ce test savent déjà si une ou plusieurs planètes suffiraient à leurs besoins…
Gadget ? Stéphane Forget répond sensibilisation. Il veille sur l'hygiène, la sécurité et l'environnement des quelque 360 salariés de cette usine qui produit des verres de vision semi-finis. Essilor, dont elle dépend - dix unités dans le monde-, a même affiché son ambition de faire du site marnais sa « vitrine verte ». Stéphane Forget explique : « Avec l'opération Cap 2006-2009, la direction générale a fixé des objectifs d'économies pour toutes les usines, qui doivent se traduire par une baisse globale de 50 % des consommations d'eau et de 10 % en électricité ». Avec ses seules étuves à eau qui servent à polymériser les assemblages, BBGR en fait une grosse consommation. De l'ordre de 42,6 m3 par jour. Si l'usine de Sézanne n'est pas menacée de tarissement, d'autres sites dans le monde (Mexique, Asie, etc.) ne sont pas à l'abri de problèmes d'alimentation. D'où l'intérêt, pour le groupe, de développer, depuis Sézanne, un modèle de réduction des consommations.
« Nous n'avions pas attendu ce plan », précise Stéphane Forget. « Le site de Sézanne est certifié Iso 14 001 depuis 2002. Avec sa station d'épuration et diverses mesures d'économie, les consommations d'eau sont passées de 120 000 m3 dans les années 90, à 26 000 m3 en 2009 ».
Pour gagner encore en consommation, BBGR veut recycler aux trois quarts les eaux des étuves qui repartent dans les égouts. Entre les deux prépilotes installés dans la Marne (aérobie) et à Dijon (ozonation), celui de Sézanne s'est montré le moins gourmand en énergie. Mais comment gagner encore sur les consommations quand on est déjà le meilleur élève du groupe ? Au-delà de panneaux photovoltaïques, qui pourraient encore réduire la facture énergétique, la direction a suggéré au personnel une formation à l'environnement. « Nous avons fait appel à Interactions et entreprises, un cabinet spécialisé dans la formation à Reims, pour développer un module sur une journée et demie. » Plus de la moitié du personnel a déjà suivi, de son plein gré, cette formation étalée sur trois ans.
Secret de sa réussite : « La formation a un côté ludique. Elle concerne aussi bien les bons comportements au travail que dans la vie privée ». Une petite plaquette des bonnes pratiques a été éditée avec la société. Et un guide sortira cette année, pour faire la somme des suggestions exprimées par les participants à ce stage. Du covoiturage à l'extinction des équipements sous tension le week-end, en passant par les abus d'imprimantes, certaines propositions intéresseront également la commune.
Les salariés ont aussi droit au petit livre vert de Nicolas Hulot sur les éco-gestes qui sauvent. Et quelques brochures de l'Ademe en prime.
« On sensibilise les mêmes salariés qui le sont déjà », regrette une secrétaire sceptique. D'autres ont adhéré avec plus d'enthousiasme à cette démarche de « vision durable » assez unique en son genre.
Après le Monopoly géant, resté comme une amusante façon de sensibiliser le personnel à la gestion, cette vision durable n'est-elle pas aussi une manière d'entretenir le sien social et la cohésion dans l'entreprise ? Au nom du sacro-saint développement durable.
Dominique Herbemont




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