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Ils ont refait l'histoire du Centre d'aide par le travail 30 invités pour 30 bougies

Publié le dimanche 03 avril 2011 à 11H00 - Vu 59 fois


Une trentaine d'invités étaient réunis autour de Lucienne Mourlet, l'ancienne directrice du CAT, pour évoquer la création du centre.

Une trentaine d'invités étaient réunis autour de Lucienne Mourlet, l'ancienne directrice du CAT, pour évoquer la création du centre.


POUR évoquer la mise en place du Centre d'aide par le travail, aujourd'hui appelé Esat (Etablissement et service d'aide par le travail), Lucienne Mourlet avait réuni une trentaine de personnes dont des personnalités telles qu'Albert Vecten, ancien sénateur et ancien président du conseil général de la Marne ainsi que Michel Moisy qui a supervisé tous les travaux de réhabilitation du bâtiment.
Cette démarche historique, Lucienne Mourlet envisageait depuis quelque temps déjà de la faire partager. D'où l'idée de rassembler une partie des fondateurs ou de ceux qui avaient contribué à la création du lieu. Dans un second temps, comme le lui conseillaient ses enfants, Lucienne Mourlet a couché ses souvenirs sur le papier. Son récit sera bientôt publié dans la revue « Sainte-Ménehould et ses voisins d'Argonne ».
Avec ses soutiens de l'époque, Lucienne Mourlet a évoqué une partie de ses souvenirs. Tout commence en 1980. L'institut-médico-éducatif l'Elan Argonnais, qui accueille les personnes jusqu'à l'âge de 18 ans, se développe. Il est alors dirigé par son époux Gérard Mourlet. Pour gérer un Centre d'aide par le travail, Lucienne Mourlet décide de se replonger dans de hautes études spécifiques prodiguées à l'ENSP (Ecole nationale de la santé publique) à Rennes.
Il lui faut apprendre à conduire une entreprise à caractère commercial et, dans le même temps, à diriger un établissement sanitaire et social recevant des handicapés adultes. Pour se frotter à la réalité du terrain, elle effectue des stages en entreprises, à la Chambre de commerce et d'industrie, au tribunal administratif. Ce qui lui permet d'avoir une bonne base pour déposer le dossier de demande d'habilitation.
Jugé « trop ambitieux »
La bataille n'est toutefois pas gagnée car, en 1980, la population ignore tout de ce type d'établissement. Deux implantations sont proposées sur la commune. Elles sont refusées par le conseil d'administration de l'époque, dont la plupart des membres, par manque de savoir, les considèrent irréalistes et trop ambitieuses.
C'est grâce au départ du garage Renault, dont les normes ne correspondaient plus à la législation en vigueur et dont le propriétaire n'était autre que Claude Roudier, gendre de Simone Vatier qui elle était présidente du conseil d'administration de l'Elan Argonnais, que les locaux ont été trouvés.
La mission d'études de réhabilitation des lieux fut confiée à l'architecte Jean-Denis Gouzien.
N'habitant plus sur place, Claude Roudier a laissé gracieusement son appartement à la disposition de Lucienne Mourlet afin qu'elle en fasse un bureau.
Mais bien d'autres choses ont permis la réussite du projet. Ainsi Pierre Mayeux, maraîcher horticulteur, aujourd'hui disparu, met ses terrains à disposition et permet de monter le premier atelier espaces verts maraîchage avec quelques handicapés adultes.
Puis c'est au tour de Jean-Pierre Renaud, artisan peintre en bâtiment qui avait dû cesser son activité à la suite d'un grave accident de la circulation. Comme son collègue du maraîchage, il fournit son matériel pour faire vivre un deuxième atelier. Grâce à un réseau d'anciens clients et de part sa notoriété, il a sans peine trouvé de petits chantiers à exécuter.
Un seul regret…
Tous les deux deviennent moniteurs d'atelier et font en même temps de la formation professionnelle auprès des ouvriers handicapés.
Le CAT était lancé et une vingtaine d'adultes handicapés y sont alors accueillis. Pour l'ancienne directrice, si l'établissement a vu le jour, « c'est aussi grâce à Albert Vecten qui était président du conseil général ainsi qu'à Pierre Tisserand, à l'époque directeur régional des affaires sanitaires et sociales qui m'ont accordé une grande confiance ».
Lucienne Mourlet n'a qu'un seul regret, c'est de n'avoir pu concrétiser un projet qui lui tenait à cœur.
En effet, elle avait projeté de réhabiliter le site actuellement occupé par RVA au Bois d'Epense, pour en faire un atelier protégé avec un musée, de l'hôtellerie et de la restauration.
Ce projet avait intéressé la faculté des sciences de Reims. Il s'agissait de mettre en place un centre culturel, touristique et scientifique.
Mais la mise en place de ce centre a été refusée par « des locaux » trouvant sa situation géographique trop près du département de la Meuse.
Lucienne Mourlet ne reste cependant pas sur une note d'amertume car elle a le sentiment d'avoir accompli son devoir en répondant aux sourires que lui prodiguent les adultes handicapés qu'elle rencontre souvent dans les rues de Menou et qui sont, pour elle, la plus belle des récompenses.

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